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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 21:43

DSCN0129Souvenir d'un rendez-vous avec le groupe CAUSE, le 20 novembre 2010. Interview enregistrée à 2 heures du matin.
CAUSE
DSCN0111DSCN0093

 

 

 

 

 

 

 

 


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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 18:23

n712269436 9513Alors qu'il vient de sortir son premier clip avec le titre "Mona Lisa", Syan nous livre une interview exclusive. Il revient notamment sur son parcours, mais aussi sur  son premier album sorti fin 2009, qui nous livre 12 compositions chargées de poésie et autant d'invitations à la rêverie. Sur fond de sonorités acoustiques et de sonorités électro, Syan nous propose un univers original, dont on se laissera facilement emporter par ses mélodies envoûtantes, tel "Tout ce que j'oublie" et "La nouvelle aurore", que je vous invite à découvrir sans plus tarder.

Myspace : link

 
Syan, j'aimerais que tu te présentes pour nous dire qui tu es et comment tu es venu à la musique ?

Je suis Auteur-compositeur-interprète. J'ai d'abord été bercé toute mon enfance par les Beatles et Brassens que mes parents écoutaient à la maison...

Aujourd'hui, par exemple, quand j'entends "Penny Lane" j'ai l'impression d'être transporté vers mon plus lointain souvenir musical et c'est à chaque fois une sensation très forte...J'ai commencé le piano à 6 ans ... et découvert Chopin à l'adolescence. C'est d'ailleurs sans doute de là que me vient le goût des mélodies. Et puis vers 17 ans, après un chagrin d'amour ( comme beaucoup de gens je crois), j'ai commencé à faire des chansons...

Tu as sorti ton premier album en novembre 2009, après avoir été remarqué par Francis Cabrel et l'association "Voix du sud" en 2007. Tu peux revenir sur cette période et son lot de rencontres ?

J'ai participé en 2007 aux rencontres d'Astaffort où j'ai passé 10 Jours avec une quinzaine d'artistes (auteurs compositeurs interprètes). J'ai aimé le principe, nous travaillions en général par petits groupes de trois avec dans chaque module une chanson qui naissait, et tout ce petit monde alternait de pièces en pièces toute la journée. Nous étions auteurs sur telle chanson, compositeurs ou interprètes sur d'autres, pour arriver au bout d'une semaine à une quarantaine de chansons. Puis une quinzaine de chansons a été sélectionnée pour le spectacle final à Astaffort. C'était la première fois que je participais à un concert composé de chansons qui avaient à peine une semaine d'existence ! J'ai adoré ce bouillonnement et cette intensité. Moi qui avais tendance à travailler tout seul auparavant, j'ai collaboré là bas avec de nombreux artistes talentueux d'univers très divers. Nous avons tous tellement aimé ça que nous prolongeons toujours l'aventure avec le collectif «Les Astapotes» qui se réunit régulièrement depuis trois ans : et la magie est toujours là ! Nous avons aujourd'hui une centaine de chansons dans notre catalogue. Six mois après ce premier stage j'ai été sélectionné par l'association "Voix du Sud" pour les "Rencontres répertoires" afin de travailler cette fois sur mon set. Entouré par deux intervenants (Jean-François Delfour et Fred Kocourek), nous avons peaufiné arrangements, mise en scène, ordre des chansons… Etape importante pour moi avec la sensation d'avoir vraiment avancé sur mon spectacle. Cette année j'ai travaillé sur différents projets d'albums d'artistes rencontrés à Astaffort. J'ai notamment écrit et composé quelques titres sur l'album d'Aurélie Cabrel qui sortira en 2011, ainsi que sur un titre d'un duo génial «Fergessen» et d'un «Chanteur mortel» Fox Kijango.

Syan Plage 2 19-01-49

Ton style dégage une vraie originalité, de qui t'inspires tu ?

Merci ! J'aime la musique, toutes les musiques. J'ai l'impression qu'avec le temps tout ce que nous entendons est emmagasiné quelque part, puis associé, sélectionné de façon inconsciente, avec une logique qui nous échappe. Et puis les hasards de la vie, les rencontres font qu'à un moment donné tout cela ressurgit sous une forme inédite. (enfin j'espère). J'aime assez l'idée de ne pas tout comprendre sur cette question et d'être le premier témoin de cette petite "étincelle" qui jaillit parfois au moment de la création. Alors évidemment, la langue, le juste choix des mots de Brassens, le français qui "sonne" chez Gainsbourg, Bashung, la couleur des harmonies, les mélodies des Beatles, de Bowie, la voix de Billy Holliday, de Bjork, les textures, les climats, les rythmiques de Radiohead de Portishead, tout ça m'inspire. Mais c'est tellement vaste !! Par contre avec le temps et une fois que les choses sont faites on peut tenter d'analyser d'où elles viennent et de comprendre le chemin parcouru. C'est un sujet passionnant !

Tu apportes un soin particulier aux sonorités, mais l'image semble avoir aussi pour toi toute son importance. Tu peux nous en dire plus ?

Je travaille depuis quelques temps avec Loïc Touzet qui a réalisé tous mes visuels et le clip de "Mona Lisa". Notre démarche sur les images est la même que celle que j'ai avec les musiciens sur la recherche sonore, l'idée étant de servir les chansons et de préciser l'univers. Là encore avec le temps tout s'éclaire progressivement.

En parlant d'image, j'aimerais que tu nous parles de ton look. Tu sembles avoir créé aussi un personnage. Si tel est le cas, qui est Syan et est ce aussi une manière de se cacher derrière ton personnage, pour sans doute échapper aussi à la réalité ?

Je souhaite que les gens après un concert aient la sensation d'avoir fait un voyage... Ce personnage qui semble débarquer d'un autre "espace temps" me permet déjà de faire ce voyage moi-même et je l’espère d'y emmener le public avec moi. Et puis c'est toujours agréable de changer de peau et effectivement d'échapper au réel.

Concernant ton album, quand as tu commencé à composer ses chansons, et comment à t'il été élaboré ?

Il a fallu 3 ans pour arriver à finaliser cet album. Tout a été réalisé chez Cyrille Peltie, dans son studio, ce qui nous a permis de prendre le temps de faire, de jeter et de refaire...

Syan live Darc 2010 (1)

Tu t'accompagnes des musiciens, Cyrille Peltier à la basse et Mike Saccoman à la batterie. Peux- tu revenir sur ta rencontre avec eux et nous les présenter ?

Cyrille est d'abord un super bassiste, mais aussi un grand "bâtisseur". Cela fait bientôt 10 ans que nous évoluons ensemble dans cette aventure et que nous construisons l'univers sonore de toutes ces chansons. Mike est arrivé pour l'album il y a un an. C'est le batteur que j'attendais ! Et puis la chemise à jabots lui va comme un gant !

Sur ton album, il y a notamment quelques collaborations, dont une chanteuse qui t'accompagne sur "Le jeu". Qui est-elle et comment est née cette collaboration ?

Clémence de la Taille était avec moi aux rencontres d'Astaffort. Nous avons chanté "Le jeu" sur un texte de Jérémie Bossone, ensemble là-bas. Je tenais à ce qu'elle chante avec moi sur l'album. En plus elle est très belle !! (rires).

J'ai aussi travaillé avec Christophe V que j'ai d'abord rencontré "virtuellement" sur internet. Je suis tombé par hasard sur ces textes, lui sur mes musiques. Nous avons fait une première chanson "les pentes aériennes" sans se rencontrer d'abord, ce qui était assez fou, et puis d'autres chansons qui sont sur l'album "Je n’suis pas Kubrick", Je Frôle" et "Marathon" que nous avons co-écrits.

Ton style est bien différent de ce que l'on peut entendre ici et là, et c'est tout à ton honneur. Sais-tu qui est ton public ?

Il est sans doute différent ! (rires).

On retrouve aussi quelques influences orientales sur un titre comme "où va- t - elle". Est ce aussi pour marquer une certaine ouverture musicale ?

Ce n’était pas un calcul de ma part. Simplement je suis parti sur une mélodie "arabisante" par envie, ça coulait de source.

On relève sur l'album, une chanson, sur laquelle tu y parles de ta ville, Châteauroux. Es tu fidèle à tes racines ?

Au départ c'est un sketch de Pierre Dac et Francis Blanche. Pierre Dac joue un mage indien, Francis Blanche lui demande d'où il vient en Inde, et Pierre Dac répond : "de Châteauroux, dans L'Inde !" Et puis Châteauroux est une petite ville de province qui n'a pas vraiment une image très dynamique. Je trouvais amusant de prendre un angle un peu décalé avec un type qui se balade dans cette ville et qui a tout d'un coup l'impression d'être en Inde.

Ton univers invite à la rêverie, à la poésie…Mais si tu avais un coup de gueule à partager, ce serait quoi là ?

L'absence de rêve, le manque de poésie.

SYAN (2) 19-01-49 2

Mona Lisa, c'est ton premier clip, tu peux nous en dire plus sur ce clip, sur sa création, ses collaborations ... et y'en a- t-il d'autres de prévus ?

Ce clip a été réalisé par Loic Touzet avec une caméra sténopé qui offre un grain très particulier entre l'image et la peinture, et qui correspond bien je crois à l'ambiance impressionniste de cette chanson. Nous avons eu très chaud cet été en haut de ce tumulus gallo-romain qui fût le décor de notre "jardin suspendu", mais nous sommes allés au bout de cette belle aventure avec une grande joie. Aujourd'hui c'est une belle surprise de voir l'accueil favorable des gens pour ce clip. Oui nous avons plein d'idées pour la suite.....

Où pourra- t-on te voir prochainement ?

Je serai au "3 Orfèvres" le 23 Décembre à Tours...et nous préparons en ce moment une tournée pour 2011.

Sais tu déjà au jour d'aujourd'hui ce que nous réserve l'après premier album ?

Il a fallu un peu de temps pour digérer l'album...j'ai entre temps écrit pour d'autres. J'avais un peu de mal à refaire des chansons pour moi. Et depuis peu ça revient miraculeusement !! Difficile pour l'instant de définir une direction globale d' un futur album. Disons que j'ai l'impression d'aller maintenant vers des choses peut être plus rythmiques, plus dansantes, dans la légèreté, l'ironie...à suivre. Pour l'instant l'objectif pour 2011 étant de diffuser le plus largement cet album et de le jouer en live 

Je te remercie pour ta disponibilité, à très bientôt, en concert j'espère. Je te laisse en tout cas le mot de la fin :

Merci Guillaume !! J'ai pris beaucoup de plaisir à répondre à tes questions. C'est pour moi finalement une occasion de faire le point sur tout ça et c'est agréable.

 
 

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 18:32

ErEK 2-2010© by Kharma Estranyik Karol a chanté sur les plus grandes scènes de New York à Londres, en passant par Paris. Enregistré au début de l'année 2010, son nouvel album intitulé "Polyphonic Trees" est tout simplement inqualifiable, lui même le dit. De cet album, on retiendra avant tout l'inspiration, la modernité et la richesse des influences, en plus de cette voix rare. Artiste authentique et sincère, Erik Karol revient sur son parcours atypique, et très riche, avec notamment, ses 1 000 représentations avec Le Cirque Du Soleil. Un grand merci à lui pour ce long entretien. 

(Cette interview est aussi présente sur le site Zikannuaire : link, l'un de mes grands partenaires).

Bonjour. Erik Karol, tu viens d'enregistrer un nouvel album intitulé "Polyphonic Trees". Que représente ce titre ?

Erik Karol : Bonjour Guillaume...Ce titre est d'abord l'histoire d'une chanson, la première de l'album, "My Polyphonic Tree". Alors que j'étais en tournée avec le Cirque du Soleil à San Francisco il y a quelques années, j'avais pris l'habitude d'aller de temps à autres dans un parc surplombant la ville et nommé Buena Vista Park. J'y ai découvert là un arbre un peu étrange près duquel je venais m'asseoir en silence. Il faisait une musique, grinçait, chantait d'une certaine manière… et je me suis laissé être son confident silencieux. Plus bas se détachai la baie de San Francisco et le titre de la chanson m'est d'abord apparu. J'ai griffoné quelques lignes, quelques idées, mais ce n'est que lorsque j'eus terminé ma tournée que j'entrepris d'écrire le texte. L'émotion et les sensations recueillies auprès de cet arbre étaient restées intactes...Je précise que je n'avais pas pris de LSD !! A la suite de çà, j'ai écrit plusieurs autres chansons et le titre de l'album s'est imposé à moi et s’est dessiné, décliné au pluriel : "Polyphonic Trees". Chaque titre, comme un arbre,révélant une histoire avec ses branches tournées vers le ciel, vers l'avenir et ses racines plongées dans les entrailles du passé... à moins que cela ne soit l'inverse !

Après une longue série de collaborations, dont le spectacle du "Cirque du soleil" qui t'a entraîné à travers le monde, cet album marque donc un projet plus personnel. Peux-tu nous dire comment il a été composé ? Est ce qu'il est notamment le fruit d'une longue maturité, et de nombreuses idées notées ici et là au fil de tes diverses expériences ?

Erik Karol : Oui... il est probable que cet album est le fruit d'une longue maturité. Accumulée au fil des ans, des galères, des bonheurs et des peines… au fil de la vie. Mais l’écriture de la grande partie des titres est toutefois assez récente. Des chansons ont commencé à naître pendant la tournée avec le cirque comme j'en parlais précédemment avec "My Polyphonic Tree" mais aussi "If Only" ou "Why". D'autres furent écrites juste après comme "El Roce de la Sombra", ou bien encore "Irréel". Un titre comme "Akasha" en revanche fût écrit il y a plusieurs années, mais j’avais le sentiment qu'il devait avoir sa place dans cet opus mais avec de nouveaux arrangements.

Mais dans l'ensemble, les titres de l'album ont été écrits ou développés l'année avant l'enregistrement.

Peux tu aussi nous dire, où, quand, comment à été enregistré cet album, qui est d'ailleurs en fait je pense, ton premier véritable album solo ? (dis moi si je me trompe)

Erik Karol : Oui.. C'est vrai tu ne te trompes pas... Curieusement, c'est mon premier album solo, alors même que j'ai des dizaines voire des centaines de chansons dans les tiroirs. J'ai eu un parcours très atypique, puisque presque toujours en bordure du show biz et des maisons de disque. Mais revenons à cet album... Lorsqu'il y a 3 ans j'enregistrai les parties chantées d'une musique de film composée par Bernard Becker (Nuit Blanche, un film de Daniel Colas avec Michel Galabru au sommet de son art, Nicole Calfan ou encore Anouck Grimberg...Film à ce jour sans distribution..), je fis une très belle rencontre en la personne de Nicolas Boscovic, réalisateur plein de talent, et de plus, multi-instrumentiste. Nous nous sommes rapidement aperçus que nous avions beaucoup de goûts en commun.

Quelques mois avant de lui demander de co-réaliser l'album avec moi, il me proposait pour un de ses projets de chanter un titre intégralement écrit par lui, "Fallen". Je fus complètement séduit, et peu de temps après, nous décidions de travailler sur "Polyphonic Trees". Je décidai d'ailleurs d'y inclure ce titre,"Fallen", que je trouvais très proche de mon univers. Nicolas, au-delà d'être un musicien, un arrangeur et un réalisateur de grand talent, est également une personne rare, avec une grande sensibilité, une personne très saine. Cela était essentiel à mes yeux. J'espère qu'il gardera ce coeur pur, et sa vision de l'art sans concession ...Pour son talent, je n'ai aucun doute !

Nous avons enregistré et programmé beaucoup de choses dans nos home studio respectifs.

Seules les batteries, les parties de violoncelle, et les voix furent enregistrées au studio LCP à Montreuil, en région parisienne. L'album fût achevé complètement au début de l'année.

Moi qui t'ai connu dans les années 80, difficile de ne pas revenir sur le titre "Partir" que j'appréciai à l'époque, et encore aujourd'hui, parce qu'au moins ça se détachait de tout ce qu'on entendait. Que gardes tu de cette époque mais aussi du tout début avec ta période punk ? C'est d'ailleurs assez étonnant, on te croirait plutôt venir d'un univers beaucoup plus classique. Et comment as tu appris la musique, puisque tu assures aussi bon nombre d'instruments ?

Erik Karol : A vrai dire, je regarde cette période avec beaucoup de distance. Bien qu’essayant de regarder la personne et l'artiste que j'étais avec tendresse, j'ai souvent l'impression qu'il s'agit de quelqu'un d'autre ! J'ai eu l'occasion de revoir des interviews ou des télés, et c'est comme si je regardais ou écoutais un étranger...Curieuse sensation... Mais cela dit, je ne renie rien. Quant à ma période punk...C'était vraiment mes débuts avec mon groupe Vie Privée. Nous n'étions pas vraiment punk d'ailleurs. Je n'ai jamais aimé les chapelles, ni les uniformes.... sauf les uniformes d'hôtesse de l'air ou d'infirmière !!! ;)..Mais il est vrai qu'il y avait dans notre musique quelques influences punk, mais pas seulement… Nous aimions les Clash ou les Buzzcocks, mais aussi Joy Division, Bauhaus ou U2, et même Pierre Boulez, Bartok ou Xenakis.. Tu vois.., cela partait déjà dans tous les sens !!

Nous méritions de faire un album, mais nous n'étions pas très bien entourés, et avons fini à cause d'un manque de moyen par nous dissoudre sans que rien ne soit sorti…C'est alors effectivement que peu de temps après je signai un contrat pour sortir le single "Partir". Je trouve maintenant que la réalisation est un peu édulcorée, les premières maquettes enregistrées à l'époque sur un 4 pistes étaient plus "sharp", et plus rock , ce qui à mon sens rendait le contraste plus intéressant avec les envolées vocales du refrain....Pour être franc, je me sens presque plus proche de mes années Vie Privée, que de ma période "Partir".

Par rapport à mon univers, et mon apprentissage de la musique, il est vrai que beaucoup de gens ont pensé ou pensent encore que je viens en droite ligne de la musique classique. C’est complètement faux. Ma culture d’adolescent était essentiellement rock..je veux dire par Rock, ce qui venait de cette culture. Mais j’écoutais Lou Reed et le Velvet Underground bien avant de découvrir Haendel ! Il y avait un piano droit chez moi, tout simple, et ma mère nous avait inscrit ma sœur et moi au conservatoire de Nanterre où j’ai grandi à l’ombre de l’Université… J’ai donc entamé à 8 ans des études de Solfège et de piano vite avortées à 12 ans…J’avais beaucoup de problèmes avec l’enseignement rigide du conservatoire préférant sécher mes cours pour jouer au foot, ma seconde passion !!..Ma première devrais-je dire à l’époque. En revanche, je chantais déjà beaucoup en autodidacte, la plupart du temps des chansons en Anglais dont je ne comprenais pas le sens…Et je noircissais également des pages et des pages de poèmes..

Puis vers 16 ou 17 ans, je me suis remis seul au piano, j’ai composé mes premières chansons, et j'ai commencé à balbutier quelques accords sur une guitare. Mais le grand saut fut vers 18 ou 19 ans, lorsque je devins le chanteur de Vie Privée. Je décidai alors de travailler ma voix, de suivre une formation et c’est là seulement que je me suis ouvert à la musique classique, et plus particulièrement à la musique baroque, Purcell, Haendel, Vivaldi, Pergolesi entre autres. Je me souviens encore du choc que je ressentis lorsque je découvrais pour la première fois le stabat matter de Pergolese. Je fus touché à l’âme. Sur L’album, il est vrai que j’assure quelques parties de clavier, de piano et de guitare, mais je ne me sens nullement comme un véritable instrumentiste.

EK 1-2010© by Kharma Estrany

A partir de ce succès personnel que nous venons d'évoquer, tu t'es rapidement engagé dans de nombreux projets avec plein de collaborations. Était ce alors un choix de ta part plutôt que de continuer une carrière solo ?..Explique nous un peu tout cela...

Erik Karol : J’ai effectivement eu plusieurs collaborations dans les années 90, mais en réalité je n’ai jamais arrêté ma carrière solo. Je suis simplement sorti un peu par erreur de l’autoroute du show biz que je venais juste d’emprunter…et me suis retrouvé sur des chemins de traverse. Durant toute cette période, et ce même si je n’avais aucune existence phonographique, je n’ai jamais cessé de composer de nouvelles choses, ou de faire des concerts à Paris, en Province, ou dans des festivals comme les Francofolies de La Rochelle en 1996. Mais j’avais envie de multiplier les expériences, c’est vrai…Et nombre d’entres elles m’ont beaucoup apporté comme « le Cabaret des Eléments », duo aux frontières du classique et de la chanson à texte, "Millenium Prophety", un duo electro jungle, ou "Chaosmose", un opéra "cybernétique" que je composais et crée par l’argentin Juan Le Parc mais qui fut joué en tout et pour tout une fois à Paris malheureusement !

Toutes ces collaborations furent très enrichissantes, mais pas très formatées je te l’accorde !!

Tu as été l'interprète principal du spectacle "Le cirque du soleil" joué dans le monde entier, durant plusieurs années. Peux tu nous dire comment Erik Karol s'est retrouvé à cette si belle place ?

Erik Karol : Tout d’abord, petite précision d’importance, j’ai été l’interprète et personnage principal d’UN des spectacles du cirque du Soleil. Ce spectacle s’appelait Dralion. Mais d’autres spectacles existent de par le monde et ce depuis plus de 25 ans. D’ailleurs un des spectacles du cirque, Saltimbanco, antérieur à Dralion sera à Bercy au début de l’année 2011. Je me suis donc retrouvé là car j’ai eu en 1997 l’opportunité de chanter dans la grande pomme, à New York, notamment dans la célèbre Trinity Church qui est la plus grande église de Manhattan pour un concert baroque, mais aussi, dans des clubs pour des concerts électro-jungle. C’est là qu’on m’a conseillé de contacter le Cirque du soleil dont je n’avais jamais entendu parler et que je confondis au départ avec le Théâtre du Soleil d’Arianne Mnouchkine. S’en ai suivi une audition à Amsterdam.. et l’année suivante, alors que je ne m’y attendais plus du tout, le cirque me recontactait pour m’offrir le rôle principal dans la dernière production "Dralion" mise en scène par Guy Caron. J’entamais donc une collaboration avec eux qui allait s’étaler de fin 1998 à 2006.

Aujourd'hui, "Le cirque du soleil" s'est définitivement terminé ?

Erik Karol : Est ce que mon aventure avec le cirque du soleil est définitivement terminée ?…A vrai dire, je n’en sais rien..On ne sait jamais..Je me verrai bien y refaire quelques tours de piste comme on dit…Mais ce n’est pas d’actualité.

Lorsque j’ai arrêté ma tournée nord américaine, je pensais déjà que mon expérience avec eux était terminée… Nous étions en 2001…Et puis finalement je suis reparti en tournée avec Dralion en Europe entre 2004 et 2006…Ce qui m’a permis d’ailleurs d’avoir l’immense privilège et fierté de chanter près de deux mois au Royal Albert Hall de Londres… Lorsque je marchais dans les couloirs de ce lieu prestigieux, et que je voyais les photos des artistes qui avaient joué là bas, cela donnait le vertige…Les Beatles…Rolling Stones…Les Who…Frank Sinatra…Karajan…

Pour revenir à l'album, on sent au travers de tes compositions, une ouverture très importante certainement due à toutes ces années à travers le monde. Le chant est tour à tour en anglais, en français et en espagnol. Quand tu commences à avoir l'idée d'une chanson, d'une ambiance, qu'est ce qui fait que tel ou tel titre sera écrit dans une langue plutôt qu'une autre ?

Erik Karol : Je n’ai pas vraiment de règles par rapport à çà… D’ailleurs avant de partir pour les États Unis, j’étais un farouche défenseur de la chanson française..Et à cette époque je me serais refusé à chanter dans la langue de Shakespeare… Et puis…Vogue le navire…On s’en va découvrir d’autres horizons, d’autres cultures, d’autres langues… d’autres gens...Comme je suis resté près de deux ans aux États-Unis, l’envie d’écrire en Anglais a commencé à poindre naturellement. Comme quoi, il ne faut jamais dire jamais !

Puis je suis venu tourner en Espagne avec Dralion..A Madrid, Bilbao et Seville qui fût ma dernière ville avec le cirque,.

La tournée achevée, j’ai décidé de venir vivre près de Barcelone, où je suis toujours actuellement...

Je ne parlais pas le Castillan alors..Mais je l’ai appris bien sûr, et j’ai commencé à écrire une première chanson en Espagnol, sortie sur l’album du DJ-Producer américain Govinda. Le titre s’appelait "El Sueño". J’allais interpréter ce titre en 2007 à Chicago en première partie des Thievery Corporation. Enfin, il me sembla tout naturel d’écrire deux chansons en Espagnol sur l’album, "Alma Siamesa" et "El Roce de la Sombra". Mais pour revenir plus précisément à ta question, je ne sais pas comment cela se décide..Les Arcanes de la création et ses mystères !

Je suppose d'ailleurs que toutes ces années à voyager ont été très riches. Peux-tu nous citer quelques souvenirs marquants qui te tiennent à coeur ?

Erik Karol : Des souvenirs…C’est une question bien difficile… J’en ai tellement…De mon arrivée à l’aéroport Dorval de Montréal en plein mois de Janvier…La première semaine, je me suis vraiment demandé ce que je faisais là..Je ne connaissais personne… J’avais tout laissé derrière moi… il faisait des températures situées entre -20 et -30 degrés celsius..Puis le travail entrepris tous les matins à 8h du matin avec cette discipline et cette rigueur toute nord-américaine. La découverte de Montréal, où je garde tant de personnes chères … la première du spectacle… La première fête… il y en eut tant ensuite !!!..la traversée en voiture des États Unis d"Ouest en Est….La Californie… L’Arizona… L’Utah… le Colorado.., des paysages à couper le souffle.. Des fous rires refoulés devant 2500 spectateurs… Les parties de foot le Lundi jour de relâche …La scène partagée jours après jours avec des artistes du monde entier, tous avec un talent hors du commun…Triés sur le volet .. Mais aussi, les moments de solitude, de tristesse, de mélancolie…Car la vie de tournée n’est pas non plus toujours facile.

Je ne sais pas. C’est trop long… un flot d’images qui m’arrivent..je pourrais te citer mille souvenirs…

Erik Karol New CD

On retrouve sur cet album, bon nombre de musiciens, et sur scène, d'autres musiciens sont présents. Peux tu nous les présenter et nous dire pourquoi on ne retrouve pas les mêmes musiciens sur l'album que sur scène ?

Erik Karol : Sur l’album, nous avions décidé avec Nicolas Boscovic de nous partager les programmations, les parties de claviers et les guitares. Comme Nico est bien bien meilleur guitariste que moi, il a réalisé la grande majorité des guitares. Il a également joué les parties de basse. Il nous fallait donc un batteur, et j’ai demandé à Olivier Monteils d’apporter son expérience, sa pierre à l’édifice. Quel plaisir d’avoir une plate forme stable, et néanmoins explosive comme sur la partie instrumentale d’Alma Siamesa…Et puis je voulais absolument du violoncelle et quelques parties de violon sur l’abum…Pour le cello, j’avais une idée fixe… Retrouver Isabelle Sajot avec laquelle j’avais travaillé sur l’album "Chant d’Ether" du Cabaret des Eléments., et qui est une musicienne extraordinaire et une personne à laquelle je me sens très proche désormais... Depuis elle avait tout de même fait de la route et des albums avec Jean Louis Aubert, Noir Désir, ou les Têtes raides..Et j’en passe.. Entre temps, j’étais parti au cirque… et plus de dix ans s’étaient écoulés. Pour le violon... Le choix était également tout fait car j’avais eu la chance lors de mon aventure circassienne de partager la scène avec Davide Rossi, un violoniste de génie. Il m’a fait l’amitié de jouer sur quelques titres entre deux tournées de Goldfrapp ou de Coldplay pour lesquels il arrangea les cordes de l’album "Viva la Vida". Davide a également joué avec Siouxie. C’était évidemment un grand honneur pour moi de l’avoir parmi nous sur l’album.

Enfin, J’ai demandé à Robin Rimbaud aka Scanner, un artiste Londonien dont j’adore le travail depuis longtemps de mixer Harda Vydia. Un des mixs se trouve sur l’album… Deux autres mixs existent ..un autre de Robin et un antérieur que j’avais moi même réalisé. Ceux là sont en réserve de la république !! Scanner est issu de la musique électronique et expérimentale… Je t’invite à découvrir son travail. Moi…Well…I love it.

Bref, là aussi ce fut un grand bonheur de l’avoir sur l’album. Par rapport à la scène, le fait que nous ayons réalisé Nico et moi une grande partie des instruments imposait bien sûr que je m’entoure d’autres musiciens. De plus Nico préfère le travail de studio à la scène. Donc pour préparer mon retour sur scène à l’Européen en Mai dernier, soirée organisée par Qui nous Musique avec également à l’affiche Syan, j’ai fait tout naturellement appel à Olivier Monteils et Isabelle Sajot qui jouaient sur l’album. Et puis comme je suis je crois, quelqu’un de fidèle, j’ai été rechercher deux anciens complices de scène autant pour leur qualité de musiciens que pour leurs personnalités..Olivier Pujol au piano et claviers, et Jean Le Henaff à la basse. Enfin, je venais de rencontrer Paul Solas avec lequel nous avons eu une belle accroche et il s’est chargé avec talent et finesse des guitares…Et le groupe était monté ! Il y a une chose dont je suis très fière, et qui n’est vraiment pas facile à créer, c’est de monter une équipe avec une belle énergie, une magie invisible. Une complémentarité. Une écoute, sans problèmes d’égo. Ça fait du bien…Et je suis heureux d’avoir eu les antennes de réunir ces belles personnes autour de moi. Il est impossible de prévoir ce qui se passera à l’avenir, mais j’espère du fond du coeur que nous aurons l’opportunité de partager beaucoup de scènes et d’expériences. Je le sens bien.. Car l’alchimie fut immédiate.

Le son de l'album est très moderne. Qu'écoutes tu aujourd'hui, ou plutôt comment tes goûts musicaux ont t'ils évolués durant ces 20 dernières années ?

Erik Karol : Je pense effectivement que le son de l’album est moderne, voire par certains aspects novateur..Et je pense avec beaucoup d’humilité que ce disque vieillira bien…Et vieillira tard. Nous verrons..mais c’est une intuition.

C’est aussi la marque de ma collaboration avec Nicolas Boscovic. Nous avons cela en commun, d’être curieux explorateurs, en recherche perpétuelle et nous foutant des cadres, des idées préconçues, et des frontières. J’espère que cela donne au final un album original, personnel. Au niveau de mes goûts, ce serait tellement long et tellement vaste. Toutes ces dernières années, j’ai écouté ou écoute des choses allant de Einstürzende Neubauten que j’aime infiniment, Nine Inch Nails, David Sylvian..J’aime la folie de Diamanda Galas. J’aime beaucoup David Shea ou certains albums d’Alva Noto, J’ai écouté Portishead, Tricky, Massive Attack.. Goldfrapp, Radiohead, Des choses plus électro comme Amon Tobin ou Autechre..Boards of Canada, bien sûr Bjork, Depêche Mode et Dave Gahan,.J’ai bien sûr adoré "Grace" de Jeff Buckley, ou le magnifique "Dust" de Peter Murphy. J’aime beaucoup aussi le travail et la voix d’Anthony and the Johnsons…Des choses plus dures comme Rammstein ou Front Line Assembly..Mais c’est une question bien compliquée car je ne peux te donner une liste exhaustive des choses que j’ai écoutées ces dernières années..Je t’ai donné quelques pistes, mais j’en oublie forcément beaucoup…J’ai la mémoire qui flanche.. ;) . En France, quelle tristesse bien sûr d’avoir perdu Alain Bashung qui restait sur deux albums de très haut vol, "Fantaisie Militaire", et "L’imprudence". J’aime également beaucoup le travail de Rodolfe Burger, Dominique A. , Aaron, Sebastien Schuller ou Syd Matters. J’ai récemment découvert CocoRosie...Comment ne pas évoquer bien sûr les grands anciens..Léo Ferré, ou Gainsbourg. Il y a peu j’ai redécouvert l’immense Immaguma du Pink Floyd première époque avec Syd Barrett.

Donc mes goûts musicaux ont évolués, ou plutôt se sont enrichis au fil des rencontres et des découvertes, mais je prends autant de plaisir à écouter le stabat matter de Pergolesi, que Berlin de Lou Reed ou Fun house des Stooges, ou plus récemment Blow de Ginzhu…Bon..allez j’arrête là..sinon..Je ne vais plus m’arrêter !!

Justement à propos des sonorités et du style, c'est difficilement étiquetable. Peux tu nous définir ta musique ?

Erik Karol : Comme tu le dis justement, c’est difficilement étiquetable. On m’a posé la question tant de fois. Mais je n’arrive toujours pas à y répondre. C’est inclassifiable je crois, et je le dis en toute sincérité. Je considère que cette synthèse d’influences diverses donne un rendu personnel, sans rendre le '"produit" …c’est comme çà qu’on dit ?? ;)… hermétique . Et je pense même qu’au final il y a quelques singles potentiels très forts, et que possiblement l’album peut toucher un large public…Nous verrons..

Alors qu'attends tu de cet album ?

Erik Karol : Déjà… je suis heureux du résultat. Lorsque nous avons entamé la production avec Pamela Shadid, je parle là de l’aspect "executive producers" comme on dit en Anglais, c’est à dire de la production financière, nous avions un budget limité, mais avec nos petits moyens je crois que nous avons pleinement réussi notre pari.

C’était la première chose, en être heureux . Et se sentir prêt à le défendre cœur et âme. Nous l’avons fait sans compromis, avec beaucoup d’écueils, et c’est aussi une victoire. Avoir réussi à tous les surmonter. Ensuite bien sûr, j’espère être rapidement pris en main par un label car même si le métier a considérablement évolué, j’aimerais qu’on puisse le trouver "physiquement" dans les bacs, c’est à dire qu’il soit distribué à l’ancienne dans tous bons disquaires près de chez vous !… et avec la promotion qui va avec bien sûr. Pour l’instant, nous sommes en recherche de pistes sérieuses. En attendant, nous allons organiser une sortie numérique. Mais pour moi ce n’est bien sûr qu’une étape avant une sortie physique de l’album. Et puis, un disque c’est aussi un objet et le projet de pochette réalisée par mon amie, l’artiste plastique barcelonaise Kharma Estrany, est un petit bijou… alors ce serait dommage que l’album soit seulement en vente en téléchargement MP3. On a tous passé des heures à rêver devant des pochettes de disque, ou à lire les paroles des chansons dans les livrets intérieurs… non… ? J’ai plein de souvenirs de rêveries devant des pochettes de vinyl ou des livrets de CD…

2010-Paris-Européén-With Paul Solas-by Emilie SajotComment gères tu justement la sortie de cet album, avec des compositions personnelles. Je suppose que c'est plus excitant que la sortie d'un album comme celui du spectacle du "cirque du soleil" ?

Erik Karol : Bien sûr, comme il s’agit d’un album solo, c’est plus personnel et intime et l’implication n’est pas la même. C’est donc différent de la sortie de l’abum de Dralion par exemple, même si j’ai une immense fierté d’avoir enregistré ce disque au Québec et si j’en garde de merveilleux souvenirs à Morin Heights au cœur des Laurentides..

Avec humour et un peu d’espoir tout de même, j’espère qu’autant de personnes découvriront "Polyphonic Trees"…Mais le cirque a déjà placé la barre bien haut !

C’est donc, il est vrai, plus excitant mais aussi plus difficile et stressant.

Le Cirque du soleil est une multinationale, et moi malgré toutes ces années d’expérience, je suis resté un simple artisan…avec les moyens d’un artisan ! Simplement, pour te donner une idée, le Cd de Dralion, avant même d’être composé, était déjà signé che BMG ! Ce n’est donc bien sûr pas comparable.

On retrouve sur l'album de nombreuses influences, allant du rock à l'électro, voire classique sur un titre comme " El Roce de LaSombra". C'est important pour toi de t'ouvrir autant musicalement ?

Erik Karol : En fait..je ne sais pas si c’est important ou pas… Je ne calcule pas. Je ne réfléchis pas lorsque j’écris ou compose… Je me laisse entraîner . Théoriquement, on pourrait penser que cela part dans tous les sens et que d’un simple point de vue marketing, c’est un peu risqué. Mais à la simple écoute de l’album, je crois qu’on se rend compte instantanément qu’il y a une vraie cohérence. Le seul titre qui "sort" un peu de l’album est "Harda Vydia". La raison en est simple : elle a été arrangée et mixée par Scanner, alors que tout le reste de l’album a été arrangé par Nicolas et moi-même et mixé par Gilles Martin. Mais pour répondre très précisément à ta question, oui, il est me semble naturel et important d’être ouvert et curieux .Une mer ou un océan peuvent-ils être cloisonnés .. ? Non…Pour les sentiments et ce qui nous inspire, pour la création c’est un peu la même chose je pense. Chaque personnalité est cohérente jusque dans ses courants contraires, ses différences ou même ses contradictions. C’est juste un fait. C’est plus ou moins marqué selon les individus, c’est tout. Après, d’un point de vue plus technique, il y a tout le travail sur le son pour lier le tout, et justement rendre l’ensemble homogêne et cohérent. Je crois que nous y sommes parvenus car nous nous sentions animés par cette liberté, et cette ouverture justement.

L'écoute de l'album donne l'impression d'avoir été composé comme un film sur lequel on retrouve diverses ambiances, notamment cet étrange "Crépuscule". Etait-ce voulut ?

Erik Karol : En fait… oui et non…Cela n’a pas été composé réellement comme un film, mais il est juste de dire qu’on y trouve beaucoup d’ambiances cinématographiques, qui évoquent ou réveillent des images chez l’auditeur..Du moins je le crois. Et j’aime çà. Il a fallut ensuite "organiser" l’album et trouver le bon ordre, mais cela fût très facile en fait.

Pour en revenir à "Crépuscule", je suis très fier de ce titre que j’ai composé à base de grilles de square, et de violoncelle ! J’ai hâte de pouvoir le faire sur scène et peut être le développer à cette occasion. Mais il y a d’autres titres très cinématographiques comme "Akasha" bien sûr, "Les Poissons Volants", "El Roce de la Sombra" ou "My Polyphonic Tree".

Sur le titre, "Forbidden scents", l'ambiance est très sombre, fantastique avec des sonorités fantomatiques, la voix est grave. On se croirait dans un univers à la Tim burton. Que racontes tu dans cette chanson ?

Erik Karol : C’est drôle que tu me parles d’un univers à la Tim Burton.sur "Forbidden scents" …oui..peut être un peu, c’est vrai..Déjà vocalement, je chante assez bas, et j’y ai joué mes premiers coups d’archet de scie musicale qui rajoute ce côté fantomatique à la chanson. C’est effectivement un univers un peu fantastique autour de l’imaginaire des vampires. Je crois très sérieusement à leur existence, sauf qu’ils ne se nourrissent pas de sang, mais de l’énergie d’une personne ou d’un groupe de personnes. De l’énergie, donc des âmes. C’est que je dis dans le dernier refrain : "You want it so much…to suck my soul". Il y a donc quelque chose de très fantastique, dark, et tout à la fois très sexuel. Et d’ailleurs l’univers des vampires est assez ..charnel et spirituel tout à la fois. Repoussant et attractif. Glacial et érotique.

C’est l’histoire de cette chanson. Et je n’ai toujours pris aucune substance illicite !!

Par rapport à ta voix ou plutôt tes voix, quel est ton secret ? D'où cela te vient, je veux notamment parler de cette facilité que tu dégages à passer du grave aux aiguës et vice et versa ?

Erik Karol : Par rapport à ma voix…Je ne sais pas vraiment. Adolescent, je chantais seul dans ma chambre et j’ai développé cette voix de haute contre. J’adorais Nina Hagen que j’essayais de suivre dans ses envolées. Puis est apparu Klaus Nomi et son mariage du baroque et de la Pop. Je ne sais pas exactement comment répondre à ta question, mais ce fût toujours important pour moi de ne pas me laisser enfermer dans une boîte, dans une case. Par exemple lorsque je sortis "Partir", je fus un peu facilement étiqueté haute-contre… oui… c’est une de mes particularités vocales bien sûr, mais c’est aussi oublier que je chantais tous les couplets dans ma voix naturelle. Je m’ennuierais à mourir si je devais ne chanter qu’en voix de falsetto, et je m’ennuierai de la même manière si je ne chantais que dans mon registre de baryton. Ce qui d’ailleurs a rendu mon travail avec le cirque si intéressant, je parle là d’un strict point de vue vocal, c’est que j’ai eu la liberté d’utiliser toute ma tessiture couvrant le baryton, le ténor et le contre-ténor. En tous les cas, il ne faut pas croire que cela fût seulement un avantage au cours de ma carrière. Car notre monde, notre société a besoin de formatage, et d’étiquettes justement. Et je crois que je ne suis jamais rentré dans aucun cadre.

Tu as toujours cultivé une certaine image décalée, à la fois romantique, fantastique. Le look semble dans ton univers très important. Pourquoi ?

Erik Karol : C’est étonnant que tu me parles de look, car à vrai dire, je n’y attache plus une importance si grande désormais, et ce n’est pas juste une réponse politiquement correcte ou teintée de fausse pudeur.

Dans les années 80, c’était sans doute too much, mais j’étais loin d’être une exception .. ! Même s’il est vrai que je cultivais beaucoup cette image rockmantique et androgyne. Néammoins, je pense qu’un spectacle doit générer des images chez le spectateur, le faire rêver., sinon autant rester chez soi à écouter un Cd. Donc l’aspect visuel est prépondérant ..Mais je le vois plus dans un cadre de scénographie désormais. C’est d’ailleurs ainsi que j’aimerais construire et développer mes concerts dans l’avenir, avec l’apport de la video, de la danse, des nouvelles technologies… et la fusion avec d’autres arts…Des sortes de performances d’artistes en direct. Uniques à chaque concert. J’ai cela en tête depuis fort longtemps. Et puis, pour en revenir strictement au look, je trouve que la moindre des choses lorsqu’on demande à un public de payer sa place, c’est de ne rien laisser au hasard, et d’être respectueux jusque dans notre manière de nous présenter à lui. A près tout, il s’agit quand même de spectacle vivant ! Qu’on se présente avec des costumes 3 pièces, en robes de plumes, ou à poil…la démarche esthétique ne doit pas être absente d’un concert selon moi, à fortiori si on l’imagine comme un spectacle plus complet.

Quand on voit ton parcours, en tant qu'interprète dans le monde entier, on se dit que tu pourrais avoir une popularité beaucoup plus importante en France, et je trouverais cela très logique et normal. Cela m'amène à dire que je trouve que ton parcours montre un décalage très important avec ce que l'on voit dans les gros médias et notamment ces jeunes loups qui sortent d'émissions télévisées sans album, sans rien, et qui n'ont d'importance que le fait d'être passé à la télé. Qu'en penses-tu ?

Erik Karol : Il est difficile pour moi de répondre… C’est vrai, pour moi il s’agit quand même d’une énigme. J’ai toujours eu la conviction que le public me suivrait, mais sans maison de disque, sans tourneur, sans promo, sans une certaine visibilité dans les médias, ma popularité comme tu dis, s’est trouvée réduite au public que je pouvais toucher avec mes petits moyens.. L’usure a guetté, je dois l’avouer, et avec elle, la tentation de tout plaquer aussi…Et c’est aussi pourquoi, j’ai décidé de m’exiler, pour rechercher un peu de reconnaissance ailleurs. Mais en toute honnêteté, je ne dois pas non plus rejeter toute la faute sur l’autre car j’ai sans doute ma part de responsabilité même si je ne regrette rien. Celle de n’avoir pas forcément fait toujours les bons choix, de n’avoir pas su trouver, pas voulu travailler ou être entouré par les bonnes personnes ou structures à un moment X, celles qui auraient pu m’assurer justement plus de visibilité. Mais c’est aussi ce qui m’a forgé, et ce qui a forgé mon parcours... C’est la vie, et celle-ci suit son cours. J’espère que ce nouveau chapitre me permettra de toucher plus de monde un peu partout. Je ne recherche plus la gloire comme ce fût le cas à mes débuts… J’aspire simplement à faire mon travail un peu plus sereinement, à le rendre intéressant, et bien sûr trouver une résonnance chez les gens. Après bien sûr, si je peux toucher mille personnes plutôt que dix, j’en serai le premier ravi. Mais il est évident qu’être soutenu par une structure, avoir son disque bien distribué, défendu en radio ou en télé, par les médias d’une manière générale, avoir également la possibilité de multiplier les concerts, toutes ces choses dont je n’ai pu bénéficier parfois, sont essentielles pour assurer la pérennité d’un artiste à moyen-long terme. Mais comme je le disais, un nouveau chapitre s’ouvre désormais… ;)

Actuellement l'album n'est pas encore sorti, peux tu nous en dire plus sur une éventuelle date ? D'ailleurs sors t'il sur un label ? Qu'est ce qui est prévu à ce titre ?

Erik Karol : Pour l’instant aucune signature n’est encore prévue. Cela veut dire aucune sortie physique. Mais j’y travaille, et j’espère que nous aurons bientôt des pistes fiables. L’idée est de travailler sur une sortie à l’international, fort de mon expérience à l’étranger. En revanche, une sortie numérique est prévue dans quelques semaines. Et donc le disque sera en vente sur la majorité des plates-formes dans le monde.

Sinon, par rapport à la scène, prépares-tu une grosse tournée ? D'ailleurs ta renommée acquise notamment avec le spectacle du Cirque du soleil, t'emmèneras t'elle aussi sur tous les continents ?

Erik Karol : Pour ce qui est d’une tournée…nous y travaillons.. J’espère que cela sera possible, car comme je te le disais plus tôt, je dispose de petits moyens. Mais j’espère que nous aurons la possibilité de jouer un peu partout… après si on jette un regard dans le rétroviseur, on s’aperçoit que j’ai beaucoup plus chanté à l’étranger qu’en France…C’est peut être un signe.

Je pense que l'on en sait plus à ton sujet, je te remercie pour ta disponibilité, et te laisse donc le mot de la fin :

Erik Karol : Le mot de la fin….Quelle responsabilité.. ! Simplement , je veux te remercier pour ton accueil..ta patience..Ton intérêt suscité par « Polyphonic Trees » bien sûr …ton écoute et ta gentillesse. J’ai sincèrement aimé répondre à tes questions…Et j’espère que je n’ai pas été trop prolixe..Cela ne me ressemble pas.. !! Hasta la proxima vez….

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 19:59

2009_0131LyonNancy0049-2--2-.JPGPascal Pacaly est un passionné de littérature et de rock. Ecrivain, poète, il a d'ailleurs sorti un bon nombre d'ouvrages sur le rock, tel le Tome 1 et 2 de Rock Stories, qui lui ont permis de cotoyer des groupes comme Arkol, Enhancer, Watcha, Dead Pop Club ou encore, Les Wampas. Alors pas étonnant de le retrouver ici, quelques jours avant la sortie d'un nouveau receuil de poésie.

Passionné de rock, écrivain, poète, peux-tu nous en dire plus à ton sujet ?

Que dire ? Stéphanois de 33 ans, fort intérêt pour la littérature, américaine de préférence : Mac Cullers, Tennessee Williams, Salinger, Bukowski. Adore la musique, glam et rock de préférence. Fervent supporter l’ASSE depuis toujours. Tu portes donc un certain intérêt pour le rock, qui n'est d'ailleurs pas très porteur en France. Peux-tu donner ton avis à ce sujet et nous dire ce que tu apprécies dans cet univers là ?

"L’échappée Belle". Voilà ce que, je crois, nous cherchons tous à travers la musique. Rêver, fuir, sortir de cette bulle et la crever un peu avant qu’elle ne se regonfle. C’est une bouffée d’oxygène dans un monde de plus en plus gangréné par la folie. C’est l’espoir, c’est fermer les yeux pour continuer à avancer. En France, certes le rock est moins développé que dans d’autres pays, mais cela vient de notre culture musicale. Quand les anglais ou les américains inventaient le punk ou le rock, nous étions hélas délibérément scotchés à la variété. Et la culture d’un pays est une chose bien difficile à rafraîchir. Pour autant, depuis quelques années, nous avons un sursaut d’orgueil. Des groupes se prennent à se foutre des clichés et à les envoyer balader. Nous accusons certes du retard, mais nous courons le plus vite possible. Et puis le bon côté d’outils comme Internet ou les DVD est qu’ils permettent de revenir un peu en arrière, de regarder ce qu’on a loupé, et de se remettre en selle. On puise dans l’esprit du passé la ferveur du futur.

Tu es d'ailleurs plutôt rock français ou anglais ? Quelles sont tes références ?

Les deux. La période Ziggy de Bowie est vraiment très intéressante. D’ailleurs c’est autant l’esprit des décennies 60 et 70 qui me touchent, comme beaucoup je pense. C’était une période exaltante, d’expérimentation, de révolutions, bref de liberté. Tout cela est aujourd’hui verrouillé à triple tours par des économistes-politiciens qui n’ont plus guère d’âme hélas. Alors il faut puiser, s’épuiser dans les temps d’avant, quand c’était encore possible de croire en l’avenir. C’est pour cela que tout amateur de rock (ou presque) ne peut qu’écouter du son anglais ou américain. Parce que cela voulait encore dire quelque chose. Bien sûr, il y avait des machines à pomper du fric derrière tous ces groupes, mais il n’y avait pas que cela. La musique n’était pas encore un produit Mac Do ou je ne sais quoi de ce genre. Il y avait de vrais magasins dédiés au disque, on ne le trouvait pas à côté d’un saucisson ou d’un produit ménager. Mais c’est le progrès et on ne lutte pas contre le progrès… De la même manière, on accompagnait les artistes sur plusieurs albums et pas que sur un seul single Internet comme maintenant. Il y avait des possibilités, des portes ouvertes. Pour répondre plus précisément à ta question, j’adore des gens comme Marc Bolan ou plus récemment des groupes comme Suede, Pulp, Manic Street Preachers. En groupe français Eiffel me touche énormément.

Tu as donc sorti deux volumes intitulé "Rock Stories" dont les sujets sont des groupes de rock, je suppose que la préparation doit être très lourde, entre les contacts, la recherche.....Peux tu nous dire comment tu as procédé pour débuter l'écriture de ces livres ?

Eh bien, cela vient d’un ami… en fait j’avais écrit une nouvelle complètement romancée sur un groupe de lycéens voulant monter un groupe de rock pour épater les filles et plus qu’éventuellement, se dépuceler (le but de tout ado !). J’avais pris pour cadre la ville où j’ai passé mon adolescence. Montrant cela à un ami, il m’a alors sorti « et pourquoi tu ne demanderais pas à de VRAIS groupes des renseignements ? »… C’est comme ça que tout a commencé… Pour le reste, c’est effectivement très lourd. Des années de travail. Mais on n’a rien sans rien…

Le fait de vouloir expliquer l'histoire des groupes en partant notamment de leurs origines et en partageant leur galère, n'y a t'il pas là le risque d'effacer un peu la magie, ou l'image de tel ou tel groupe ? J'aimerai que tu développes un peu ton inspiration, et ce que tu développes en écrivant sur les groupes.

Je ne suis pas sûr qu’il existe encore beaucoup de magie aujourd’hui. Avec les livres, les DVD, Internet, etc, on a accès à une foule d’informations… Non, le but était de parler justement de groupes qui n’ont pas forcément l’attrait médiatique qu’ils méritent… et puis, quel ado n’a pas envie de devenir une rock star ? Je pense que pour eux c’était un moyen de voir comment ça se passait, comment les groupes ont fait pour y arriver. C’était leur montrer que même en partant de rien on peut arriver à beaucoup en y croyant, en s’accrochant. Car même dans une société musicalement aussi verrouillée que la notre, tout est encore possible, même si, bien sûr, c’est beaucoup plus dur. Il faut parfois des années et des années de galères avant de percer. Et puis je suis loin de tout dévoiler dans ces nouvelles.

Comment les artistes te perçoivent et t'accueillent ?

Plutôt bien je crois. Pour eux c’est autant joindre l’utile à l’agréable. Utile par la promo qui va en résulter et agréable parce que ce sont des artistes, qui aiment l’art sous toutes ses formes. Et se retrouver dans un livre ne doit pas être forcément désagréable…

Poète, écrivain, j'ai vu que tu avais aussi écris des chansons..Et alors c'est quand que tu chantes ?

Non, il ne vaut mieux pas…

Tome 1, Tome 2, ça signifie qu'on aura là une longue série ?

Non. Je m’arrêterai à trois. Encore faut-il que je trouve le temps de l’écrire. Mais je le trouverais.

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Peux tu nous dire les groupes qui t'ont le plus malgré au gré de ces rencontres et nous expliquer pourquoi ?

J’ai bien aimé les Versus. C’est un groupe parisien qui a été assez décrié. C’est une histoire d’amour et de haine entre des membres, entre des frères. C’est dur et c’est fort. C’est galère et c’est sexe. Mais c’est surtout un rêve à attraper. Comme beaucoup ils se battent pour ça. Pour exister, et pas forcément en vain. Mais ce n’est pas évident. Le rock est un art plein de vice, et le vice est humain. C’est, je crois, leurs douleurs qui me touchent. Il y a en eux comme une sorte de solitude qui voudrait se transformer en morceaux de certitude. Alors des fois on se déchire, on se panse, et même loin des autres on reste ensemble. Les Versus, c’est une sorte de combat permanent. Paris, où ils vivent, est une conquête permanente, suprême. Le plus dur dans ce métier, c’est toujours d’avancer, de durer. Mais bon, ça se trouve je me trompe complètement sur leur compte et ce n’est qu’une bande de petits cons !

Tu as dis "je ne serais jamais adulte". Est ce pour garder une part de rêve ? Ou est ce parce que le monde adulte ne te ressemble pas ?

Franchement, à 33 piges, t’es sensé être adulte, non ? Donc bon… En même temps, quand tu vois ce que devient le monde, tu as un peu honte de toi, de te dire que tu ne peux rien faire que de baisser la tête et fuir la réalité pour un rêve dérisoire. C’est compliqué ce monde. On voudrait des responsabilités, mais pas trop. Et quand on les a, on se dit que c’était mieux avant. Après, tu mélanges ça avec les politiques ( censés êtres des adultes compétents) et tu vois ce qu’il en ressort… une lutte pour le pouvoir, pour l’argent… quand tu vois la marée noire en Amérique…tu te dis "c’est ça les adultes ? Ce sont eux qui ont fait ça ?' Le pire, c’est que pris un à un entre quatre yeux, chaque personne est formidable d’amour et de bonté. Mais le cercle vicieux s’est installé en nous depuis trop longtemps. Il aurait fallu qu’un jour on ait pu tous être sur le même pied d’égalité mais malheureusement cela n’a jamais été. Il y a toujours eu des rois des reines, des présidents, des présidentes. Pourtant, riches ou pauvres, grands ou petits, nous sommes tous humains, issus de la même matrice, de la même mère. C’est comme le sommet pour le climat, en 2009 à Copenhague : on dit qu’on fera des choses, et on ne fait rien. Le fric a corrompu tout le monde, c’est pas nouveau. Sauf que dans quelques années, on ne pourra plus se baigner dans la mer, et nos gosses nous dirons "dis papa, c’était comment nager dans la mer ?" et on répondra "C’était bien". Et on partira rejoindre les lacs artificiels la tête basse et honteuse d’avoir pu laisser faire cela. C’est pour ça, être adulte, c’est pas vraiment glorieux…

Quand on te lit, on sent le côté révoltant sur notre société, et un esprit très libre, l'écriture est t'elle en ce sens, une thérapie face à notre société ?

Oui et non. Si l’écriture avait pu changer le monde on s’en serait aperçu je crois. Mais l’écriture a ça de bien qu’elle permet d’avoir un savoir, de ne pas se faire baiser à tous les coups, tout le temps. On peut vérifier, apprendre, comprendre, être plus au fait des données erronées dont société veut nous inculquer. Les livres ont aussi le pouvoir de nous faire rêver, de nous emmener là où on ne va pas, de fuir une réalité trop déprimante. Mais ça ne guérit pas. Il y a toujours un réveil. C’est plus comme un pansement sur une plaie. Un pacemaker sur notre cœur défaillant. On aura toujours besoin des livres comme les témoins du temps, les témoins de la folie des hommes, des illusions éphémères, des amours passagers et éternels, des mondes qui s’accrochent et s’évaporent. Les livres sont le papier de nos cimetières et de nos futurs. Encore faut-il prendre bien soin à ne pas les brûler.

Alors je ne te demanderai pas où on peut te voir en concert prochainement, mais à court terme que prépares tu ?

Et bien je sors un recueil de poésie illustré par des peintres, des photographes et autres graphistes. Des gens venus d’Amérique, d’Europe ou d’Asie et qui ont donné un peu d’eux-mêmes pour justement, l’espace d’un court instant, être le reflet d’une époque et d’un temps. Il y a des artistes connus et d’autres moins. Mais la finalité d’un tel objet est de montrer que l’humain est capable du meilleur comme du pire et qu’ici nous espérons donner le meilleur de nous- mêmes. On y parle d’amour, de peurs, de folies, d’histoires fantastiques, de freaks et de sexe. On y rêve d’un monde différent, on y critique une réalité quotidienne. On pense des mots à défaut de panser les maux. On fait ce qu’on peut, mais on le fait avec le cœur. Et c’est déjà pas mal. Le nom du recueil est "Cadavres Exquis", ce que, quelque part, nous sommes tous plus ou moins. Parfois un peu trop beaux à l’extérieur, maquillés pour oublier les blessures de l’intérieur… Parfois, mais pas toujours. Le lien du site : http://lescadavresexquis.free.fr

Je te remercie, et te laisse donc le mot de la fin :

Rien d’autre sinon te remercier pour ça.

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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 21:23

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Le groupe Yeallow a sorti son deuxième album le 27 avril dernier sous le nom "2891 seconds". Le groupe alsacien restera l'une des belles découvertes en cette année 2010 avec une musique rock raffinée et classieuse, et il était donc important d'en savoir plus en leur proposant une interview. Vous pouvez d'ailleurs retrouver la chronique ici même : Yeallow "2891 seconds" . C'est l'un de ses deux chanteurs, Fred C, qui s'est donc plié au jeu de l'interview et je l'en remercie, tout comme je remercie Fred T, guitariste du groupe, pour sa disponibilité.  

Peux t'on revenir sur les débuts de Yeallow ?

Le projet Yeallow est né fin 2006 avec la volonté de Pascal et moi (Fred C) de renouer avec un projet musical sérieux. Sans arriver à structurer notre temps disponible, j'ai avancé de mon coté et sorti l'EP "One" que j'ai produit et réalisé seul avec l'aide de Romain Ferrey (l'ingé son du groupe). Surpris par la concrétisation, Pascal rentre à fond dans le projet dynamisé par la volonté de Fred T de faire partie de l'aventure (les 2 Fred se connaissent depuis le CP). Se monte alors le projet de concerts avec l'adjonction d'un bassiste et d'un batteur. Après quelques errements, Romain organise la rencontre avec Piment (le batteur) puis Bill (le bassiste) : l'osmose est totale entre les 5 musiciens et en 6 mois l'Album "2891 Seconds" est concrétisé.

Que signifie votre nom ?

Yeallow est une onomatopée qui puise ses racines dans "to yeal" de crier et une consonance qui nous intéressait. Rien à voir avec jaune.

Cet album a eu une production de qualité et le groupe s'est même offert les services de Jay Franco qui a collaboré avec Coldplay et Johnny Cash. Expliques nous un peu comment tout cela s'est déroulé ?

On pense que faire de la musique c'est respecter ses convictions et l'auditeur. On a donc mis nos moyens à faire un album de la meilleure qualité possible et avec Jay, le contact s'est extrêmement bien passé, il a aimé la musique, a été disponible et il a accepté de rendre le meilleur de notre projet. Là encore une rencontre sympathique mais professionnelle. Peu d'aller-retour sur le mastering, il avait "compris" notre intention.

yeallow1

Peux tu nous expliquer comment le groupe compose, ou plutôt qui fait quoi au sein de Yeallow ?

Les compositions sont le fait des 5. Pour cet album, les départs ont été principalement initiés par moi et Pascal (auteurs et compositeurs). Puis tout le groupe se les approprie, les arrange, les structure et apporte sa pierre à l'édifice sous la direction artistique de Piment qui nous remet dans le droit chemin de notre style et de la qualité que l'on attend de nous même. On cherche des sons, des breaks, des rythmes... on travaille et retravaille beaucoup jusqu'au sentiment de ne pouvoir pas faire mieux.

Les textes sont écrits en anglais, il faut bien avouer que le style s'y prête. De quoi parlent vos textes ?

Les textes proviennent de réflexions, d'un certain regard sur la vie, les relations difficiles entre les être humains... dans cet album, il y a 12 étapes possibles d'une vie en quelque sorte, l'amour, la mort, la naissance, la fuite, la compréhension...

Même si les premières critiques sont plutôt positives, peux tu nous parler de cette ambition assumée et de cette assurance, à vouloir marquer de votre empreinte la scène pop rock française, mais surtout, internationale ?

"Vouloir marquer" c'est pas nous qui l'avons dit... mais tout ce que l'on fait, on essaye de le faire "à niveau", les lives, l'artwork, les infos internet, photos et clips .... donc en tant qu'indé, c'est sûr que l'on donne l'impression d'être plutôt déterminés.

L'ambition est t'elle maintenant de toucher de gros poissons : maisons de disques, radios...Comment vous y prenez vous pour la promotion ?

Oui on a déjà passé des entretiens avec des maisons de disques mais elles sont plutôt de culture mainstream et puis les quota "français en France..." donc on continue, la promo est faite par moi et Fred T, étape par étape et au gré des rencontres. A chaque évènement, on déploie un vrai plan de communication.

Aurais tu des anecdotes à partager sur l'album ?

Sur le titre d'intro : After Tomorrow... on a passé une soirée à rigoler en essayant toutes sortes de bruits, d'effets, avec l'iPhone bref un vrai moment cool et finalement au mix Piment et Romain ont fait le tri et cela donne cette intro vraiment intéressante... une vrai mélancolie. Sur "What will you do?" on arrivait pas à trouver le bon arrangement, c'était trop suave pop... on a passé la bande à l'envers, Fred a repris la session avec les notes à l'envers et aujourd'hui on est super contents de l'originalité qui en est sortie.

Sur cet album, on l'a dit, le groupe a voulut mettre de gros moyens. Comment a t'il été financé ?

La production a été financée par tous les membres du groupe et par Romain Ferrey, l'ingé son.

Quels sont les influences de chacun des membres du groupe ?

Difficile d'être exhaustif, ça vient de la pop, rock, alternative, electro, indé, blues, folk, métal, reaggae, un vrai éclectisme...

yeallow5

Qu'est ce qui différencie Yeallow des autres groupes ?

.... à l'auditeur de le dire...

Yeallow en concert, c'est comment ? Plus rock, plus brut ?

Déjà on se déplace avec notre équipe technique.... le son doit être bien produit (on a 12 sources sonores : voix, synthés, guitares...), les lumières sont également travaillées en fonctions des ambiances de chaque titres et puis on joue en fonction des salles et du temps avec des titres du premier EP - One "resuedés" façon 2010.... le set se veut comme un mouvement avec ses pauses... mais ça sonne très rock puissant.

Actuellement votre Myspace ne mentionne aucune date.......Quels sont les projets à court terme, où peux t'on vous voir prochainement ?

La prochaine date : Noumatrouff Mulhouse le 25 septembre ... ensuite on attend des confirmations, le mieux est de se rendre sur notre site web et myspace. En bref, on peut imaginer un Live par mois en France, mais aussi en Allemagne, Suisse, Belgique et sans doute aux USA....

Aurais tu un scoop sur le groupe Yeallow ? Une grosse surprise à venir ?

Rien qu'on ne puisse confirmer à ce jour... désolé. Mais nous espérons pouvoir t'en dire plus rapidement !

Qu'écoutes tu actuellement ?

Durant les 15 derniers jours : The Dead Weather, Massive Attack, Jay-Z, Kings of Leon, The Strokes, Archive, Radiohead

Le groupe est d'Alsace et plus particulièrement de Strasbourg, comment se porte la scène chez vous ?  

La scène de Strasbourg fait preuve de beaucoup d'initiatives un peu divisées : des groupes sympas à découvrir : Chapell Hill , Crocodiles, Eve-R, Colt Sivers, Aymeric Jeay... et beaucoup d'autres j'en oublie... les salles : La Laiterie, Le Molodoi, L'illiade et des bars concerts, des festivals intéressants : Artefact et Contre-temps, Decibulles, basse-Zorn, ...... et le Zenith qui se mobilise en scènes ouvertes... il y a du travail et surtout il faut ouvrir les scènes aux groupes locaux et aux groupes indés d'ailleurs (Allemagne, France). On souffre souvent en tant qu'indés de ne pas avoir de tourneur et d'être un peu à la merci des salles et des têtes d'affiches... alors que c'est un formidable moyen de conquérir du public et de dynamiser les salles. Et je ne parle pas des radios même locales qui ont du mal à s'ouvrir aux artistes de leur région.

Merci à toi alors que peux t'on souhaiter au groupe ?

Longue vie et tourbus.

Je te laisse le mot de fin :

Si vous aimez la musique, soutenez la création indépendante en achetant les Albums et les places de concert...

 

yeallow

 

 

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 21:05

junolips

Juno Lips a sorti son premier EP en début d'année après un an d'existence. On y retrouve un style accrocheur, moderne, et c'est donc avec un certain intérêt que nous retrouvons aujourd'hui Nicolas, chanteur et fondateur de ce groupe prometteur, pour une interview. Vous pourrez au fil de l'interview écouter l'intégralité de l'EP "MMIX".

En juin 2008, tu décides d'arrêter le groupe Marizibill, plutôt pop, pour créer Juno Lips, afin dis-tu, de revenir aux fondamentaux du rock. Pourquoi ce virage ? La pop t'ennuyait ?

Disons plutôt que j'ai eu envie d'avoir les coudées plus franches par rapport à ce que pouvait proposer Marzibill en terme de méthode de travail, un désir de me sentir plus autonome, plus libre d'écrire et de composer comme je l'entendais ; de faire exister quelque chose de plus personnel en somme.

Sinon par rapport aux fondamentaux du rock, peux-tu nous expliquer ce que tu entends par là ?

Les débuts du rock on été marqués à mon avis, autant par l'attitude des musiciens d'alors que par la nouveauté du son proposé. Aujourd'hui, être révolutionnaire sur le plan du son ou du genre musical n'est plus trop possible. C'est donc plus du côté de l'attitude et du discours que je situe les fondamentaux du rock. Aujourd'hui, il est encore possible d'être sans concessions sur des questions de société, de politique, ou de philosophie par exemple. Les fondamentaux du rock, c'est refuser le politiquement correct quel qu'il soit.

J'ai lu dans une précédente interview que tu composes seul à l'aide de ton ordinateur et qu'ensuite tu les fait connaître aux musiciens de Juno Lips. Tu peux nous expliquer un peu plus comment cela fonctionne ? Comment on passe d'un montage sur ordinateur, aux instruments ?

Aujourd'hui, la base du travail se fait en effet sur ordinateur, à partir de mes compos perso ou des idées de David (le guitariste). La suite se fait en répète lorsque tout le monde a pris connaissance de notre travail de "maquettage". C'est là que cela devient très intéressant, puisque c'est à ce niveau que tout le monde propose ses idées d'arrangements, de structures etc..... Mais pour répondre à ta question plus simplement, pour passer des maquettes aux instruments, ben, faut jouer les morceaux quoi.....

Est ce que c'est ce passage de l'ordi aux instruments qui donne le côté electro ?

Non au contraire. L'électro est donné par les machines et le matériel de Fred. Il propose différentes textures sonores sortant de ses processeurs magiques, des arpèges, des ambiances etc.....C'est donc l'apport de l'ordinateur et des synthés dans les sonorités des instruments traditionnels du rock, qui donne le côté électro.

Finalement tu apportes beaucoup à Juno Lips alors pourquoi avoir créé un groupe plutôt que se la jouer solo ?

Parce que j'aime l'idée d'avoir une bande avec qui partager ce genre d'aventure qu'est un groupe de rock. Mais de toute façon, à la base, même si aujourd'hui les choses ont évolué d'une manière que je n'imaginais pas il y a un an de par l'implication de tous les mecs qui jouent dans Juno Lips, c'est vrai que ce groupe est quand même un projet personnel.

Expliques nous un peu ce nom, ce qu'il signifie et ce qu'il a de rock.

Ce nom a plein d'explications différentes, mais la première est la référence à la mythologie romaine. Junon (Juno en anglais) est la reine des dieux et la reine du ciel, mais c'est surtout la mère de Vulcain, Dieu des Forges et du Feu et de Mars, Dieu de la guerre. Juno Lips, c'est donc les lèvres de Junon, qui engendrent le feu et la guerre dans une optique de construction. Cela rejoint ce que je te disais sur les fondamentaux du rock, parce qu'aujourd'hui, il y a des attitudes, des modes de pensées, des discours à créer, et que l'Art en général et le rock en particulier sont des moyens d'y parvenir.

julo lips
J'aimerai aussi que tu nous présentes chaque membre avec leur parcours et une petite anecdote sur chacun d'eux.

Bien, donc comme tu l'auras remarqué, nous sommes 5 dans Juno Lips. Il y a David Ponzoni, guitariste, alias "Riffman", l'homme qui compose plus vite que son ombre. Y'a aussi Romain Speiser, batteur et choriste, alias "la chose", un fêlé du kick et Frédéric Bry, le mec des machines alias "Hollow Man". Pour ce qui est de la basse, nous sommes actuellement en transition, donc je ne peux pas t'en dire plus, sinon que je fais un petit clin d'oeil à un certain Martin du groupe "You Call It A Time". Par ailleurs, concernant d'éventuelles anecdotes, je n'en ai maleureusement à ce jour, aucune qui soit racontable à une heure de grande écoute...

Revenons à l'origine, comment s'est monté Juno Lips et comment expliques tu ce succès aussi rapide ? Puisque seulement 1 an après sa création, le groupe a eu de beaux succès, en étant par exemple sélectionné dans la catégorie découverte du Time 2009, mais aussi en étant remarqué sur OUI FM.

Aujourd'hui, le line-up de Juno Lips est stable, mais il a intégralement été modifié par rapport à celui du début, au gré des rencontres musicales (belles rencontres) et des affinités plus ou moins solides. Nous avons désormais une équipe susceptible de fournir le travail nécessaire à nos ambitions, et concernant ce que tu appelles un succès rapide, ben je te répondrais qu'il faut relativiser quand même un peu beaucoup, parce que même si c'est vrai que nous avons eu la chance de participer à pas mal de trucs intéressants, nous restons à ce jour un groupe indépendant à la recherche de son public.

Juno Lips a justement signé chez LMG Productions, un label indépendant. Qu'est ce que cela vous apporte de plus, que si vous étiez totalement autoproduit ?

Je dirais qu'on peut se la péter auprès des meufs, mais à part ça......Non en fait, cela apporte un soutien logistique indéniable, et bien des contacts qu'il nous serait impossible d'avoir par nous même. D'ailleurs, je fais un petit clin d'oeil à mon pote Cédric, le directeur de LMG, un mec courageux avec qui on a envie de bosser et de faire partager les projets.

Peux-tu nous parler de tes textes, de comment tu écris, et surtout de ce qui t'inspires ?

Le thème central de la quasi totalité de ce que j'écris concerne un phénomène qui me tient particulièrement à ceour, et qui est une source inépuisable d'inspiration : la servitude volontare,. L'ensemble de nos petits arrangements avec nous-même, toutes les petites lâchetés que nous nous pardonnons, les mensonges, les renoncements, les faiblesses etc....que nous préférons au courage qu'il faudrait pour être des humains plus....sains d'esprits. Je dis sous des formes différentes qu'à mon avis, la Révolution est d'abord individuelle et qu'elle réside essentiellement dans le fait d'avoir les couilles de dire "NON".

Juno Lips est donc signé sur ce que l'on nommera une structure à taille humaine. Est  ce que c'est important pour toi, et cela permet t'il au groupe de préserver toute son indépendance ?

Ben en fait je ne peux pas vraiment te dire, je n'ai jamais été signé ailleurs. J'imagine quand même qu'il doit être possible de bosser avec un minimum d'intégrité dans les grosses structures, du moins je le souhaite. Par contre c'est vrai que chez LMG, nous sommes libres à 100 % et qu'à ce jour, je n'ai pas à m'en plaindre.

juno.jpg

Votre premier EP s'intitule MMIX...Qu'est ce que signigie ce nom ?

MMIX, c'est 2009 en chiffres romains tout simplement.

L'EP est donc un vrai succès, qui vous permet de vous faire connaître, en vue de faire de plus en plus de scène et de prévoir la réalisation d'un premier album. Es-tu fier de cet EP, et ce succès actuel correspond t'il à l'ambition que tu avais en créant Juno Lips ?

Cet EP correspond à un renouveau musical personnel, donc j'en suis très fier. Et je peux même te dire qu'il dépasse de loin mes ambitions, puisque la seule chose qui comptait pour moi c'était que ce premier disque de Juno Lips existe.

Au niveau création, où en est le groupe aujourd'hui. Avez-vous à ce jour le nombre de compositions nécessaires pour la réalisation d'un album ? Si oui qu'est ce qu'il vous manque pour le réaliser ?

Oui, nous avons aujourd'hui le minimum en terme de morceaux pour enregistrer un album, mais comme d'autres arrivent chaque jour, avec à chaque fois des petits trucs en plus, nous préférons faire mûrir un peu tout ça de façon à faire un disque cohérent. En fait, l'album n'est pas vraiment à l'ordre du jour, nous avons beaucoup de choses à faire avant.

 

J'ai lu, toujours dans une précédente interview, que tu considérais que le rock indépendant se portait bien. Pourtant il ne vit que grâce aux webradios, radios et labels associatifs, enfin souvent grâce à des bénévoles, cela reste donc assez fragiles. En tant que chanteur, et membre d'un groupe, comment vois-tu l'avenir du rock indépendant et peux-tu nous dire de quoi il a besoin pour perdurer ?

Premièrement, le rock existe dès qu'il est joué, que ça soit au Zénith de Paris, dans une cave ou dans ta chambre. Ce n'est pas parce qu'il n'est pas diffusé qu'il n'existe pas ou ne se porte pas bien. Ce qui compte, c'est que des gens aient envie de créer, d'être des artistes. Après, qu'on soit diffusé ou pas, qu'on en vive ou pas, c'est déjà une autre question. Deuxièmement, notre sphère composée de milliers de groupes indés et d'autant de radios, webradios, fanzines, E-Zines tout aussi indés, n'est pas fragile, mais au contraire riche de sa diversité, et plutôt astucieuse par manque de moyens, et même si elle est extraordinairement fluctuante et aléatoire, elle permet quand même aux artistes d'être authentiques, et pas formatés par le besoin de vendre à la masse.

Bon, ben merci à toi, je te laisse donc le mot de la fin.

Merci aussi à toi ! Tu bois quelque chose ?

Ok, à la tienne !

 

 

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24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 18:54

mac abbVoilà un groupe qui restera l'une des belles découvertes de l'année. Mac Abbé et le Zombi Orchestra nous offre une musique partagée entre plusieurs styles et des textes mordants, et parfois plein d'humour. Leur premier album est sorti le 31 mai 2010, et il faut bien avouer qu'avec eux, la chanson française a une autre gueule. Des gueules de Zombi me direz-vous ? Et bien oui certes, mais pas seulement, elles sont aussi pleines d'idées et inspirées. C'est pourquoi je vous invite à les découvrir via l'interview ci-dessous de son chanteur, Julien, mais aussi grâce aux trois extraits ci-dessous, à écouter sans modération : "Votre monde est d'enfer", "Bien fait pour ta gueule" et "Le pet vaginal".

Myspace : http://www.myspace.com/macabbe

 

Le groupe s'est formé en 2008, peux-tu revenir sur cette période pour nous expliquer ce qui a donné naissance à Mac Abbé et le Zombi Orchestra ?

Je menais un projet solo, Mac Abbé, dans les petites salles chansons, dans les petits théâtres. Vu que mes chansons plaisaient au public, j'ai contacté 3 musiciens que j'avais croisé d'ici et là pour monter ensemble la formule groupe de Mac Abbé.

Comment et par qui est venu votre nom ?

Pour Mac abbé, je cherchais un personnage détestable, sordide. Je n'ai pas beaucoup d'amour envers les religions de tout bord et il me semblait qu'un prêtre proxénète (Mac + Abbé) pouvait bien coller à ce que je voulais faire. Pour le Zombi Orchestra, on voulait que ça donne un coté orchestre déjanté.....et voilà.

Pourquoi ce style musical difficilement identifiable ? C'est un style que vous aviez en tête dès le départ ?

Non, ce n'est pas vraiment un style mais plusieurs. Avoir un projet artistique fort en caractère au niveau visuel, décors, ambiance, nous a permis de nous promener dans une palette de style musicaux, swing, jazz, rockabilly, rock, chanson. C'est une grande liberté pour nous et c'est très agréable en tant que musicien.

Rapidement le groupe a souhaité s'enregistrer, puisqu'un premier album autoproduit a vu le jour dès votre première année. Pouvez vous nous parler de ce premier enregistrement et pourquoi présentez-vous "Votre monde est d'enfer" comme votre premier album ?

Ce premier album n'est pas un autoproduit même si nous avons géré nous même beaucoup de phases de la production. Il est produit par le label stéphanois Carotte Production. Ils nous ont accompagné, dirigé et aussi financé ce disque. Nous sommes très heureux de cette collaboration made in St Etienne. Avant "Votre monde est d'enfer", il y a eu un premier disque de Mac Abbé tout seul, une petite série de 500 exemplaires, puis avec le Zombi Orchestra un EP de 6 titres. "Votre monde est d'enfer" est donc bien notre premier album, avec une distribution, une production, une vraie sortie nationale, une promo.......

 

Est ce que le fait de vous présenter au travers de personnages et plus particulièrement de personnages venant d'un au-delà, vous donne une liberté de ton et d'écriture, que vous n'auriez pas au sein d'un groupe classique ?

Exactement, le fait que nous soyons grimés plonge le public dans un monde où le second degré est explicite. De notre coté, nous mettons un masque pour aller sur scène, cela nous protège en tant que personne et laisse la place aux zombis.

mac abb-copie-1

Comment avez vous composé cet album et où a t'il été enregistré ?

L'album a été enregistré à St Julien Molin Molette dans la Loire, dans le studio de l'association l'Oreille est Hardie. J'avais pas mal de morceaux avant de créer le groupe, nous les avons arrangé ensemble. Nous avons aussi créé des titres en pré production durant l'été 2009.

Est ce aussi parce que le monde dans lequel nous vivons ne vous ressemble pas que vous avez choisit ce décalage ?

Je sais pas, en tous cas c'est très plaisant de pouvoir chroniquer le monde avec les yeux de quelqu'un qui en est détaché. Cela permet aussi d'avoir plus de recul et d'ironie, ça rend le discours plus léger.

On retrouve sur vos prestations, un côté théâtral important. Comment les préparez-vous ? Laissez vous place à l'improvisation ?

Il y a bien sûr une trame que l'on suit à chaque concert, par contre on attend les réactions du public et on les utilise pour varier le spectacle. On essaie toujours de stimuler le public d'aller le chercher pour qu'il soit avec nous dans la discussion. On peut tout à fait arrêter le concert pour réagir à ce qu'il se passe dans la salle, ou pour répondre à une réflexion des gens.

Comment vous est venu cette chanson sur le pet vaginal ?

Ce morceau a commencé sur un pari avec une bande de copain de mon village, du style "même pas cap de faire une chanson sur le pet vaginal ! ". Le concert d'après je la chantais sur scène, et elle a fait rire beaucoup de gens, du coup elle est devenu un titre important du répertoire.

La France vient d'être éliminé de la coupe du Monde, ça te fait quoi ?

Beaucoup rire ! Ça me soulage aussi car nous avons beaucoup de concerts cet été et on ne sera pas parasité par les matches de l'équipe de France. Les petites histoires de l'équipe de France me font vraiment marrer, avec de tels salaires..! Ils font n'importent quoi ! Le gars qui bosse à l'usine pour 1/1000 de leur salaire s'applique plus dans son travail.

Vous êtes d'une région qui, artistiquement bouge beaucoup. Je n'arrête pas de le dire parce que j'ai chroniqué beaucoup de groupes lyonnais cette année, dans des styles variés et souvent originaux que, à mon avis, on ne retrouve pas sur Paris. Y'a t'il une explication à cela ?

Ici on respire, c'est peut être ça. Je pense aussi que la politique culturelle de la région Rhône Alpes est très volontariste. Par exemple, le budget mis en place par la région, qui pourtant n'est pas sensé le faire, est équivalant à celui donné par le ministère de la Culture sur notre territoire. Je crois qu'il n'y a pas beaucoup de région dans ce cas.

Peux-tu nous présenter Carotte production et nous en dire quelques mots ?

 Carotte Production est un label stéphanois. Il s'occupe principalement de 3 groupes, TD+ qui font un dub pure souche de très grande qualité, de Barrio Populo un groupe de rock festif vraiment excellent et de nous. Le label gère aussi une salle de spectacle, Le Pax à St Etienne. Le label nous accompagne autant sur les productions de disque que sur la promotion, sur la préparation à la scène. Très actif et très polyvalent, c'est pour nous un appui exceptionnel.

macabbez.jpg

Votre myspace montre une série impressionnante de dates en juillet et aout. Comment travaillez vous sur la préparation des concerts, et comment avez vous réussit à booker autant de dates ?

Pour booker autant de date et bien, on travail beaucoup ! Puis il faut dire que le groupe plaît et que les programmateurs sont très réceptifs à notre projet. Pour ce qui est de la préparation, et bien on répète toute l'année, des résidences en salles de spectacle, du travail à l'instrument individuel.

D'un point de vue artistique, qu'elle est votre ambition avec cet album ?

Peut être montrer que la chanson française actuelle ne se limite pas à Bénabar et Vincent Delerm. Que l'on peut parler de sujet divers et variés, que l'on peut encore rire en parlant choses graves, que l'on peut oser, et même qu'il faut oser, surprendre, amuser.

D'un autre point de vue, qu'elle est votre objectif ? Faire bouger les choses, ou juste exprimer une colère ?

Ni l'un ni l'autre. Notre premier objectif est de DIVERTIR les gens. On oublie souvent que les gens viennent voir des spectacles pour s'amuser, pour s'évader. Ça ne veut pas dire que l'on ne peut pas parler de sujet important, que l'on ne peut pas faire changer les choses mais avec humour, avec bienveillance, avec PLAISIR.

Savez vous aujourd'hui qui est votre public ?

Oui, notre public est très large, de 10 à 70 ans, chacun y trouve sont compte, chacun à son niveau de lecture. On peut danser si on veut, on peut prendre le temps de se plonger dans le texte. Les plus petits voient des clowns un peu bizarres, les plus grands retrouvent des airs de Didier Super, de Desproges, de Boris Vian.

Quel est à ce jour votre meilleur souvenir ? Auriez vous aussi quelques anecdotes à partager ?

Un jour, lorsque je jouait encore en solo, un fils de député UMP a très mal pris le spectacle et il voulais me castagner. J'ai du sortir par la porte de derrière pour m'en sortir entier. Ça c'est vraiment du bonheur, une grande réussite !

Merci je telaisse donc le mot de fin :

Vous qui êtes vivants, profitez en !

 

 

 

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 19:25

candice tabarnakTabarnak est un trio dont le premier album est prévu à l'automne prochain. Leur myspace laisse déjà de bien jolies compositions faîtes de mélodies entêtantes et de textes à la fois intelligents et relevés d'un certain humour. "J'te dois rien", "La vitesse du bourdon", sont de ces chansons qui trottent facilement dans la tête et c'est donc avec beaucoup de plaisir que j'ai souhaité proposer cette interview réalisée avec la complicité de Candice, chanteuse du groupe Tabarnak, groupe qui restera certainement l'un de mes coups de coeur en cette année 2010.

Revenons tout d'abord à l'origine. Qu'est ce qui a donné naissance à Tabarnak ?

Tabarnak est né de la volonté de vivre librement en arrêtant les concessions qui nous empêchent d’acquérir ce besoin primaire.

Toi et Guillaume (Bab), vous avez joué avant Tabarnak durant 10 ans au sein de diverses formations. Peux-tu nous résumer votre parcours ?

Ça fait dix ans qu’on joue ensemble avec Bab et sept ans qu’on joue avec Thierry. Les histoires musicales commencent avant, mais on va partir de là. On s’est rencontré à la Fac. Bab avait toujours sa guitare avec lui. La fin du lycée et l’éparpillement géographique marquait la fin de son premier groupe et il cherchait à en reformer un. Au début j’ai commencé comme bassiste dans diverses formations. Dès le début, l’objectif était de faire des concerts et on jouait partout où on pouvait. Il y a sept ans, on s’inscrivait au conservatoire de musiques actuelles et on formait le groupe Musard. C’est à ce moment-là que j’ai vraiment commencé à écrire et à chanter. Thierry notre prof d’atelier quant à lui est devenu notre trompettiste. L’histoire de Musard est très dense. Elle a duré cinq ans, deux albums, beaucoup de concerts et d’aventures. On a découvert à cette époque l’autoproduction, la signature en label, et tout ce qui va avec : éditeurs, tourneurs…. Ce qui est incroyable dans notre parcours, c’est que malgré notre bonne volonté, on a réussi à faire presque toutes les erreurs qu’il ne faut pas faire. Il paraît que ça s’appelle l’expérience. Expérience faite, on a eu envie avec Bab et Thierry de faire un nouveau projet et Tabarnak est né.

tabarnak-presse-copie-1.JPG

Le groupe est présenté en tant que trio avec un troisième membre Thierry Riboulet ou Philippe Anicaux. Pourquoi pas les deux en même temps ?

A la base nous jouons à trois pour répondre aux réalités économiques. Cependant, nous avons trouvé notre équilibre en trio. Si l’avenir nous le permet nous regarderons le projet sous un autre angle.

Guillaume (Bab) joue de la guitare et assure aussi les ryhtmiques aux pieds. C'est assez rare. Pourquoi ? Est ce pour se démarquer, être original, ou parce que c'est compliqué de trouver un batteur ...?

Et oui, Bab est l’homme-orchestre et le moteur du groupe. C’est pour toutes les raisons que tu as énoncées. Tu en as oublié une : ça lui fait faire du sport.

La chanson "j'te dois rien" qui a fait l'objet d'un clip récemment, est une chanson que vous chantiez déjà en 2008 mais elle a été revisité avec une rythmique plus entraînante, et d'ailleurs on peut voir sur le net un ancien clip de ce même titre. Pourquoi avoir réarrangé cette chanson, qui est d'ailleurs une vraie réussite ?

On a eu la chance de pouvoir travailler avec un arrangeur. On avait toujours voulu le faire. On avait envie de rendre la chanson plus légère musicalement pour accentuer l’ironie des paroles. Les deux versions existent et on jongle en concert entre les deux.

Tabarnak, est un terme québécois, synonyme de juron qui manifeste la colère ou l'indignation. On sent dans vos textes, que vous souhaitez partager certaines expériences et notamment sur la vie de couple avec "J'te dois rien". Le nom du groupe est donc très bien porté mais est ce que le nom et le style du groupe se sont imposés dès vos débuts ?

Oui, dès le début tout était clair dans nos têtes. On voulait du direct, du rock, de l’énergie, de l’ironie et du plaisir. Du coup tout c’est traduit assez instinctivement et simplement.

Vous avez donc récemment sorti le clip, "J'te dois rien", comment et où a t'il été réalisé ?

Ce clip a été tourné à Rennes. Il a été réalisé par Christian Beuchet et Manu Meyre qui sont originaires de Rennes. C’était plus facile de monter en Bretagne que de faire descendre une voiture coupée en deux. C’est d’ailleurs une super équipe.

candice et guillaume tabarnak

Peux-tu nous expliquer comment compose le groupe Tabarnak, ou plutôt qui fait quoi ?

Bab et moi faisons la musique des chansons. J’écris les paroles. Philippe fait la plupart des arrangements des cuivres. Et avec Thierry, on regarde l’arrangement général pour la scène. Thierry lui, improvise sur des parties libres.

Vous êtes d'ailleurs en train de boucler votre premier album. Où en êtes vous actuellement ? Et pouvez vous annoncer une date de sortie ?

Le disque est terminé. On n’a pas encore de date exacte de sortie. A première vue, je dirais à l’automne.

Depuis quelques jours, on peut entendre une nouvelle chanson sur votre myspace, allez vous proposer régulièrement une nouvelle chanson jusqu'à la sortie de l'album ?

De temps en temps, on change les chansons. Des fois, elles ne restent qu’un jour, des fois, elles restent plusieurs mois. C’est la surprise.

Vous allez faire de nombreux concerts dans les jours qui viennent dont, certains en Allemagne. Pourquoi en Allemagne ?

La ville d’Aix-en-Provence est jumelée avec l’Allemagne et elle nous a choisi pour ces concerts.

L'album se nommera comme l'une de vos chansons "Choisis bien ton entourage". Pourquoi ce titre ?

En dehors de nous-même, c’est notre entourage qui fait la couleur de notre vie au quotidien. "Choisis bien ton entourage" est un titre qui nous parle.

Et quelle est votre ambition avec cet album ?

Ce qu’on voudrait c’est faire plein de concerts.

Sais tu aujourd'hui, combien de titres nous retrouverons sur cet album ?

Il est prévu 14 titres.

Peux tu nous dire ce que l'on retrouvera comme thèmes ?

Ils sont dans la même veine que Tabarnak et les titres sont assez représentatifs : les apparences, choisis bien ton entourage, j’te dois rien, la peur, vent en cage, les jours meilleurs, l’espoir….

thierry tabarnak

Le groupe a rencontré le chanteur de Sinsemilia lors d'un concert. Celui-ci a décidé de vous prendre sous son aile au sein de Echoprod. Comment avez-vous pris la chose, et comment cela s'est t'il passé ?

Nous avons joué deux fois en première partie de Sinsémilia. A la fin du deuxième concert Mike nous a fait part de son intéressement pour le groupe. Nous avons beaucoup discuté pour savoir sous quelle forme nous allions pouvoir travailler ensemble. Nous avons pris le temps et ça c’est fait naturellement.

Qu'est ce que cela va vous apporter, notamment pour la sortie de votre album ?

Je pense que c’est important d’avoir des partenaires pour accompagner un projet et pour avoir une sortie d’album dans toutes les bonnes disqueries de France et de Navarre. Nous, on travaille toujours autant, mais on a la chance d’être épaulé.

Qu'est ce qui différencie Tabarnak des autres sur la scène française ?

On ne se compare pas aux autres. Je pense que quand la comparaison entre par la porte, l’amour sort par la fenêtre. Chaque groupe à des points forts et des points faibles. On n’a juste pas les mêmes.

Et un concert de Tabarnak, ça ressemble à quoi ?

Il faut venir voir et écouter.

On ressent un certain engagement dans les textes. Qu'as tu à dire sur notre époque ?

Il y a beaucoup de choses à dire. En général quand quelque chose me touche, je le dis en chanson.

Un premier clip tiré de l'album est sorti, y'en a t'il un autre de prévu ?

C’est trop tôt pour savoir. Comme on dit "petit à petit l’oiseau fait son nid".

Myspacelink

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 18:11

coucouc12

"Décalé, hors du temps", voilà comment se présente le groupe Quatre Heures et Demie Aux Indes. Formé au tout début de l'année 2009, ce quatuor originaire de la région lyonnaise, présente une musique entre pop, rock, electro et s'inspire du 7ème art. Porteur de nombreux projets, Quatre Heures et Demie Aux Indes sera présent le 18 juin lors de la soirée anniversaire de Triste Sire, où ils défendront leurs compositions. C'est donc avec un certain intérêt que j'ai voulu en savoir plus sur ce groupe atypique et créatif.

Votre nom, "Quatre Heures et demie aux Indes" est plutôt inattendu pour un nom de groupe. Pourquoi avoir choisi ce nom ?

Maxdörfer : C'est la question qui revient le plus souvent sur ce groupe. Chacun peut y voir ce qu'il veut je crois.

Theo Bettenfeld : J'aime assez le fait qu'on trouve ce nom inattendu, parce que cela suppose que ce qu'il représente, à savoir notre musique, peut l'être aussi par moment. Pour l'anecdote, ce nom est apparu bien avant l'idée de monter le groupe. C'est comme ça que s'intitulait une pièce orchestrale que j'étais sur le point de monter. C'était à la fin de l'été 2006, j'avais 17 ans, je rentrais de soirée ivre mort quand je suis tombé sur ce film génial, India Song, qui passait à la télévision tôt le matin. "Quatre Heures et Demie aux Indes" en est une inspiration directe. Plus tard, quand il s'est agit de monter le groupe, j'ai tenté de changer de nom à la dernière minute, craignant qu'il nous handicape, mais c'était déjà trop tard : Louise menaçait de quitter le projet si on changeait de nom !

Louise B : C'est vrai, c'est un nom qui situe directement l'ambiance visuelle du groupe : un entre deux temporel, un lieu...

Le groupe a été fondé début 2009. Qu'est ce qui a donné naissance à cette formation atypique ?

Louise B. : Le groupe a effectivement vu le jour au printemps 2009, quand nous nous sommes réunis pour la première fois pour répéter nos premiers morceaux, mais c'est trois ans plus tôt que l'histoire a réellement commencé.

Theo Bettenfeld : Oui, fin 2006 lorsque j'ai monté avec l'aide d'un ami un orchestre de chambre expérimental. Je me suis incrusté au conservatoire pour débaucher quelques instrumentistes, et on a commencé à se réunir dans différents lieux pour jouer de façon tout à fait confidentielle. J'avais un rôle minime, si ce n'est que je composais et dirigeais. Progressivement, l'orchestre s'est éteint mais c'était dans l'ordre des choses parce que les musiciens étaient tous très jeunes, et tous très doués, et qu'il leur fallait poursuivre leurs études dans d'autres villes. Nous sommes les derniers vétérans de cette première formation, et bien que je regrette de n'être pas être resté en contact avec les anciens musiciens, j'en garde de très bons souvenirs, et notre musique encore actuellement est marqué par le caractère "orchestral" de ses origines.

Pouvez-vous présenter chaque membre du groupe, pour nous dire qui fait quoi et ce que vous faisiez auparavant ?

Theo Bettenfeld : Louise et moi sommes frères et soeurs jumeaux, je n'avais que peu de contacts avec elle mais nous faisions de la musique dans des groupes différents depuis l'âge de 14 ans, lorsque je l'ai contacté pour Quatre Heures et Demie aux Indes, j'étais ravi d'apprendre qu'elle était bassiste, parce que jusque là, c'était un synthétiseur ou une contrebasse qui couvrait cette partie. Maxdörfer est venu se rattacher au groupe parce qu'on avait envie de bosser avec un guitariste intuitif, et qu'il m'a eu l'air de correspondre tout à fait. Peter Tank a un très bon feeling avec mes compos, et je hais les batteurs, mais lui ça va. En plus c'est le seul que je connaisse qui ne crache pas sur le fait de jouer avec des boites à rythme, et qui s'intéresse en général à tout ce qui fait du bruit ! Moi je me suis mis au chant parce que j'écrivais et que je ne voulais pas diriger un chanteur. Ça a commencé à m'inquiéter quand on est en plus devenu des amis...

Maxdörfer : Auparavant j'étais chanteur et guitariste d'un groupe éphémère aux compositions rock/metal alternatif.

Theo Bettenfeld : Max Dörfer a une très belle voix. On chante ensemble par moments, et parfois on chante même en duo sur un ou deux morceaux. Lorsque nous nous sommes rencontrés, nous n'avons pas fait allusion à des étiquettes, mais plutôt à des groupes que nous avions aimé, nous avons également parlé peinture ou photo avec certains. C'est pour cela qu'il est encore aujourd'hui difficile pour nous de nous définir par "genres". Pop ça me va, ça sonne marrant, bien que je ne me sente pas toujours très proche du milieu "pop".

Le 7ème art joue un rôle important dans vos compositions, pourquoi ?

Louise B. : Wong Kar Wai est mon cinéaste préféré et il se trouve que son esthétique correspond parfaitement avec l'ambiance de notre musique et du groupe en général.

Theo Bettenfeld : Dans nos compositions, oui peut être. Le 7ème et le 9ème art en ce qui nous concerne. On adore la BD, les serials d'aventure, et puis j'aime bien ouvrir un vieux comics SF des 70's qui pue le moisi, et contempler cette vieille vision ultra effervescente des années 2000. La réalité est tellement désespérante, et ce n'est pas une légende : la musique permet réellement de s'en libérer. L'esthétique Bande Dessinée contrebalance le côté un peu désesperé de certains textes.

quatreheures

Pouvez-vous nous dire quels sont les films ou cinéastes qui vous ont marqué tout en nous expliquant, comment vous composez ?

Louise B. : Les films de Tran Anh Hung sont un bon exemple. Et puis WKW toujours...Quand on regarde un film comme "Chunking Express", on a d'abord envie d'être dans le film, d'entrer dans le film, et puis le film se termine et il faut trouver un moyen de prolonger cette sensation... C'est à ce moment que la musique vient, s'écrit, toujours par un voyage sensoriel.

Theo Bettenfeld : Mon premier vrai choc cinématographique a été Elephant Man de David Lynch, que mes parents m'ont fait voir quand j'avais 6 ans. Je ne m'en suis jamais remis, et n'ai jamais désiré le revoir. Depuis, je me suis essentiellement tourné vers le cinéma de genre, pas par prétention intellectuelle mais parce que c'est ce qui me fait réellement vibrer. Il me serait néanmoins impossible de citer des films en particulier, ce serait long et j'aurais trop peur d'en oublier.

Peter Tank : Moi je vais essayer : Gatlif, Fellini, Lynch, Visconti, Kusturika, Keaton, Kurosawa, Wong Kar Wai, Kitano, Burton, Almodovar, Miyasaki, Woody Allen, Kanievska, Gus Van Sant mais j'en oublie forcément... Concernant la batterie : je lance mes bras, ça tombe sur un truc, ça fait du bruit, et si ça me plait pas et, je tape sur autre chose alors c'est très loin du cinéma...

Theo Bettenfeld : La plupart de nos compositions proviennent d'abord d'un air, d'un gimick, de quelques notes qui deviennent rapidement le leitmotiv du morceau. Ce genre de mélodie peut m'apparaître à n'importe quel moment, c'est pourquoi je suis content que les nouvelles générations de téléphones soient équipés de dictaphones, et comme cela, il m'arrive de me retirer un moment d'une soirée ou de m'extirper du lit en pleine nuit pour enregistrer trois notes. Plus la mélodie est simple, plus elle me plait en général. Je la propose au groupe, on essaie de trouver des arrangements un peu nouveaux, et enfin je fait un travail de sampling et d'échantillonnage pour créer un magma sonore qui fait corps avec les parties qu'auront écrit les autres.

Cela vous plairait-il de composer des musiques de film, ou préférez vous garder votre indépendance et votre liberté de création ?

Louise B. : On ne compose pas des musiques de film ! On est tout droit sorti d'un film, nous sommes les personnages de notre propre film.

Maxdörfer : Je ne vois pas en quoi composer pour un film représente une perte d'indépendance. Quand j'écris, je passe continuellement par l'instant ou je m'oblige à arrêter d'hésiter et à faire quelque chose, peu importe.

Que ce soit moi ou quelqu'un d'autre qui me donne des directives, ca ne change dans la plupart des cas par grand chose.

Theo Bettenfeld : Me concernant, l'expérience a déjà été tentée mais je n'en ai jamais été réellement satisfait. J'ai notamment composé pour une très bonne amie (Emma Tsekas, à qui j'ai dédié le titre "Emma's Song", et qui est une graphiste avec qui j'entretien une relation artistique très forte. Le film est un court, un dessin animé qui s'appelle Okinawa (Voir ci-dessous, deuxième vidéo), en référence aux suicides de groupes dont parlait déjà le film "Level 5". Mais la prod ayant été à Paris et moi en Province, ce ne sont que des lambeaux sonores qui se sont retrouvés au montage. Mais le film en soit est vraiment bon, et j'ai hâte de retravailler avec elle sur des sujets plus personnels.

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De quels groupes vous sentez-vous proches et pourquoi ?

Louise B. : Je me sens proche de... personne en particulier mais j'aime bien Bjork et Brigitte fontaine car elles savent être intègres et ont une forte personnalité assumée.

Theo Bettenfeld : Proches à quel niveau ? Je ne me sent pas proche d'un groupe en particulier mais d'un peintre très célèbre : le Douannier Rousseau. Naïveté des courbes dans une infinité de formes et de couleurs confondues, exotisme assumé... J'ai le sentiment de structurer nos morceaux comme il structurait ses tableaux. Rousseau ça claque, et avec un petit acide lysergique, ça devient un économiseur d'écran très chic...

Maxdörfer: Personellement, définitivement proche de groupes tels que System of a down, et son rejeton Scars on Broadway, j'apprécie en effet la capacité de Daron Malakian à aborder le rock et le metal alternatif sous des angles innovateurs tout en s'appuyant sur des riffs et des structures des plus simples.

Theo Bettenfeld : Je connais pas Scars on Broadway...

Vous serez prochainement sur scène lors des 10 ans du groupe Triste Sire. Un groupe aussi très original, aussi bien dans ses compositions que dans son univers. Comment un groupe comme le vôtre se motive alors que l'originalité, qui est pourtant la pièce maîtresse en matière de culture, ne paie pas ?

Peter Tank : C'est quoi la question ? Pourquoi on bosse sans jamais être payé ? Franchement j'ai jamais trouvé la réponse …

Louise B. : C'est pas l'originalité qui paie mais le scandale et la provocation.

Maxdörfer : L'originalité...construire sa vie ou son projet artistique (je ne sépare ces derniers que pour la forme) dans le but avéré de se démarquer, c'est comme essayer de ne pas ressembler à son reflet : ca ne marche pas et ca n'a pas de sens, je ne sais pas pourquoi j'ai écrit ca.

Theo Bettenfeld : Moi je ne trouve pas que ce que l'on fait soit vraiment original en fait. Mais si ça l'est c'est effrayant parce que c'est un minimum en ce qui nous concerne. Effectivement, sur des coplateaux avec d'autres groupes de notre génération, on se rend compte que notre son n'est pas dans l'air du temps, mais ça ne nous empêche pas de nous entendre très bien avec ces groupes. En tous cas je ne revendiquerais pas de l'originalité. Et d'ailleurs, être original en 2010 ne signifierait-il pas : faire comme tout le monde, se mêler aux masses un maximum, avoir le moins de visites possible sur le web, et assumer son avenir ingrat ? J'ai hâte d'être original...

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Où en êtes vous dans vos compositions ? Je suppose qu'un album est en préparation....

Maxdörfer : A ce jour, le set comporte une dizaine de titres, la plupart déjà proches de leur forme définitive. Plusieurs compositions sont également en cours de route, qui complèteront l'album qui, je l'espère, sera enregistré et distribué entre 2010 et 2011.

Theo Bettenfeld : Ouaw. J'ignorais que c'était dans tes plans ! En ce qui me concerne, la seule chose que je demande est de pouvoir continuer à faire mes prises voix en nocturne après minuit, et à ne plus jamais mixer seul nos titres (c'est que j'ai échappé de peu à la pendaison). Cela dit nous sommes pauvres, et enregistrer coûte de l'argent. Composer n'est pas un problème, nous avons au moins quatre albums en réserve.

Sais t'on éventuellement comment s'appellera votre premier opus ?

Maxdörfer : Plusieurs propositions ont été déja faites, de façon plus ou moins télépathique.

Non sérieusement, je dois donner une idée là ? Moi je l'appellerais "l'Hiver à Katmandu" , mais "Quatre Heures et Demie aux Indes : l'Hiver à Katmandu" ça fait redondant, non? Oh, et puis je dis ce que je veux, c'est mon interview après tout.

Theo Bettenfeld : Je ne sais pas comment on appellera notre premier opus mais j'appellerais sans doutes mon premier film "Aller baiser ta soeur" juste histoire de rendre fou le guichetier avec des "Je voudrais deux tickets pour aller baiser ta soeur...".

Et qu'est ce qui vous inspire, de quoi parlent vos textes ?

Theo Bettenfeld : J'en ai parlé très récemment avec Yoanan du groupe Triste Sire, il m'a dit que c'était important que la totalité du groupe connaisse la signification des textes. J'ignore si c'est courant ou non mais ce sont les titres des chansons qui laissent place aux textes et plus rarement l'inverse, lorsque je les écris. Un titre comme Mandalay par exemple : j'avais une très forte pneumonie et j'étais alité, plein de fièvres délirantes. Je faisait des rêves érotiques un peu flippant toute la journée, et le peu de contacts que j'avais avec l'extérieur c'était la presse gratuite qu'on m'amenait. C'était en plein pendant la révolution de Safran en Birmanie. Et le titre est venu sur une carte dans un canard. Mandalay. Voilà. Mandala, Mandalay, et puis il y avait cet album de Siouxsie là... Mantaray. Anyway, c'est de l'écriture automatique, voire du Haïku. Ca ne se lit pas malheureusement, ça se ressent.

Votre ambition aujourd'hui quelle est t'elle ?

Theo Bettenfeld : Jouer, jouer, jouer encore, et encore encore, donner des concerts partout, partout dans le monde, et tous les soirs, se réveiller et se demander où on est... repartir et jouer encore, ça serait le nirvana. Très loin de notre réalité.

Louise B. : Tout à fait d'accord.

Peter Tank : Oui et puis sortir des caves aussi.

Maxdörfer : Tourner dans plusieurs pays et acquérir la notoriété que le groupe ( enfin, moi en tout cas) mérite.

A quoi ressemble un concert de Quatre Heures et Demie aux Indes ?

Theo Bettenfeld : Je ne sais pas, sans doutes que ça ressemble encore bien trop à un concert pour me plaire.

Maxdörfer : Une grande variété de sons, un set qui se démarque réellement par le fait que chaque chanson est particulière, mais j'imagine que chaque groupe a cette impression.

Louise B. : Et surtout à une invitation au voyage...

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Si vous aviez à définir le groupe, en quelques mots, quels seraient ils ?

Louise B. : Pierre d'encens, thé noir, vieilles âmes pourrissantes, jungle, asie, les années 30...

Maxdörfer : Désordonné, splendide, dans ta face.

Theo Bettenfeld : Une goutte d'eau sur une pierre brûlante... (bon film tiens).

Etes vous en recherche de labels ou autre, afin d'assurer votre promo ?

Louise B. : Oui !

Theo Bettenfeld : Je suis pour. Mais je préviens, nous sommes un peu dérangés.

Peter Tank : Non non, nous on aime pas ça.

Theo Bettenfeld : C'est ironique ?

Peter Tank : Oui.

Où pourra t'on vous voir dans les semaines à venir ?

Louise B. : Le 18 juin au CCO de Villeurbanne, pour la suite, on vous tiendra au courant c'est promis...

Un clip est-il prévu ?

Theo Bettenfeld : Nous prévoyons plutôt d'occuper une partie de cet été pour tourner de la vidéo de scène en masse. Mais je n'en dirais pas plus pour le moment.

Je vous laisse le mot de fin, à bientôt,

"Strong & Flash !" ces mots de P. Smith nous vont assez bien. Merci beaucoup de nous avoir laissé nous exprimer...

Site officiel : http://quatreauxindes.fr/

Myspace : http://www.myspace.com/quatreauxindes

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 13:21

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Découvert lors du Live Tour Chez Toi le 30 avril à Paris, Dead Dog Café est un groupe qui ne manque pas d'intérêt. Énergique et généreux sur scène, le groupe a sorti en 2009, son premier album intitulé "Cleaning out The Clutter". Actuellement en pleine phase de compositions de son deuxième album, Dead Dog Café livre une musique rock puissante et originale, marquée par la présence de sa chanteuse, Emster, dont les influences vont bien au delà du rock. C'est donc avec beaucoup de plaisir que je vous invite à découvrir ce groupe grâce à l'interview ci-dessous réalisée avec la complicité de Emster et Cédric, tous deux membres de ce groupe prometteur.

Myspace : http://www.myspace.com/deaddogcafe

A quelques jours de la fin du Live Tour Chez Toi qui s'est terminé le 8 mai, comment êtes vous ?

Emster : A part d'être plutôt épuisés, nous sommes toujours dans le buzz. Une tour de montagnes russes réelle et Rock’n’roll. Revenir à la vie quotidienne n'est pas facile car ça a été une expérience fantastique avec beaucoup de bon souvenirs et de jolie rencontres, on se réjouit de revoir tous nos amis du LCT Tour, qui nous manquent beaucoup.

Présent le 30 avril à Paris, j'ai pu remarquer cette formidable ambiance et cette unité très importante au sein de l'équipe. Comment expliquez-vous cela ?

Emster : C’est très difficile d'expliquer cela, je suppose que si vous mettez un groupe de personnes ensemble avec la même passion pour la musique, le même esprit d'ouverture et la volonté d’échanger et de partager des idées, l'ambiance se crée d'elle même. Dès le premier jour je me suis senti comme si j'avais trouvé une nouvelle famille et un fort sentiment d'appartenance.

Comment vous êtes vous retrouvés au sein de ce Festival itinérant ?

Cedric: Emster et moi avions déjà rencontré Walther de Café Bertrand a une émission de télé et on avait parlé du Rock indépendant et comment c’était dur de se faire sa place dans le milieu. 2 mois plus tard j’ai reçu un mail de Walther me disant qu’il avait l’intention de monter une tournée avec Café Bertrand et d’autre groupes. Il m'a demandé si ça nous intéressait de bosser avec lui sur cette tournée et le booking, ce fut un oui sans aucune hésitation.

Auriez-vous quelques anecdotes à nous faire partager, ou quelques galères inattendues ?

Cedric: Hoooo oui ! On a eu quelques petites galères qui en auraient découragé plus d’un, mais nous ça nous a pas découragé. Il y’a eu la fois ou on devait jouer à Marseille lors du LCT Tour, une salle de rêve et une entrée à tomber par terre. On s’installe et une fois près à commencer notre Sound check, le régisseur se pointe vers nous et nous demande si on avait des micros. Là on s’est tous regardé pour savoir si ce mec se foutait de notre gueule, et non, il se moquait pas de nous, il n’avait effectivement pas de micro. Bon là on se dit, ben on va faire sans et Walther se pointe vers le boss et lui demande s'il avait bien reçu les flyers, et s'il avait pu faire un petit peu de pub. Le mec lui dit, "je ne sais pas faut que je regarde". Il va vers sa boite à lettres et on le voit sortir un gros carton avec 5000 de nos flyers dedans (flyers qu’il avait reçu il y a plus de deux semaines). Aussi la fameuse fois où on a reçu les affiches 10 jours avant la première date du LCT Tour et quand Walther a ouvert le carton, et qu'on a cru qu'il allait faire une syncope car c' était pas les bonnes affiches. Mais à par ces quelques petits hic, la tournée s’est super bien passée et l’organisation était nickel.

Yuri du groupe Café Bertrand me disait que pendant les pauses de la tournée, il ressentait un certain manque et avait hâte de retrouver l'équipe. Vu l'intensité de ce Festival qui a été on peut le dire une véritable fête, sur une durée de 1 mois, comment avez-vous calmé votre ardeur ?

Emster : Il est vrai que l'équipe nous a manqué lors de nos pauses, en dehors de faire beaucoup de lessives, rattraper notre sommeil et prendre un peu soin de nous-même. Sinon Ced et moi nous nous sommes remis à la composition du nouveau album. Disons que l’expérience nous a beaucoup inspirée.

Dead Dog Café est un groupe suisse, qui chante en anglais, et n'a donc pas spécialement choisi la facilité pour s'imposer en France. Que vous a apporté cette tournée ?

Emster : Si nous étions à la recherche de facilité, je pense que DDC aurait fait beaucoup de choses différemment.

La Suisse est un pays quadrilingue, où la plupart des gens parlent anglais, donc chanter en anglais ici est un avantage. Il est vrai qu'un groupe suisse avec une chanteuse anglaise nous rend différent, et cela pourrait défier la zone de confort de certain, mais c'est aussi un passeport international où nous nous sentons adaptable à tous les pays. Comme un bon ami et promoteur à Londres m’a dit "français/anglais rien à foutre aussi longtemps que c'est de la bonne musique". Notre réception en France été très positive, les gens se soucient plus de la musique et de l'énergie scénique du groupe que les barrières de langage. Je trouve dommage, que les pays Francophones soient beaucoup plus ouverts à l’Anglais que les pays Anglophones au Français…mais je pense que cela est en train de changer.

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Ce Festival itinérant vous a t'il donné des idées, éventuellement, l'envie de recommencer avec d'autres groupes ?

Cedric: C’est clair que ça nous a donné des idées, ce fut une énorme expérience, qui nous a permis de faire des connaissances des plus intéressantes. Je repartirai dès demain si on me le proposait et pour les autres groupes du LCT Tour donc Café Bertrand et Subsonic, on a plein de projets pour rejouer ensemble. Il y a beaucoup de groupes avec qui nous aimerions tourner, mais le LCT restera à jamais gravé dans nos mémoires et je pense même qu’il sera très difficile de revivre une tournée comme celle-là. Par contre nous sommes tout à fait conscients que nous ne pouvons pas toujours tourner avec les mêmes groupes.

J'aimerai maintenant revenir sur l'origine de Dead Dog café qui est un tout jeune groupe, regroupant toutefois, des musiciens d'expérience. Pouvez-vous présenter chaque membre en nous donnant un bref résumé du parcours de chacun ?

Emster : Je ne vois pas DDC en tant que groupe, mais plutôt un projet de musique. Cédric et moi avons monté le projet et composé la majorité des chansons de notre premier album "Cleaning out the clutter" et nous avons travaillé avec des musiciens merveilleux qui ont apporté leur grain de sel, une richesse et variété à notre projet.

 Cedric Rochat (compo et basse), a joué et participé aux compositions de 2 albums avec ‘Blind Addiction’ pendant plus de 10 ans. Il s’est fait une solide expérience scénique en ouvrant pour des groupes tel que - Dagoba - Gojira – Lofofora – Dolly et NTM. Il a aussi joué et participé aux compositions du LP de ‘Half Mile’ pour finalement se décider à composer son propre album et auditionner une chanteuse. Quant à moi, Emster Rochat (Chant et Lyric), ayant un père guitariste de Jazz, j’ai fait mes premiers pas à 9 ans sur scène devant 200 personnes chantant au début du Soul/Motown, j’ai monté plusieurs groupes de cover bands du Blues, Soul, Funk et Rock. A 18 ans je me suis retrouvé à Londres et là j’ai touché un peu de tout, du Acid Jazz – Drum’n’bass jusqu'à chanter comme MC dans des boites branchées de Brighton. Finalement retour en Suisse pour monter un quartet de Jazz avec mon père et rejoindre ‘Le Villars Vanguard’ Big band de Jazz. Contacter par Ced et une audition après, je me retrouve chanteuse dans un groupe de Punk/Rock….Bizarre la vie ?!!!

Christian Bardet (Batterie), a une grande expérience, grâce à de nombreuses collaborations au sein de nombreux groupes, y compris ‘Face kill’ et ‘Genocide’. Il a travaillé avec nous sur ‘Cleaning out the clutter’ et a fondé la précision rythmique solide qui caractérise DDC.

Alfredo Rogante (Guitare), il apporte un son créatif, et il a composé avec nous "Angels", "Disco Queen" et "Happy Song". Il a apporté son propre son distinctif du rock des années 80 à DDC. Souvent comparé à Rudolf Schenker des Scorpions, et après avoir joué avec DDC pendant 3 ans, il est en train de se lancer dans son propre projet musical. Surveillez cet espace.

Chris (Guitare), a apporté son style Funky/ Blues avec beaucoup de Soul a ‘Cleaning out the clutter’ et a composé avec nous ‘Life on track again’. On peut également le voir en train de jouer avec moi sur TSR2 dans Musicomax.

Pour le line-up du LCT Tour nous avons également eu le plaisir d'avoir Fab (batterie) et Javier (guitare rythmique), qui nous ont fait une excellente prestation scénique durant toute la tournée. Nous sommes maintenant en train de travailler sur le nouvel album et avons trouvé un magnifique line-up de musiciens qui apporteront une fraîcheur, de la modernité tout en restant bien sûr fidèle au son DDC.

Dead Dog Café est un groupe original, avec un rock puissant et une chanteuse qui dévoile sur un titre comme "Psycho baby", ses influences lyriques. C'est important pour vous de vous démarquer ?

Cedric : C'est clair que l’influence lyrique et très importante pour nous et c’est une des principales force de DDC.

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Le titre le plus accrocheur est "It's In your Head". Pouvez vous nous dire quelques mots sur ce titre....Comment il a été composé ?

Emster : Ced m'a joué le morceau qu’il venait de composer et puis je dois admettre que j’étais de très mauvais humeur dû à une sortie le soir précédent dans un pub où la rumeur que Ced et moi montions le projet DDC avait été répandue. J’ai eu une dizaine de ‘potes’ surtout ex musicaux qui ont voulu me donner leur avis sur notre projet, l'un d'eux m'a même dit : "ça fait 20 ans que je fais de la zic et c’est une perte de temps. Tu vas jamais réussir." Quand j’ai expliqué le truc et que je voulais jouer à Londres et faire une tournée, surtout en France ou en Allemagne, on m’a dit ‘It’s in your head’ – Traduction : "Ca c’est dans ta tête, tu te fais des illusions". Alors j’ai passé la soirée à mordre ma langue et écouter les gars démonter notre idée avec un gros sourire. Donc les paroles étaient d’une façon déjà écrites et je leur remercie de tout mon cœur. Petite traduction : "Tu vas jamais réussir, je suis ton meilleur pote et je te dis ça pour toi, abandonne avant que tu te fatigue… C’est dans ta tête tout ça !"

Dead Dog Café est un groupe qui a été formé à votre initiative, Cédric et Emster. Cela signifie t'il que c'est vous qui apportez toutes les compos ? Si oui est ce que toutefois chaque musicien peut apporter sa touche personnelle ?

Cedric:  Pour ce première album c’est vrai que j’ai amené une grande partie des compos et arrangements musicaux, mais le travail de mise en place a été fait avec tous les musiciens. Je suis une personne très ouverte et j’apprécie beaucoup quand tout le monde donne de sa personne. Par contre lorsque j’amène un nouveau morceau, j’ai toujours le dernier mot lol !. Il est claire que les musiciens avec qui nous avons travaillé ont apporté leur petite touche et sans cela DDC aurait moins de variétés.

L'album propose des titres plutôt variés, mais est ce que la force du groupe ne serait t'il pas de se démarquer encore plus en donnant encore plus d'importance à la voix et en gardant un style très péchu ?

Cedric: C'est sûr que la voix d’Emster est unique et qu’il faudrait de gros abrutis pour ne pas lui laisser sa place. Et c’est grâce à sa voix et ses textes que DDC est ce qu’il est. Les gens s’identifient beaucoup à ces derniers. Bon il est clair que la musique doit avoir aussi sa place et surtout de l’originalité pour pouvoir sortir du lot.

Votre album est sorti en 2009, vous avez repris les compos, cela signifie t'il que vous pensez déjà à l'après 'Cleaning Out The Clutter" ?

Cedric : Là ca fait 1 mois que j’enregistre toute mes idées et qu’Emster a repris la plume et le papier, donc, oui il y aura un après ‘Cleaning out the clutter’ avec plein de belles surprises et de punch.

Emster, qu'est ce qui t'inspire dans l'écriture et surtout, de quoi parlent tes textes ?

Emster : Comme a dit le journal du 24 heures "Emster ne fait pas dans la dentelle". "Cleaning out the clutter" veut dire "nettoyer le désordre", une expression en Anglais qui est utilisée pour décrire le rangement de sa chambre par exemple, mais avec une double entente, puisqu'on peut aussi l'utiliser pour décrire un état d'esprit ou on vide toutes les pensées et expériences qui ne sont plus utiles pour recommencer et aller de l'avant. Les paroles de "Cleaning out the clutter" sont en effet très personnelles et certains les décrivent comme des sujets tabous et graves, puisqu'ils abordent des thèmes tel que l'alcoolisme, les crises d'angoisse, l'anorexie, le suicide, l'égoïsme, la superficialité, l'Alzheimer etc. D’une certaine manière, c'était un genre de thérapie pour moi de sortir tout ça, mais je l’ai surtout écrit pour d’autres femmes et adolescentes (car la majorité de ses thèmes viennent de mon adolescence). J’ai eu beaucoupde commentaires et de messages d’autres femmes/ado qui m'ont dit que ça leur faisait tellement de bien de savoir qu’elles n’étaient pas toutes seules et qu'il était donc possible de se sortir de ces situations et faire une réussite de sa vie. Car j’ai toujours voulu faire attention à donner un message positif et une certaine moquerie à ceux qui veulent du mal aux autres. "Si tu n'as rien à dire, alors dit rien" le refrain de Happy Song. Là, je voulais dénoncer les artistes qui se contentent de textes vides, car pour moi il faut que les paroles viennent du cœur et qu'on les ressent sinon moi aussi je pourrais au lieu de passer des heures à écrire, sortir un truc de 5 min et sauter partout en faisant semblant que j’ai du "Soul".  Traduction : "music qui vient de son âme".

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Avec une chanteuse anglaise il semble évident que le groupe chante en anglais, cependant étant tous francophones, le groupe pourrait t'il un jour s'exprimer en français ?

Cedric :  La Suisse étant en pays multi linguiste, l’Anglais est la langue la plus adaptée cartout le monde le parle, pour ce qui est des textes en français pourquoi pas mais il est très difficile pour un chanteur/euse d’écrire dans une langue qui n’est pas la sienne (jeux de mots, expressions) car l’important dans le texte c’est l’impact qu’il peut donner. T’imagines des textes comme, "moi vouloir amour avec toi" ou plutôt "je voudrais faire l’amouravec toi", ben c’est ça. Emster ne parle pas comme ça encore heureux même qu’elle écrit mieux le français que moi (rires) ! Pour l’instant elle est plus inspirée par sa langue maternelle mais qui sait, peux être qu’un jour elle fera un ou deux textes en français.

 De la Suisse, comment voyez vous le rock en France ?

Cedric : La France nous propose de plus en plus de bons groupes et il est clair que de plus en plus de groupes suisses commence à chanter en français, donc le rock français est bien installé en Suisse et les groupe de chez nous sont très envieux des français par leurs statuts d’intermittents du spectacle, chose que malheureusement la Suisse peine à faire reconnaitre mais nous ne perdons pas espoir.

En France on ne connaît pas trop la scène suisse, pourtant elle semble très active, pouvez vous nous en toucher quelques mots ?

Cedric :  En Suisse nous avons eu nos gloires. Des groupes comme les Zurichois de ‘Krokus’ qui ont vendu plus de 10 millions d’albums dans le monde et qui remplissaient des stades aux USA mais ça c’était dans les années 80. Ensuite nous avons eu dans les années 90 ‘Coroner’, aussi de Zurich, qui ont fait plusieurs tournée aux USA avec ‘Sacred Reich’. Nous avons aussi chez les Romands, les ‘Young Gods’ de Fribourg et ‘Gothard’ du Tessin. En 2000 les bâlois de ‘Love Bugs’ qui tournent partout en Europe. Voilà ça c’est les plus connus et y en a plein d’autres encore, mais le problème de la Suisse c’est que nous n'avons aucune structure qui aide les groupes à vivre de leur musique. La plupart du temps les musiciens sont livrés à eux même et sont quasi obligé de sortir du pays pour pouvoir vivre de leurs instruments.

Merci à vous pour ce petit entretien, à très bientôt et je vous laisse le mot de fin :

Emster : "Parler de la musique, c’est comme danser de l’architecture". Je sais plus quel musicien l'a dit mais J’AIME !!!!. Merci pour la chouette interview.

Cedric : Tout d’abord merci à toi pour ton interview et nous espérons très vite revenir dans votre pays pour y rejouez.

 

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  • : Après avoir été Directeur d'antenne adjoint sur NOIZY RADIO et animateur de l'émission CONTRE CULTURE diffusée chaque semaine sur : NOIZY, ZERADIO, ROCKONE, ROCK EN FOLIE, Equinoxe Namur, R2M, Clin d'Oeil FM, c'est désormais sur la MARCHE que j'écris avec le site https://culturemarche.com/
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