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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 23:59

Austyn-Je-Tabou-Promo-07.jpgLyonnais d'adoption, Austyn a sorti en septembre un premier Ep de grand cru qui nous laisse un goût amer, tant on voudrait en entendre plus. Mais soyons patients, laissons mijoter. Austyn a de quoi se faire un nom sur la scène française, c'est pourquoi nous le retrouvons ici même, histoire de mieux connaître l'artiste.

Bonjour Austyn, tu es auteur, compositeur et interprète et tu viens de sortir ton premier Ep. Avant cela une expérience au sein d'un groupe, le groupe Enema, qui a connu le succès, rapidement avant de se séparer aussi, rapidement. Peux t'on revenir sur cette expérience ?

En fait Enema était une parenthèse qui n’a aucun lien avec mon projet actuel. Je n’ai pas cherché à y inclure mes compositions plus personnelles que je gardais en parallèle. J’en garde le souvenir d’une belle aventure qui m’a fait découvrir la scène, malgré les différents humains et artistiques avec certains membres qui ont clos cette même parenthèse. C’est déjà très loin !

Depuis combien de temps écris-tu des chansons ?

L’écriture est arrivée après un tournant bien précis de ma vie, dans "les années collège", sans prétention, comme une thérapie. J’étais déjà mordu de musique et avais quelques notions de guitare, alors j’essayais d’habiller mes mots. Je n’ai presque rien gardé de cette époque. J’ai mis des années à vouloir en garder une et d’autres à vouloir les mettre en avant avec l’arrivée de Myspace et compagnie.

En 2008, tu as rencontré la chanteuse Robert qui t'as proposé de collaborer pour son album "Sourde et aveugle". Peux-tu nous expliquer comment cela est arrivé. Et ce que cela a représenté pour toi

 C’est arrivé presque par hasard ! J’avais découvert Robert par un live diffusé à la télévision et partagé mes impressions avec une de ses fans qui venait régulièrement me voir en concert. Elle a pris l’initiative de lui écrire pour nous présenter. Robert à répondu, nous nous sommes rencontrés et elle m’a proposé de composer un duo pour son prochain album. Une belle opportunité, j’étais dans la découverte ; les premiers arrangements, premier clip et puis la Cigale !


Est ce que cette expérience t'as boosté pour enregistrer "Je Tabou" ?

Beaucoup d’événements sont intervenus entre temps, en particulier la rencontre, justement le soir du concert à la Cigale, avec mon arrangeur Yann Cortella. Le feeling est tout de suite passé et il a su user de son talent pour porter les morceaux que j’apportais brut. La présence du guitariste Fred Fuchs à été aussi déterminante sur le projet. On a d’abord pris nos repères sur un premier single "La main sur les yeux", avant d’aborder L’E.p avec la même équipe.

Que signifie ce titre d'ailleurs, Je Tabou ?

"Je Tabou" est un dérivé du "Je t’aime" ; Destructeur, incisif, dans un petit jeu de provocation. C’est une expression qui contourne aussi le verbe "aimer" toujours délicat à utiliser.

Ce premier Ep regroupe 4 compositions, bien différentes les unes des autres. Quel est ton ambition avec celui-ci ?

J’avais très envie de présenter de nouveaux titres et la rencontre avec Cécilia H qui partage "L’amour civière" avec moi sur l’E.p. Un partage qui me tient très à cœur, j’ai été plus que séduit par son univers et c’est également une très belle rencontre sur le plan humain. C’était aussi important d’avoir des chansons sur un support physique. "Je Tabou" est donc destiné à me présenter auprès du public, mais aussi à avoir un vrai support pour démarcher auprès des professionnels.

austyn-6920119488miniA l'écoute de tes chansons j'ai pensé à Miossec, Gainsbourg....Un titre comme Melody Censored est d'ailleurs aussi accrocheur qu'un Melody Nelson. Ces artistes sont t'ils vraiment des références pour toi ?

Inconsciemment, forcément ! Ils font parti de ceux qui m’ont donné envie de faire de la musique. Ce sont des artistes complets et intemporels que j’admire à peu près pour quarante-huit raisons. Il y en aurait d’autres à citer...

J'ai l'impression que tu attaches beaucoup d'importance aux mots, voire aux jeux de mots...Je me trompe ?

Je les mets en tout cas au premier plan, même si la plupart du temps j’écris avec une mélodie en tête. Ca doit être un acte spontané, j’essai de dire ce que j’ai sur le cœur de façon esthétique sans chercher à "remplir les cases". Je suis assez adepte des métaphores, peut-être aussi parce que je ne me comprends pas toujours … Au final d’autres retrouvent leur propre histoire dans cette part de flou.

Difficile de sortir du lot, de tous ces groupes et artistes présents sur la toile. Comment...., en quoi, Austyn peut t-il se démarquer ?

C’est toujours difficile de se définir soi-même, j’essaie juste de rester fidèle à mes convictions et à mon fil conducteur. Mais quand je vois une partie de la "nouvelle scène" je n’ai pas honte d’espérer me démarquer.

Austyn-Je-Tabou-Promo-Duo-01.jpgTu es actuellement en train de préparer un clip. De quel extrait s'agit t-il ? Et où en est t'il ?

Tu es bien renseigné, j’ai effectivement fait part de ce projet entre deux lignes "Facebookiennes". Les idées sont là, les moyens se mettent en place progressivement. Sur quel titre ? Je garde la surprise !

Tu es basé sur Lyon depuis quelques années déjà. Est ce une ville d'artistes ? Est ce une ville qui inspire ?

Une ville d’artistes sûrement, on en rencontre souvent. De la rue aux scènes, il y a toujours une oreille à prêter. Lyon inspire, certainement au même titre qu’une autre ville à son natif. Elle a son histoire, sa couleur. Je ne l’ai personnellement jamais utilisée.

Au niveau concerts, où pourrons nous te voir prochainement ?

La prochaine date sera pour le festival G. Brassens, ce vendredi 4 à Lyon. Je prépare surtout les scènes pour 2012.

Merci à toi, je te laisse le mot de la fin....:

"Jeanne d’arc n’as pas sauvé la France en étant guerrière, mais en étant combustible" (F. Dard).

Austyn Je Tabou Promo 02
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Published by Guillaume Joubert - dans INTERVIEWS
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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 16:49

absurdity.jpgEn mars dernier les strasbourgeois d'Absurdity sortaient leur premier album,  D:\Evolution sur le label Urban Death Records. On les retrouve aujourd'hui à 2 jours de la sortie de cet album sur le sol européen, mais aussi au Japon, pour un entretien, histoire d'en savoir un peu plus sur ce groupe, prêt à l'export.  

Bonjour Absurdity ! Après plusieurs changements de Line-up, vous voilà renforcé par une certaine stabilité, dont la conséquence est ce premier album sorti en mars 2011 après 10 ans de service. Pouvez vous nous résumer un peu ces 10 premières années du groupe ?

Salut Guillaume. Eh bien oui, je suis content de pouvoir dire que nous avons (enfin !) un line-up stable dans le groupe. Mais, s’il est vrai que sous le nom ABSURDITY les premières traces remontent en 2002, nous avons tendance à dire que cela ne fait que 4 ans que nous existons sous cette forme, depuis l’arrivée de Ric au chant en fait. Nous avons débuté comme tout le monde, par faire de petits concerts, en n’hésitant pas à aller loin parfois…puis on a eu des opportunités de plus en plus intéressantes, nous avons pu jouer sur certains festivals majeurs (MHM en Ukraine, LEZ’ARTS ou DIRTY8 FEST en France,…), et l’enregistrement de 2 EP, nous a permis de nous faire remarquer par Urban Death Records. Enfin cette année, un premier album, qui sortira dans toute l’Europe 6 mois après la France, chez Ultimhate Records. Voila pour le parcours !

Le nom du groupe est t-il une référence aux absurdités de notre monde ou à la complexité de votre musique ?

Haha, non, ce n’est pas en rapport avec la musique…nous n’avons d’ailleurs pas le sentiment de jouer une musique "complexe". C’est plutôt un état d’esprit, une constatation de l’Absurdité du comportement humain, si égoïste et autodestructeur, qui nous fait nous interroger sur les motivations profondes de nos frères humains. C’est cette conduite irresponsable et suicidaire qui nous pousse à continuer à écrire des textes sur ce sujet. Encore une fois, nous laissons le soin à d’autres groupes, qui le font très bien, de parler de gore, de politique ou de pipi-caca, ce n’est simplement pas notre crédo. Quand au nom, il est tiré de la phrase "The Absurd way of Life" du mythe de Sisyphe d’Albert Camus, histoire de dire qu’on n’est pas QUE des incultes.

Vous avez acquis une expérience scénique importante, et vous avez d'ailleurs toujours privilégié la scène. La sortie d'un premier album était t'elle obligatoire à ce stade du groupe ?

Notre motivation première à toujours été les concerts. Nous avons un beau paquet de dates à notre actif, et c’est toujours ce qui nous à le plus motivé…tracer la route, aller voir du pays, rencontrer des gens, et transpirer sur de nouvelles planches à chaque fois… Nous avons eu une année riche en concerts depuis la sortie de l’album en mars dernier, avec plusieurs tournées dans la foulée. C’est une expérience irremplaçable, mais en effet, à un moment ou à un autre, il à bien fallu coucher sur une galette toute la fougue qui nous anime en live. Comme le groupe ne disposait pas encore de "véritable" enregistrement, j’entends par là quelque chose de massif qui rend justice aux compos, nous avons pris cette décision d’aller enregistrer un album complet cette année. 

Quelques mots sur ce titre D/Evolution..? Qu'est ce qu'ilsignifie ?

D:\Evolution reste dans la lignée de ce thème qui nous est cher, mais tourné sur le rapport humain/Machine…Une sorte de constat : nous avons de plus en plus de technologies, de moyens de communication, d’ordinateurs…Malgré tout, l’humanité n’a jamais été autant divisée. C’est un peu cette peur de l’Intelligence Artificielle, des super-ordinateurs, des caméras de surveillance un peu partout, bref, cette accumulation de technologies qui nous fait flipper que nous avons essayé de retranscrire en musique. Par les textes et l’Artwork bien sûr, mais également par le côté indus de la musique. D:\Evolution parle de la lobotomisation de masse par les médias et la course à la consommation, et se pose en observateur de la société contemporaine, enfermée sur elle-même. Au lieu d’ "évoluer", nous avons le sentiment de régresser en tant qu’espèce, une sorte de Dé-evolution donc…

Comment avez-vous composé cet album ? Est ce le fruit d'un gros travail sur un court laps de temps ou le fruit d'une accumulation de morceaux composés sur vos 10 années d'expérience ?

Mmm. Un peu des deux, il y a 2 titres que nous avions "en stock", et qui semblaient parfaitement correspondre à l’esprit de l’album. Nous les avons donc enregistrés, puisqu’ils avaient également l’avantage d’avoir été joués bien des fois, ce qui est plus facile en studio après. Pour le reste, tout vient d’une seule traite, lorsque nous avons commencé à parler d’un album, du thème, etc.…donc 80% des titres ont été réalisés sur une relativement courte période, entre 2009 et 2011. Entrecoupé de nombreux concerts et projets parallèles, cela nous à semblé court en tout cas.

absurd.jpgL'album sort sur un label dont vous êtes le seul représentant à ce jour. Comment s'est passé cette collaboration et pourquoi avoir fait confiance à Urban Death Records ?

C’est l’avantage d’avoir un management basé sur Strasbourg. Nous connaissions déjà Erik, qui bosse pour le label, c’est donc tout naturellement que nous avons décidé de signer avec eux quand il nous l’a proposé. Le fait de se connaitre et de se faire confiance à joué énormément. Et c’est vraiment une histoire de confiance, puisque nous sommes leur première signature : ils prennent donc des risques avec nous, au même titre que nous avec eux. Le fait d’être pour le moment, les seuls sous cette étiquette, plutôt que noyé dans un roster de 50 groupes permet au staff de bien nous chouchouter. Pour le moment, la collaboration se passe bien, nous avons grâce à eux, pu jouer sur de gros festivals, et nous avons pu salarier notre ingé son, nous nous sommes retrouvés dans la presse nationale, en radio, sur les webzines…et nous sommes ravis de notre Tourmanager également !

Vous vous présentez comme un groupe qui traite notamment de la pollution, de la pauvreté sociale ou simplement de la misère humaine, avec des paroles influencées par des auteurs comme Albert Camus, Franz Kafka et Georges Orwell. Dans le même temps, vous dites (je l'ai lu dans une interview), que vous êtes apolitiques. Pourquoi dénoncer des faits de société et dans le même temps dire que vous êtes apolitiques ? Etes-vous vraiment apolitiques ?

Héhé... La démarche du groupe se veut apolitique, puisque nous ne sommes ni de gauche, ni de droite, ni même au milieu de quoi que ce soit. Simplement, nous ne "dénonçons" pas les dérives du monde moderne, nous nous positionnons juste en tant qu’observateurs. Il ne nous appartient pas de faire la morale " ne faites pas ça, c’est mal", ou "faites plutôt comme ça", chacun est libre de ses actions et de son karma. Nous constatons : voilà le monde va mal, c’est un fait, on le raconte dans nos chansons. Faites en ce que vous voulez. Maintenant, tu n’as pas tort de dire que c’est une forme d’engagement politique, mais c’est involontaire….

L'album sort en Europe et au Japon. Qu'attendez vous de cette sortie ?

C’est un peu nouveau pour nous …Le fait de se dire que l’album va être distribué dans tous ces pays est un peu fou. Ce que nous en attendons ? Pouvoir rebondir sur le fait que le groupe soit disponible dans les bacs en Europe pour pouvoir tourner encore plus ! Je t’avoue que les ventes à proprement parler, ce n’est pas ce qui nous intéresse. En revanche, si cela permet aux gens de nous découvrir ailleurs, et de venir nous voir en concert quand nous sommes de passage, c’est gagné. Nous avons pour le moment d’excellents retours pour les quelques pays ou la promo a commencé, notamment en Allemagne, où la presse nous soutient beaucoup. Nous verrons bien !

Les pays de l'Est comme la République T'chèque et la Hongrie sont très ouverts et très dynamiques en matière de metal. Comment expliquez-vous cela ?

 Eh bien, on ne sait pas vraiment…C’est vrai que nous avons toujours eu des accueils magnifiques à l’étranger, et en particulier dans les pays de l’Est, les gens se lâchent vraiment lors des concerts, il y a une ambiance particulière. Après, chaque territoire est différent, le public slovène par exemple ne réagit pas de la même façon que les allemands, etc….Maintenant, il ne faut pas dénigrer la France, même s’il est vrai que l’abondance des évènements, des groupes ou des concerts, a tendance à essouffler le public français, qui ne sait plus trop que choisir. Je pense que pour l’Europe de l’Est, c’est dû au fait qu’il y a moins de choix, localement j’entends. Et le fait qu’ils ont aussi vraiment des groupes de qualité, très professionnels dans leur démarche.

Vous êtes considéré aujourd'hui comme les portes paroles du Deathcore français. Comment gérez vous cette pression supplémentaire ?

Ravis de l’apprendre ! Mais même si tu as raison, il n’y a rien à gérer : nous jouons notre musique de la même façon que ce soit sur album, dans un petit club ou sur la scène d’un gros festival. Du coup, on ne ressent pas du tout cette forme de pression. Il est vrai que c’est un peu plus intimidant d’arriver dans une ville où les gens connaissent l’album, ou viennent avec les t-shirts du groupe, ça oblige à être un peu plus concentré, si les gens connaissent les morceaux, plus le droit aux approximations.

Votre nouveau clip vient de sortir. Aujourd'hui avec internet,  l'image semble avoir autant d'importance que la musique. Le

regrettez-vous ?

Notre premier clip ! Nous avions discuté avec la production d’avoir un support vidéo pour la sortie de l’album, et nous en sommes très satisfait, grâce notamment au travail formidable de Guillaume Beck, le réalisateur. Il est évidemment très important d’attacher une attention particulière à l’imagerie d’un artiste, je ne pense pas là qu’il y ait matière à regretter quoi que ce soit. L’image et le son sont deux choses complémentaires, et pas antinomiques, faites pour travailler ensemble pour véhiculer le message du groupe. Tant que ce n’est pas au détriment de la qualité des compositions, tout va bien !

Un mot sur le metal en France ?

Aha, la question obligatoire ! Je dirai que notre scène nationale se porte très bien, je ne m’étendrais pas sur nos héros GOJIRA qui en sont les porte-paroles dans le monde, mais encourage les gens à s’intéresser à leur scène locale : nous avons des groupes de qualité en France, allez les soutenir en concert ! Encore une fois, nous n’avons pas plus à rougir du metal français, quand on voit la qualité et le professionnalisme des groupes, citons bien sur, LOUDBLAST ou BLACK BOMB A, et profitons en pour faire un petit coucou aux copains de DAGOBA, BENIGHTED, DESTINITY, et tous les groupes avec qui nous avons pu partager l’affiche à l’occasion ! Sans oublier les tueurs de notre région, INHUMATE, S-CORE, ARKELION, et consorts !

Chanter en français....Est ce envisageable ?

Rien n’est impossible, mais uniquement le jour où cela signifiera quelque chose, et apportera un truc sur un titre.

abs.jpgLe groupe se distingue avec l'apport de sonorités electro. Y'a t'il pour ambition de créer un style propre à Absurdity ?

Oui, évidemment ! Nous avons toujours voulu nous éloigner des sentiers battus, et même si cela ne plaît pas à tout le monde, les parties électro, samples ou drum&bass sont parties intégrantes de notre son. De plus, cela renforce le côté martial et hyper-carré de la musique, c’est l’effet recherché. Ceci dit, nous ne sommes pas les seuls à utiliser ce genre de choses !

Absurdity dans 10 ans ? Vous le voyez comment ?

Toujours en galère ! Mais toujours pas lassé de faire des concerts, et de partager notre musique avec qui veut bien l’entendre ! Sans rire, nous ne nous attendons certainement pas à vivre uniquement de la musique, il faut savoir garder les pieds sur terre, il n’y a qu’un GOJIRA par décennie. On espère être toujours là, et avoir toujours du monde qui nous suit, simplement.

Je vous remercie et vous laisse le mot de la fin.

Merci infiniment à toi Guillaume pour cette interview, et pour le temps et le soutient que tu nous apporte. Longue vie à Contre-Culture !

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 18:44

299835 206083102796455 100001843018954 523097 2097133835 nSitué à Saint Martin de Lestra, au coeur des Monts du Lyonnais, la Taverne Saint Martinoise, appelé aussi La Maison du Rock est tenu par Mickael Chosson. Passionné de rock et plus particulièrement du rock indépendant, il reçoit régulièrement des groupes de la région, mais pas seulement. Voici un petit entretien, histoire de mieux connaître ce passionné.

Tu es le propriétaire de la Taverne Saint Martinoise appelé aussi La Maison du Rock. En es tu le fondateur, ou l'établissement existait t'il auparavant ? Et depuis quand gères tu cet établissement ?

Oui fondateur et propriétaire mais j’avoue que ça n’a pas été simple. Effectivement cet établissement existait auparavant mais c’était juste un bar de village qui comptait ses heures de survie, c’est en mars 2006 que j’ai repris l’histoire et mis en place l’activité de concerts.

Est ce que c'était un rêve d'avoir ton propre bar à concerts ? Qu'est ce qui a déclenché ça en toi ?

Ce n’était pas un rêve, mais un amour de la guitare et de la musique rock qui a fait que j’en suis là. Avant de reprendre l’affaire, j’étais dans un groupe, et il a fallu prendre la décision d’arrêter. Du coup quelque chose me manquait. On peut dire que je me suis mis a vivre mon amour de la musique par procuration en accueillant des groupes à la maison et depuis ce jour les concerts s’enchainent à la maison du rock..

Pourquoi s'être installé à St Martin de lestra, un endroit très reculé dans les montagnes. C'est un choix, une envie de nature ?

Parce que je suis "un enfant du pays" comme on dit ici. En fait c’est surtout pour revenir aux sources car j’ai énormément bourlingué un peu de partout, j’ai senti le moment de me poser et, quoi de plus naturel que de le faire dans son village natal.

301682_177943288943770_100001843018954_430593_4034228_n.jpgTu n'as pas qu'un Bar concerts, tu as aussi monté une asso je crois ?

Ce n’est pas une asso, c’est une seconde entreprise : M.D.R. PROD, à taille très humaine qui est faite pour soutenir les groupes et musiciens de la région en leurs proposant diverses choses comme un local de répétition, un studio d’enregistrement, du matériel, des conseils… certains appellent cela : "résidence".

Comment se passent les relations avec le voisinage ? Et comment ce sont passés les débuts. Est ce que le fait de proposer des concerts rock à St Martin de Lestra a t'il été bien accueilli ?

Nous nous respectons évidemment, comme je te l’ai dit, je suis du pays (rires). Le plus difficile au début, à été de faire connaitre le bar à concert au-delà des frontières communales. Cela a été très bien accueilli car j’ai la chance d’avoir énormément de musiciens sur la localité, et d’avoir un vrai public rock. Etant le seul à le faire dans un rayon de 30 kms l’activité s’est installée.

205997 177935392277893 100001843018954 430574 1968105 nTu es toi même musicien, qu’écoutais-tu adolescent ?

Oui je suis un pseudo guitariste, quand j’entends tout les bons gratteux qui passent à la maison. Pour ce qui est de mon adolescence musicale, mes influences sont variées, ça va des Béru, OTH, les Garçons Bouchers, Noir Désir, Anthrax, Black Sabbath, Metallica, Iron  Maïden …

Je suppose que cela t'apporte beaucoup de satisfactions, entre la rencontre avec les groupes jusqu'à leur réception au sein de ton établissement. Quel est le plus important ?

Tout est très important pour moi, de la démarche, de la rencontre, à l’accueil du groupe. Je suis quelqu’un qui marche au relationnel, et à l’humain. Et oui, quand tout est réuni, c’est une énorme satisfaction et c’est ici que j’ai fait les plus belles rencontres.

Est ce qu'il t'arrive d'être déçu ? Que ce soit dans l'approche des groupes ou leur prestation ?

Oui j’ai déjà été déçu, mais pas par leurs prestations, plutôt par leur état d’esprit. Il faut savoir que la musique est la dernière chose qui nous reste à peu près d’universel dans l’échange.

Tu défends le rock, qu'est ce qu'il représente pour toi ?

Oui, mais le rock indépendant est le moyen d’expression des gens qui ont une réflexion sur le monde qui les entoure, d’exprimer ce qu’ils ressentent en retranscrivant leurs sentiments dans leurs musiques.

299270 202075706530528 100001843018954 510140 1584023700 nAu risque d'en décevoir peut être quelques uns quels sont à ce jour, les 5 groupes qui t'ont le plus marqué ?

Almonds’drive, Cause, Rémo, Uncolored Wishes, Salut les Anges.

 

Quel est ou quels sont tes plus beaux souvenirs ?

La 1ère rencontre avec ces 5 groupes.

Je suppose que toutes ces années ont vu aussi leur lots de galères ? Qu'elles sont celles qui te viennent à l'esprit ?

Oui, la peur à plusieurs reprise que le groupe arrive pas, la désertification de mon 1er festival plein air dû au temps, un groupe qui se casse en pleine soirée où j’ai dû sortir la gratte pour finir la soirée….(rires).

Peux tu nous chiffrer au jour d'aujourd'hui, le nombre de groupes qui se sont produit chez toi ?

En tout pas loin d’une soixantaine.

Qu'est ce qui fait qu'un groupe peut jouer chez toi ? C'est au feeling, au style ,ou tout groupe peut jouer ?

Comme je l'ai déjà dit, c’est avant tout le feeling, et l’humain qui se dégage du groupe car la priorité pour moi est le partage : le groupe et le public, et moi-même. Après je suis plus rock indépendant avec textes à l’appui pour l’intensité du message, de la musique. Je suis aussi un amoureux de la guitare en général donc cela arrive que je programme d’autres styles, et même des groupes qui font de la reprise mais ils faut qu’ils le fassent à leur sauce ( les BTR par exemple).

Depuis tes débuts à aujourd'hui, peux tu nous dire ce qui a changé au niveau de la musique et principalement du rock, et comment tu vois l'avenir des cafés concerts ?

Je vois déjà mon avenir, pour le reste...

Que dirais tu d'ailleurs à quelqu'un qui veut se lancer dans le café concert ?

Il faut avoir de l’âme, une réelle envie.

260412 153190941419005 100001843018954 344075 2469996 nTu reçois prochainement un groupe qui te tient à coeur avec des musiciens qui étaient présents au sein d'un groupe très renommé sur la scène rock française des années 80. J'aimerai que tu en dises quelques mots.

Motch ,et Spi (ex OTH) ont bercé mon adolescence, d’avoir rencontré SALUT LES ANGES, c’est un accomplissement . Le groupe se produira le 25 novembre prochain chez moi.

Je te remercie.......et te laisse donc le mot de la fin.

Merci d’avoir attacher un peu d’importance à "La Maison du Rock". Viens boire un coup quand tu veux.

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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 21:42

VEGAS_SHOOTING_SELECTION_1.jpg

Groupe en pleine ascension après la sortie de leur deuxième album 'An Hour With' en février dernier, les membres de Vegas reviennent tout juste des Francofolies de Spa, où ils ont défendu avec succès leurs nouvelles compositions. C'est l'un des fondateurs du groupe, le guitariste Sébastien Gérard, qui s'est plié au jeu de l'interview

Interview présente sur Rocknfrance : http://www.rocknfrance.fr/i15291i-interview-de-vegas

C'est en 2005 que Vegas donne son premier concert. Peut-on revenir sur l'origine du groupe ?

Vegas, formé par Fox et moi-même (Seb, guitariste) en 2004, notre but était de composer notre propre répertoire. Nous étions lassés de nos groupes de cover. On a recruté Julien et Al pour terminer la formation du quatuor. C’est la formule qu’on voulait dès la départ, à 4, secondé par un ordinateur en guise de clavier.

Pourquoi ce nom, Vegas ? Y a t-il un rapport avec Las Vegas et le monde du jeu ?

On dit généralement que c’est la ville où tout est possible. Alors pourquoi ne pas y tenter notre chance à notre manière… Plus largement, c’est l’aspect efficace du nom qui nous a séduit. On est pas contre un poker à l’amicale mais ne crois pas qu’on écume les casinos de la planète.

Au sein du groupe on note des influences partagées allant du rock au hip hop. Comment avez-vous trouvez le son, le style Vegas du départ ?

Il a fallut beaucoup tâtonner pour trouver notre optique. On ne voulait pas tomber dans le "piège" de la new-wave qui nous avait vu naître. Il nous fallait un son actuel. Al, après de nombreuses expériences dans divers crew et en solo , voulait approcher l’anglais et la pop pour plus de fluidité. Nos origines différentes sont notre force et notre son notre objectif commun. Nous sommes et serons toujours en chemin quelque part.

A ce jour, deux albums, dont "An Hour With" sorti en début d'année 2011. Une certaine évolution a été notée sur ce dernier, avec notamment une bonne présence de sonorités électro. Comment définissez-vous le style Vegas, qui mélange de nombreuses influences ?

Il est évident que, dans le dernier album, l’électronique est devenue un cinquième membre et non plus un soutien. On assume pleinement cet aspect de notre son. Mais comme nous le disions précédemment, nous avons trouvé un son plutôt qu’un style. Notre style est d’évoluer dans notre univers. Comme celui-ci fluctue selon nos humeurs, il est impossible à définir. C’est un choix et une certaine liberté. Il peut être rock, electro, ambiant ou même les trois à la fois. Pour faire simple, je dirais donc que l’on joue du rock pop. Du rock dans toute sa diversité mais toujours avec cette démarche mélodique.

VEGAS_SHOOTING_SELECTION_2.jpg

L'album est percutant, dansant. Y a t-il une envie de rapprocher le rock des dancefloors ?

On joue le son qu’on aime et on veut le diffuser le plus largement possible. Festivals, salles de concerts, dance-hall,… Tant que la foule est là, on répondra présent. Nous ne sommes fermés à aucun univers prêt à nous ouvrir les bras… Qui a dit que le rock devait rester cloisonné dans un garage ?

En tant que français si je vous dis que la Belgique est un pays qui bouge beaucoup en matière de musique et de rock notamment, qu'avez-vous a dire à ce sujet et quel image avez-vous de la France ?

La France ? Heuuu…, Téléphone ? .. Sérieusement, la France est un pays de tradition et les artistes de vos frontières les ont largement dépassées. Cependant, vos traditions sont principalement liées à la langue française. De part notre multilinguisme, c’est naturellement que nous nous sommes tournés vers les sons anglo-saxons,… Ce qui a facilité l’ouverture des mentalités à ces sonorités nouvelles. Notre pays étant tout petit, il était évident qu’il fallait se nourrir du monde extérieur. Avec une personnalité propre, le belge à digéré, pour exprimer à sa manière les choses qu’il vit et qui l’entourent. Cette tradition artistique est pour moi la raison de la diversité et de la détermination à promouvoir la culture en général, en Belgique. Par contre, lors de nos concerts en France, j’ai toujours été impressionné par le sérieux et la qualité de l’accueil et des infrastructures mises à disposition dans vos villes. Chez nous, il est plus courant de croiser des équipes de bénévoles qui se donnent corps et âme pour faire vivre un évènement, comptant sur leurs propres forces.

Vous avez récemment participé aux Franco de Spa, c'est un rendez-vous incontournable pour un groupe belge. Y a t-il une appréhension particulière à s'y produire ?

L’appréhension est commune à tout concert, faire encore mieux que son maximum. Ca peut paraître bateau mais c’est ce qui nous pousse à bosser plus encore. Toujours être plus précis, plus en place.. Tout donner, quoi… Maintenant, il est évident que sur un évènement comme les Francos, nous nous savons attendus par la presse et le public, on ne veut décevoir personne… à commencer par nous même.. C’est aussi l’occasion de rencontrer un maximum de professionnels sur un espace réduit mais une bonne rencontre peut très bien se produire lors d un terrible festival perdu dans les champs.. Le plaisir et les opportunités sont à saisir partout ..

La réussite est là, l'album a figuré parmi les meilleurs ventes d'albums belges en Belgique. Quelle est aujourd'hui votre ambition ?

Comme disait l’autre, "Toujours plus loin, toujours plus haut" (rires)… On est super content des retombées de notre second album, c’est très motivant. On a eu un très bon accueil, tant par le public que par les principales radios nationales. Il reste maintenant à attaquer l’international. On espère toujours plus de dates et élargir nos horizons. On rêve de grosses scènes, de voyages de rencontres… il y a encore tellement de choses à faire. On bosse pour se donner les moyens de croire en nos ambitions.

POCHETTE_AN_HOUR_WITH.jpg

J'aimerai aborder votre travail de compositions, qui fait quoi au sein du groupe ?

Pour faire simple, on ne jamme quasiment jamais. Pas qu’on n'aime pas ça, mais ce n’est pas notre mode de travail pour Vegas. On bosse dans notre coin, chacun sur son pc ou son deck k7. On enregistre ce qui nous plait. Parfois on se voit par 2 ou 3 pour bidouiller un son ou poser une gratte, une batterie…On s’envoie des mp3 pour avoir des avis. De cette manière, quand on  présente une idée de compo aux autres, ils ont directement une version plus ou moins aboutie du morceau. Après, chacun y met sa touche ou parfois, le morceau passe à la trappe. Ca permet de pouvoir être assez productif et de pouvoir bosser efficacement en répétition. C’est même assez agréable comme sensation, je trouve. Tu chipotes un morceau, l’envoie aux autres qui bloquent la structure. Et quand tu arrives à la répète, le morceau swing déjà alors qu’il n’existe même pas encore.

Qu'est-ce qui vous inspire dans vos textes ? De quoi parlez-vous d'ailleurs ?

C’est Al qui écrit tous les textes. Il s’inspire généralement de faits de vie, de choses qui le touchent, lui ou ses amis proches. D’un ressenti vis-à-vis de situations rencontrées. Il n’est pas du genre à s’étendre sur des problèmes politiques ou sociaux. Il chante son feeling, ses humeurs, sa vision de la vie. Souvent il met en image ses pensées et si c’est une idée, généralement, elle prend les traits d’une fille.

 

Vegas - Better days from Vegas on Vimeo. 

Le chant est en anglais, est-ce un plus dans un pays comme la Belgique, qui a plusieurs langues ?

En Belgique comme dans tous les pays du monde, les gens écoutent des chansons en anglais. Cette langue à un rayon de diffusion incroyable et c’est tant mieux.

Etes-vous attachés à l'histoire du rock ?

Le rock ça se vit tous les jours. Ca te forge et te fait grandir. Il nous à toujours accompagné et nous accompagnera toujours. C’est important de savoir d’où on vient et comme dans toute philosophie ou idéologie, il y a des grands noms qui ont marqué l’évolution. Les chefs d’œuvres et les erreurs de nos ainés sont leur cadeau pour toutes les générations à venir…

La Belgique est marqué par des artistes comme Jacques Brel, grande figure de la chanson française, Vegas en français, est ce possible ?

Non. L’anglais est un choix délibéré pour la musicalité. De plus , Alix venant du rap, il avait vraiment envie de trancher vis-à-vis de notre langue natale.

Allez-vous vous produire en France prochainement, si non, recherchez-vous des dates ?

Pas encore de projets concrets pour la France, peut-être quelque chose sur le feu au niveau de notre bookeuse.. Mais je n’en sais pas plus. Donc, nous sommes tout prêt à vous visiter.. invitez nous, on viendra et vous ne le regretterez pas, on est sympa… (rires). Nous sommes bien sûr toujours avides de dates. Même si notre agenda se remplit petit à petit. Nous sommes boulimiques de scènes… Gimme more and more..

Avec quels groupes ou artistes belges avez-vous le plus d'affinité ?

On a croisé pas mal de groupes durant nos dernières dates et généralement ca se passe bien. C’est toujours l’occasion de mettre un visage sur certains noms et de boire un verre backstage. Je pourrais donc en citer plusieurs…Alors autant n’en citer aucun (rires)...

Savez-vous aujourd'hui qu'elle va être l'évolution du groupe pour un prochain album ?

On a trouvé un certain équilibre entre nos sons organiques et électroniques. On va continuer dans cette voie.. Sauf si la marée change ou qu’un oiseau siffle sous un cèdre. On n’est jamais à l’abri de rien….

Et dans les jours à venir, c'est vacances ou concerts ?

Après le Rising festival, on à 15 jours off.. On va en profiter pour glander un peu.. Faire des fêtes, se retrouver autour d’un verre et peut-être d’un pc.. Passer une nuit blanche ou l’autre une guitare à la main..

Merci à vous, je vous laisse le mot de la fin :

Vegas déferle sur la France…. Keep on Rocking… !!!

Site officiel : http://www.vegasmusic.be/

Myspace : http://www.myspace.com/vegasbe

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Published by Guillaume Joubert - dans INTERVIEWS
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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 18:21

KIEMSA-MUSICIAN-1-MARTIN-SINGERAprès 11 années au service du rock le groupe Kiemsa a décidé de tourner une page et c'est en pleine tournée d'adieu, que l'on retrouve son chanteur Martin. Ce dernier nous explique ce choix et revient notamment sur le parcours du groupe, dont le dernier album studio intitulé "Délices", restera à l'image de ces purs moments de plaisirs, que le groupe partage encore aujourd'hui avec ses fans....  

Salut Martin, merci de m'accorder cet entretien en pleine tournée, comment te portes-tu ?

Salut Guillaume et tous les lecteurs de Contre Culture Info ! Ca va bien, merci, en pleine tournée donc, bonne fatigue et excitation !

Cette tournée est un peu particulière. Elle est annoncée comme votre tournée d'adieu, dis moi c'est pas un plan médiatique ?

Ah ! Si seulement c'était ça ! Ce serait pratique, les majors nous auraient sautés dessus en nous suppliant de continuer avec un sac de dollars ! Non, sans déconner, c'est une volonté commune de ne pas dénaturer Kiemsa, de ne pas descendre, de ne pas mentir sur scène.

En mai 2009 sortait le 3ème album du groupe Kiemsa, "Délices", et deux ans après le groupe annonce donc sa fin, pourtant en décembre 2009, lors de notre premier entretien tu disais : "on aimerait bien composer un peu cette année pour avoir 1 ou 2 inédits pour un CD/DVD LIVE et pourquoi pas enchainer sur un nouvel album". Imaginais-tu la fin du groupe à cette époque là, alors que "Délices" vous ouvrait l'appétit des concerts ? Qu'est ce qui a déclenché cette envie d'arrêter ?

A cette époque on avait encore plein de choses à dire, on était motivé à 1000%. L'expérience de "Délices" après plus de 2 ans de tournée à été intense ! On imaginait pas arrêter non bien sûr. Mais ensuite Romain (le bassiste d'origine et membre fondateur de Kiemsa) a décidé de partir, ensuite, ça n'allait plus avec d'autres membres du groupe, période pas simple ! Logiquement, ça a déclenché une grosse remise en question de tout le monde, que faire ? Continuer ? Arrêter et faire autre chose ? Normal quoi. La réfléxion à été saine et salvatrice puisque plutôt que de se déchirer et d'arrêter violemment (comme beaucoup TROP de groupes !) on s'est dit : "Ok, et si on arrêtait dans un an ?" Voici la principale raison, et aussi le fait de mourir jeune, de ne laisser que de bons souvenirs, de ne pas descendre et devenir moins fous, voir plus fous du tout sur scène, rester sur cette sortie de "Délices" et cette tournée folle, la plus belle de notre vie parce que la plus facile d'un coté et la moins facile de l'autre. La vie, la vraie !

Est ce que cela signifie que la musique n'est pas compatible avec une vie....disons, rangée ?

Pas forçément... Pour certains non car pas du tout intéressante au niveau financier, pour d'autres non, la passion l'emporte, peu importe les galères et les doutes, on y va, tout à fond, rock'n roll !!! Pour ceux qui en doutent je tiens à signaler que l'ambiance et la camaraderie qui règne entre nous en ce moment est exceptionnelle ! :) On se marre comme des bossus, on fait de bons concerts comme si c'était le dernier chaque soir, on donne tout et avec le sourire. Du pur plaisir et des moments inoubliables !

On sait que le groupe a un rapport important avec l'Allemagne, la tournée d'adieu y passera d'ailleurs pour plusieurs dates. C'est pas Scorpions qui vont ont influencé tout de même ?

Quand j'ai vu ça... Scorpions "Tournée d'adieu", et le meilleur Judas Priest "Tournée d'adieu", mais bordel, ils pouvaient pas nous laisser la vedette un peu les papys là sans déconner ? :) On doit le plus jeune groupe au monde à arrêter aussi décidés et pas contraints forçés ! On espère faire un maximum de dates en Allemagne aussi.

En revanche le projet d'un CD/DVD Live est bel et bien toujours d'actualité, puisque le groupe a annoncé sur son site un enregistrement lors des dernières dates, les 16 et 17 décembre au Ferrailleur à Nantes. Tu peux nous dire quelques mots sur ce futur et dernier projet ?

Beaucoup de gens nous en parlaient, ça n'avait pas pu se faire en 2010 à cause des thunes... On a super envie de le faire nous aussi, mais, restait le problème majeur des THUNES ! Du coup, aidés par les bonnes idées de nos amis Nantais du groupe Justin(e), nous avons lancé cette pré-commande/souscription. Nous ne voulions pas sortir le truc en magasin pour encore se faire enfiler à fond et lècher des fions pour parvenir à être en bacs. C'est pourquoi ce CD/DVD Live de KIEMSA ne sortira QUE dans ta boîte aux lettres, et QUE pour les souscripteurs. Nous avons besoin de 400 personnes pour "produire" ce CD/DVD LIVE, on espère y arriver, nous sommes à 160 pour le moment, on y croit !

Pour 15 € on a essayé de faire le mieux et le moins cher possible :

- Le CD LIVE du dernier concert de KIEMSA au Ferrailleur en décembre 2011

+ Piste CD-ROM avec album de REMIXES Kiemsa inédits

- Le DVD LIVE du dernier concert de KIEMSA au Ferrailleur en décembre 2011

- Un DVD Bonus de plus de 3H avec des tonnes d'archives, les clips, des ITWs...

- Une affiche collector de la dernière des dernières tournées

- Des badges

- Les frais de port inclus !

ça va, c'est pas mal, non ? (rires). Pour en voir plus : http://kiemsa.bigcartel.com/

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En 11 ans d'existence je suppose que des morceaux inédits traînent ici où là....Même si Kiemsa n'existera plus d'ici quelques mois, peux t-on imaginer un album posthume ?

Et bien quitte à en déçevoir plus d'un, nous n'avons RIEN ! Mais le meilleur est à venir, on a des tonnes d'images énormes, et il y aura tous les remix dans la partie CD-ROM du disque LIVE, et là, vous allez avoir du lourd !!! Pas d'album posthume donc...

Pour cette dernière tournée, un seul mot d'ordre : "Finir en beauté et donner comme recevoir du plaisir". Je me demandais justement comment on se motive quand on arrête....C'est donc votre générosité qui vous porte ?

On se motive plus que jamais, on sait que ça va s'arrêter donc on en profite au maximum et on donne tout, une dernière fois. C'est excitant au possible, il nous reste 6 mois à vivre, peut-être les 6 mois les plus tarés de la vie du groupe ! C'est pas énorme ça ??? (rires).

Le groupe affiche pas loin de 500 concerts après plus de 11 ans de service, ce qui signifie que Kiemsa est l'un des groupes qui s'est produit le plus ces dernières années. Comment expliques-tu cette réussite ? Et crois tu qu'il en serait de même si le groupe se lançait aujourd'hui ?

Nous sommes entièrement satisfaits de la carrière que nous avons eu, quelques galères et quelques déceptions mais sinon que du bonheur. Nous avons une chance insolente d'avoir pu faire pendant tant d'années, et avec cette courbe de progression. Il a fallu quasi 8 ans de bénévolat pour en arriver là, mais quel pied ! Si on arrivait aujourd'hui... Et ben ! Ce ne serait pas la même du tout c'est clair, je préfère même ne pas y penser tiens !

 

L'Allemagne n'est pas oubliée dans cette tournée. Août 2009, 12 000 allemands devant Kiemsa sur un Festival...Est ce que c'est ce genre de souvenir qui restera à jamais marquée dans vos têtes ? Et comment expliques tu aujourd'hui cette réussite outre Rhin ?

L'Allemagne c'est vraiment notre deuxième pays, on commence à y avoir passé un bout de temps, et on y a fait des concerts qui resteront gravés à jamais dans nos têtes et dans nos coeurs ! Comme celui dont tu parles, le LOTT Festival, c'est le nom de famille de Steven (trombone), il en pouvait plus de jouer dans "son" festival ! C'est un super pays musicalement parlant, il se passe des milliers de choses dans l'underground et tout ça marche bien. Ils ont LE réseau qu'on rêverait d'avoir en France.

Alors on connaît bien ton énergie sur scène, comment vas tu évacuer ton énergie, après l'arrêt du groupe ?

Heureusement que j'ai déjà quelques remèdes en effet ! Je joue depuis peu dans un nouveau groupe qui s'appelle DANCEFLOOR DISASTER. Nous faisons du Club/Métal, des reprises de tubes honteux en gros métal/rock, un vrai défouloir ! Nous avons fait nos tous premiers concerts sur les 3 jours du HellFest, à l'espace VIP, une super expérience ! Je monte également avec Laurent (batteur KIEMSA) un projet électro-rock qui fait beaucoup de boucan, on a hâte de sortir ça pour 2012 (rires).... Je tourne aussi avec ANDREAS & NICOLAS, le projet acoustique de Fetus (chanteur de Ultra Vomit), on fait beaucoup de concerts et on s'amuse comme des malades.

Question des plus importantes, vous allez en faire quoi de vos costards et vos cravates ?

Mmmhhh... Les mettre au musée d'art moderne ? ;) Non mais on va les garder c'est sûr ! Comme des reliques saintes, et on sera nostalgiques en ouvrant l'armoire, comme des anciens combattants ou des couples divorcés !

Justement, est ce que l'on peut penser que toi et les autres Kiemsa apportent leur expérience musicale au sein de diverses structures à plus ou moins long terme ? Toi par exemple, qui es auteur et compositeur du groupe Kiemsa, continueras tu à composer et à écrire.....vas tu devenir le nouvel Obispo ?

Steven (trombone) est batteur dans un nouveau groupe de rock nommé WESTON, dans le coin de Mayenne. Stéphane (guitare) joue dans IAO Latino System et dans les BIGOUDEN SISTERS, Pierre (basse) joue dans ULTRA VOMIT et dans BLACK BOMB A, Mathieu (trompette) veut reprendre un truc dans le délire Afro-Beat, et Yohann (guitare) bosse sur plein de remixs Kiemsa pour le moment. Tout le monde est sur le pont ! Pour ma part, j'écrirai et composerai avec plaisir si on me le demande, même Johnny tiens ! Je lui concocterai un bon morceau de Punk-Rock Hardcore qu'on voit ce qu'il a dans le ventre le rockeur !

Pour les dernières dates, quelles ambiances y vois tu ? Est ce que le côté explosif et énergique qui anime le groupe ne sera t-il pas touché par un brin de nostalgie ou de mélancolie ? Tu le ressens d'ailleurs peut être déjà sur les concerts actuels...

Et on a tout fait pour ! Nous avons une nouvelle intro qui met dans le délire "adieu" direct, et pareil pour la fin de concert, ça renforce le sentiment qu'on est en train de vivre un truc unique et c'est parfait. Pas de nostalgie, on envoie à fond ! On est trop jeunes et il est trop tard pour être nostalgiques !

Votre site et votre Myspace seront-ils toujours mis à jour ?

Le site oui, je l'espère, une fois de temps en temps, par contre le Myspace... ça existe encore ce truc ?...

Que retiens tu aujourd'hui de toutes ces années ? Et si tu devais ne retenir qu'un morceau ?

Que tu passes plus de temps avec les membres de ton groupe qu'avec ta nana, ta famille, ton chien... Tous ces gens deviennent tes frères et ce n'est pas rien. Un groupe est une aventure humaine incroyable. Quand j'entends les connards de Secret Story parler "d'aventure humaine" c'est pas faux, mais on devrait inventer un autre terme pour ce que nous on vit alors ! C'est plus fort que tout, ça dépasse ce que tu peux imaginer en sentiments, de tous les cotés et dans tous les sens. Le morceau... Pas simple, mais je vais dire "Orange Duck", on en était fier, on en a fait un super clip avec des gens mortels, un moment clé de la vie de Kiemsa.

   

Pour les fans d'un groupe et on le voit avec bon nombres de groupes, y'a toujours un espoir de reformation, de retour,,,Qu'as tu à leur dire ?

Que ça arrivera peut-être un jour... Il ne faut jamais dire "jamais" et on se quitte en tellement bons termes qu'on a pas besoin de temps pour se réconcilier ! Mais ça n'arrivera pas tout de suite, pas du tout... Il faut prononcer une peine de sûreté ?... Pas facile ! Mais pour ma part on va dire presque 10 ans...

KIEMSA-BAND-5-2009-WEB

Vous laisserez à n'en pas douter votre empreinte sur la scène alternative...Peux-tu citer quelques descendants de Kiemsa ?

Oh je ne me permetterai pas ! C'est génial si on a pu influencer des gens, leur donner envie de faire de la musique, c'est sûrement la plus belle des récompenses d'ailleurs. J'ai vu une fois sur une annonce un truc du genre "Groupe cherche batteur - influences : Kiemsa" et ça m'a fait tout chose, j'étais vraiment content, ça fait plaisir ce genre de choses, c'est vraiment bizarre.

Si tu avais une dernière phrase, un dernier mot pour tes fans, quelle serait-elle ou quel serait-il ?

1000 mercis pour toutes ces belles années et tout ce que l'on a vécu !

Ci-gît KIEMSA, c'était bruyant, c'était fort, disparu... Mais pas mort !!!

Je te remercie encore de cet entretien, je n'ai rien d'autre à ajouter, si ce n'est que l'humanité du groupe restera aussi à jamais dans les mémoires de chacun.....

Merci à toi Guillaume pour ton soutien, et merci à vous tous qui soutenez la scène alternative, que les radios aillent se faire foutre, elles n'aiment pas la guitare électrique et les vrais mots. KIEMSA RULES !!!

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Published by Guillaume Joubert - dans INTERVIEWS
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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 18:28

logre01.jpgSi vous n'avez pas encore pris part à "La Déchirure" de Logre, il est encore temps de vous imprégner de ce voyage glauque, inspiré par le cinéma, où les frissons sont garantis. Certains y voient d'ailleurs une bande originale, mais c'est bien de musique qu'il s'agit et les deux musiciens se dévoilent ici même, alors prenez place :

Le groupe Logre a sorti son premier album le 16 mai dernier.  Intitulé "La Déchirure", ce dernier offre un voyage des plus étranges en J'aimerai que vous vous présentiez afin d'expliquer à nos lecteurs, ce qui vous a rassemblé.

En fait, on ne s'est pas connus ni rencontrés, on est de la même chair, ça remonte à 30 ans environ … on a déjà joué dans d'autres formations il y a quelques années dans des styles bien différents, métal, pop, chanson française, punk … On s'est lancé ensemble en 2008 un peu par "accident", à cette époque on jouait dans d'autres formations et donc pas forcément le temps de s'investir sur un nouveau projet musical, on a laissé les choses se faire d'elles mêmes …

Logre est né d'un projet d'accompagnement, d'un court métrage, qu'est ce qui vous a amené sur ce projet et pourquoi l'avoir fait ?

C'était plus qu'un projet d'accompagnement, nous étions 4 personnes à bosser sur ce court-métrage, on voulait tout faire de A à Z, cela partait d'une vieille envie de réalisation de film d'horreur, on en a discuté avec 2 amis qui partageaient la même envie et voilà. Plus de 6 mois de boulot sur le script, les personnages, les musiques ...etc, nous avons finalement laissé le projet en stand by par manque de financement, et manque de disponibilité entre autre …Nous espérons toujours mener ce projet à terme un jour ou l'autre.

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Ce projet a donc déclenché Logre....qui est Logre, et pourquoi ce nom ?

Le court métrage devait raconter l'histoire d'un manager serial killer qui s'occupait d'un duo musical cagoulé … nous avions écrit quelques musiques pour des scènes de concerts qui devaient se passer dans le film … on s'est dit pourquoi ne pas donner vie à ce duo, on a fait 2/3 répètes bien à l'arrache et un 1er concert de 3 morceaux pour un festival organisé par des potes en juin 2009, l'idée de jouer masqué avec une formation un peu bizarre au départ (une basse, une contrebasse et des samples) nous a bien plu, nous avons enchainé les compos et les concerts dans la région st Etienne / Lyon dans un 1er temps. LoGre est une entité composée de 2 parties, ce n'est pas juste un duo, c'est la vue et l'ouïe aussi !!! La signification du nom va décevoir beaucoup de gens je penses...(rires). C'est une combinaison de lettres des noms et prénoms des 2 musiciens, et puis on aime bien les Ogres, c'est gentil un Ogre !!!

Dès le départ il y a cette formule duo, est-ce un choix ? Logre peux t'il se développer avec l'apport d'autres musiciens ?

C'est un choix de rester en duo, par contre nous sommes ouverts à toutes collaborations ponctuelles, tu vois par exemple, les featuring sur l'album sont nés de vrais rencontres, avec le Voodoo Clan, on s'est rencontrés sur des dates de concerts, dès la 1ère on a voulu jouer un morceau ensemble, ils ont posé des voix sur un de nos titres et voila, quand on a bossé sur notre album, c'est tout naturellement que smoothy s'y retrouve (il est d'ailleurs aussi présent sur le leur).

Avec Tom de Troïdes, c'est l'inverse, c'est un vieux pote, on lui a proposé de choisir un morceau pour poser sa voix pour l'album, et depuis, dès que c'est possible, il vient sur nos concerts pour poser sa voix en live aussi sur Dalshim. On fait appel aussi à d'autres artistes pour les instruments additionnels (piano, alto, voix …) qui sont enregistrés en live et samplés pour les concerts afin de garder la formule du duo ! On a aussi un featuring non présent sur l'album qui tourne sur le net : Antipolitik avec nos amis de Microbien, c'est une reprise / hommage de No One is innocent & Timide et sans complexe, cherchez le clip sur youtube (rires) :  http://www.youtube.com/watch?v=6QkFdUO83Ng

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Vous venez de sortir votre premier album...Expliquez nous un peu votre musique ....Comment l'a définissez vous d'ailleurs ?

Là, ça devient compliqué… On se définit Dark Bass Project, dans le sens où l'idée de départ est de jouer uniquement avec des basses et des samples, et que la couleur générale est assez noire. Pour nous, tout est histoire de cycle sans réel début et sans réelle fin. Nous avons basculé dans un effondrement des mécanismes de défense,où l'apparition du symptôme de passage à l'acte, appelé décompensation nous a permis de franchir le pas, de la confrontation à l'être humain par la scène. Par cette musique nous essayons de faire ressentir nos obsessions, pour le macabre,les méandres de l'esprit humain, le pourquoi, les mécanismes répétitifs de la vie, de l'histoire. Fruit de plusieurs mois de travail, de route et d’introspection. Notre album "La Déchirure" est un voyage en 12 étapes sombres, oniriques voire sociales, avec une fascination pour la mort sous toutes ses formes, On y retrouve également les ravages du temps, les troubles du quotidien pour finalement y apercevoir une note d’espoir.

Votre style est original...Est-ce important pour vous de sortir du lot ? Est ce éventuellement,  une source de motivation ?

Merci ! Ce qui est important pour nous, c'est surtout que le "public" ressente quelque chose, que ce soit positif ou négatif d'ailleurs, on adore discuter avec les gens après un concert, surtout avec ceux qui n'ont pas aimé, qui ont été «dérangés» par le côté glauque du concept, car ils ont au moins ressenti quelque chose … Notre motivation tourne plutôt autour du fait de pouvoir «sortir» nos émotions via la musique et si en plus, en face le public les ressent, les comprend ou même les interprete, on est les plus heureux des Ogres ! Au final, sous nos côtés sombres et glauques, tout est histoire d'échange et de partage avec les gens.

 

Vous portez un intérêt certain pour la mort et les atmosphères glauques...D'où cela provient ?

 

Vu que tout a démarré avec un projet de film d'horreur, c'était donc difficile de tomber dans le festif … Plus sérieusement, c'est la vie qui est comme ça, il y a un moment où l'on s'est demandé si la mort n'était pas moins glauque, plus sereine, s'il ne valait mieux pas l'espérer plutôt que la redouter ! C'est plus un constat, une fascination d'observation de l'être humain qu'une tendance suicidaire …C'est dingue ce que l'être humain arrive à générer, c'est affolant, derrière chaque personne à peu près "normale" se cache de la noirceur, à des degrés différents, bien sur, suivant les gens.

Sur l'album, on entend bien ces atmosphères glauques et parfois, on relève quelques notes d'espoir avec des passages plus entraînants, voire dansants..d'ailleurs le dernier titre, s'intitule "L'espoir"....Alors avez-vous les idées si noires que ça ?

Non, on ne peut pas vraiment parler d'idées noires, nos musiques ne représentent pas forcement notre «histoire» personnelle, même si on s'en inspire, c'est plutôt de l'observation «générale» d'une humanité qui se cherche et emprunte des chemins un peu sombres. On est allé au bout de ce qu'on voulait exprimer sur la mort avec cet album, la suite sera différente mais restera dans le domaine de l'observation de l'être humain. On avait fait un maxi autoproduit en 2010 : Décompensation, c'était déjà l'observation de l'être humain qui se cherche, teste divers chemin de vie, jusqu'à la décompensation où il perd pied, et passe à l'acte.

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Le cinéma semble avoir une place importante dans votre jeu de compositions....Comment composez-vous, et où prenez vous votre inspiration ? (question bête sans doute : la mort.....)

Très bonne question (rires)... Dans LoGre, il y en a un qui est en charge de la composition musicale et l'autre de la "composition" visuelle, c'est bien évidemment un raccourci, mais le travail de l'un influence le travail de l'autre systématiquement . Parfois, tout part d'un ligne de basse, et parfois, on discute d'un thème, d'un visuel qui engendre le morceau. Notre Clip "La Déchirure" a été réalisé par Franck Gimenez, jeune réalisateur stephanois ("Dernière génération" et "Vigilante"), on lui a laissé le choix du morceau et carte blanche pour la réal, et il a complétement compris notre univers et l'a mis en image sans dénaturer nos personnages, c'est une super collaboration pour nous,c'est la 1ère fois qu'on laissait notre "image" dans les mains de quelqu'un d'extérieur au duo (tous nos autres clips avaient été réalisé par nos propres soins auparavant). On devrait recollaborer avec lui pour les musiques de son prochain court métrage. Effectivement, notre lien avec le cinéma est très fort, beaucoup de gens ont comparé l'album à une bande originale de film, c'est cool ! Nous allons d'ailleurs jouer à la 2ème convention des films d’horreur et de genre, le Bloody Weekend, à Audincourt les 8/9/10 juillet. Il s’agit d’un festival de cinéma avec des projections de films, des concerts, des artistes exposants, des réalisateurs…Notre objectif est de continuer à établir des connexions avec l’environnement du cinéma afin de travailler à terme sur des bandes originales et des ambiances de films.

L'album est très bien monté avec en intro "La déchirure" et en conclusion "L'espoir"....Tout comme dans un film...Dès le départ c'est cette idée là qui a germé, où plutôt cet ordre là ?

Arrête les compliments, on va rougir sous nos cagoules et pour une fois ce ne sera pas à cause du sang (rires). Au départ, on ne devait pas faire un album, mais un maxi qui devait comprendre notre triptyque sur la mort (Chimères, la Grande Faucheuse et le Fléau) et 4 autres morceaux, il devait être beaucoup plus sombre que la Déchirure). Nos Agendas respectifs et la création du jeune label "La Tanière Production" ainsi que toutes les participations à la souscription, nous ont permis de travailler sur un album avec une totale liberté artistique, on a tout naturellement choisi de passer plus de temps dessus et ainsi pouvoir "accoucher" de la Déchirure (rires). C'est une suite directe au 1er Maxi Décompensation, après avoir perdu pied et franchi le pas, notre être humain sombre dans une déchirure qui l'amènera jusqu'à la mort en passant par diverses étapes. On voulait représenter tout ce qu'il ressent, de l'insomnie à l'attente de la mort, l'arrivée de la faucheuse, le delirium tremens pour se voiler la face et la découverte de la mort de masse ...etc. La conclusion "l'espoir", laisse une porte ouverte, a-t-il vraiment vécu cela ? était ce un rêve ? Était il juste aussi un observateur ? Chacun peut l'interpréter à sa manière, on voulait exprimer des émotions mais pas imposer une finalité.  Le choix et l'ordre des titres à été très difficile à mettre à mettre en place mais au final, l'album est fait pour s'écouter dans cet ordre là et si possible sans interruption et bien sur à TRES FORT VOLUME en fermant les yeux ! La Déchirure est également sortie en Vinyle sur le label norvégien ETCH WEAR. Le concept est légèrement diffèrent du fait d'avoir pu «jouer» sur 2 faces pour l'architecture de l'album, on se retrouve avec une face A totalement dédié à la mort, et une face B plus «festive», bien que le terme le plus exact serait : "moins glauque" … Jolie rencontre encore avec ce label norvégien, nous avons fait 2 concerts sortie d'album la bas en mai, un à Tonsberg et l'autre à Oslo, c'est une autre culture et une autre ouverture d'esprit. Pour l'anecdote LoGre là bas veut dire : remuer la queue pour un chien quand il est content (rires). Tout de suite l'annonce du nom inspire moins la mort et le glauque ! Quand on joue la bas c'est plutôt music for dog (rires). Au passage, si tu le permets, on remercie tous ceux sans qui cet album n'aurait pu voir le jour : La Tanière Production, Pilier Nord, Etch Wear, Tan Kha, Greg (enregistrement et mix), DrCharlz de Patchscandal (mastering), Wally & Did,Tom Troïdes, Goran, Arnaud, Michel, Lola, Nelly, Laure, Elodie, Marianne, Mister Lu, Toute la clique du Voodoo Clan et surtout tout ceux qui nous ont aidé via les souscriptions et leur soutien de tous les jours.

Logre sur scène, c'est comment ?

Sur scène, musicalement c'est un peu plus nerveux et noise que sur l'album, Wally et Did nous on rejoint en 2010 pour des vidéoprojections, on retrouve donc sur scène ce rapport son et image, chaque vidéo est conçu pour un morceau en particulier … Cela rajoute un côté organique. Notre set n'est pas juste un alignement de morceaux, c'est une sorte de voyage noir où chacun peut se laisser aller entre angoisse et envoûtement. On est pas les mieux placés pour répondre à cette question, le mieux est de nous voir sur scène et de se faire son avis : http://www.youtube.com/watch?v=jLeb9n9f5AU

On remercie vivement toute l'équipe qui nous suit et nous supporte, Wally & Did aux vidéos, Etienne au son et Laure aux lumières, c'est aussi grace à eux si le live est ce qu'il est !

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Connaissez-vous votre public...Peux t'on dire que Logre c'est du spectacle ? Est ce pour un public averti ?

On essaie dans la mesure du possible de discuter avec le public après le concert, c'est enrichissant d'avoir leur avis «à chaud». On a fait pas mal de concerts dans le milieu un peu underground, dans des bars et aussi dans des salles plus conventionnelles, ce qui fait que le public est assez différent à chaque fois et c'est ce qui est intéressant, tu peux tomber sur un public assez familial et parfois sur un public adepte des musiques dites bizarres / expérimentales … On aime vraiment jouer la carte de la surprise, les gens s'attendent à un concert et c'est vrai que notre live s'apparente plus à un spectacle / performance / show, tu l'appelles comme tu veux, mais on souhaite raconter une histoire même si ce n'est pas avec des mots (on vient d'ailleurs de passer une semaine en résidence à la Tannerie à Bourg en Bresse pour travailler avec un metteur en scène). C'est à voir et à entendre (rires). Sur la question du public averti, oui et non, chacun peut interpréter à sa façon les images que l'on projette sur scène et les émotions que l'on souhaite véhiculer, après effectivement il peut y a avoir des images choquantes mais rien de classé X pour l'instant. Anecdote marrante, un jour avant de jouer, on discute avec un mec qui nous dit : "c'est trop glauque pourquoi être aussi malsain ?" et le même mec après le concert : "vous devriez rajouter un faux cadavre sur scène et plus de sang … etc",  il a radicalement changé d'avis, il s'est pris au jeu de la surenchère de "gore et d'hémoglobine" alors qu'il se disait choqué avant de nous voir.

Quelles sont vos projets à plus ou moins long terme ?

Dans un 1er temps, on souhaite tourner à fond pour présenter notre nouveau spectacle la déchirure à partir de septembre, le booking est en cours. On devrait avoir quelques dates en Belgique, suisse et on devrait retourner en Norvège tout en passant par la suède. On a aussi quelques nouveaux projets de featuring sous le coude mais chut !

On travaille déjà sur le prochain album, on souhaite continuer notre cheminement en explorant les merveilles de la vie tout en ne négligeant pas les méandres toujours présents dans les ombres et les coins obscurs, il devrait s’intituler pulsion de vie. Le concept de cet album sera de suivre l’humain dans sa vie, du fœtus à la vie adulte en n’oubliant pas les mécanismes plus globaux qui régissent et conditionnent les aspects individuels. L’objectif est de composer et d’enregistrer l’album d’ici janvier 2012 puis de le promouvoir et le produire afin qu’il sorte en fin d’année 2012. Il sera accompagné d'un DVD pour retranscrire le plus possible l’univers visuel développé en live et en clip. 

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- Aujourd'hui, pouvez-vous vivre de la musique ? Est ce un rêve pour vous ?

On ne vit pas encore entièrement de notre musique, on en survit plutôt pour l'instant, mais l'objectif est d'y arriver sur l'année prochaine avec ce projet cumulé à d'autres. C'est pas vraiment un rêve, plutôt une manière de vivre le truc, on sait pourquoi on fait des sacrifices, c'est réjouissant de pouvoir partager sa musique, même si les temps sont "difficiles" dans le milieu musical, on pense que c'est partout pareil. On essaye de mettre tous les moyens possibles de notre côté pour avancer et on verra ...De toute façon, que la musique soit notre unique gagne-pain ou non, le projet continuera.

Vous êtes issus de la scène lyonnaise, une scène riche de par sa diversité mais aussi grâce à des groupes qui ont une forte identité.....avez-vous quelques explications ou quelques choses à dire à ce titre ?

Une forte identité pour un groupe est importante c'est clair, tu assumes ta musique, tu la vis, l'essentiel à nos yeux est vraiment de vivre le truc à fond. On est assez proche de certains groupes de la scène lyonnaise et stéphanoise, groupes en général dans des styles musicaux différents mais qui vivent leur truc pleinement (Td+, Brice et sa pute, Feuh !, Nahwël, Barrio Populo, Troïdes Priamus Hecuba, No … Vice, Doberman Crew, Mac Abbe & Le Zombi Orchestra … et plein d'autres). Cela ne vient pas forcement de la région mais de l'engagement que chacun peut y mettre.

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Merci à vous,

Merci à toi qui nous soutient depuis le début et pour tout ce que tu fais pour le les groupes...

Chronique de l'album : Logre : La Déchirure

 
 

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 18:40

Jean-Pierre-Morgand-Photo-Jerome-Flament.jpg Qui ne se rappelle pas de "Nuit Sauvage", ce tube des années 80 présent sur l'album "Fanfare" sorti en 1987, deuxième album du groupe Les Avions ? Après diverses expériences musicales, son chanteur, Jean-Pierre Morgand, a sorti le 28 février dernier, un nouvel album solo, récemment présenté ici même :  Jean-Pierre Morgand : Le Bleu du Ciel

Passionné, véritable artisan de la musique, il se livre avec beaucoup de générosité sur ce nouvel album, tout en revenant notamment, sur sa longue carrière......

Quand on regarde le visuel de l'album on ressent une certaine nostalgie...Est ce voulut ?

Je ne sais pas...Quand on m'a posé la question de la pochette, j'avais déjà retrouvé cette photo, et ça a été automatique. J'ai travaillé l'image et je l'ai ensuite proposée à la maquettiste Véronique Baudrand avec qui je fais toutes les pochettes et qui à aimé. Il y a des gens qui me connaissent pas et qui pensent que c'est ma photo actuelle. J'ai fait il y longtemps des pochettes et je suis assez instinctif sur l'image. Il y a sans doute de l'inconscient mais sur le coup, j'ai pas réfléchi. 

Le vert prend aussi une certaine importance....Est ce que c'est volontaire ou pas ? Quand on connaît ton engagement politique,,,on peut se poser la question....

Oui avec la chanson "De L'air de L'eau". Mais ça reste une chanson simple. C'est pas vraiment un message politique. De toute façon, celle ou celui qui ne s'intéresse pas au "vert" aujourd'hui, à mon avis, vis dans autre monde. Néanmoins en ce moment on est noyé de messages "verts" plus ou moins écolos, plus ou moins anecdotiques, plus ou moins honnêtes...Et c'est difficile de s'y retrouver. Je dois dire aussi que pour moi la chanson militante pure, est très souvent une grosse catastrophe. 

"Le Bleu du ciel", pourquoi ce titre ?

Georges Bataille ou la chanson de Delpech ou...Je ne sais pas en fait un jour j'ai pris cette expression et puis c'est venu très vite...

Comment as tu composé cet album...? J'aimerai que tu nous expliques comment tu composes, pour comprendre ce qui différencie ton travail de compositions pour un album solo comme celui là, par rapport à un album d'Adandcalledmyself, par exemple ?

Cet album est composé à la guitare un peu partout. De manière très classique. "Comme dans les films sur les auteur-compositeurs-chanteurs". Sauf "Nena", composé au Piano au Danemark dans le studio PUK pendant l'enregistrement

de Despert-Morgand. Par exemple, j'ai écrit "Slow avec le Monde" chez des amis à la campagne sur les marches de la maison un Dimanche, bout par bout. J'étais régulièrement interrompu par la maîtresse de maison, qui voulait que je l'aide à déplacer des meubles dans le grenier plein de poussière. Résultat une grosse sinusite. Sinon la différence fondamentale c'est quand je suis sur Abandcallemyself, je pars d'improvisations sur des machines ou des idées vite enregistrées...et la musique et le son priment et prennent beaucoup de temps. Les paroles en anglais ou en français viennent souvent bien après. C'est pas vraiment un format chanson. C'est pas du tout écrit de toutes façons. C'est aussi moins direct. Certains diront décalé. L'album "Bleu du ciel", c'est de l'artisanat, l y a dans cet album des chansons de commande. "Sex is a Garden" et "Nena" avec des briefs. Comme une chanson sur le temps médiéval et sex et romantique pour "Sex"...Et "Nena", c'était la demande d'une chanson sombre et réaliste un peu dans l'esprit de Barbara. Dans tous les cas sur cet album c'est le texte ou l'idée du texte qui dirige. Donc l'inverse.

Le titre "De guerre lasse" qui est le premier titre de l'album a d'ailleurs un côté Abandcalledmyself, je me trompe ?

Moi je dirais plutôt Morgenbuz car il est dans l'album Morgenbuz ( auto production ) dans une version différente. (http://www.morgenbuz.com/).

Cet album est plus tourné sur les ballades...parfois plus ou moins intimistes...Comment joues tu ces compositions sur scène ? y'a t'il un côté plus rock ?

En fait quand je joue en concert ( Duobig ) ce sont les "Slows". Ces chanson lentes comme "Slow" ou "Bleu" ou "Je perds mon temps", on toujours eu un succès instantané, et je les joue régulièrement depuis longtemps de toutes façons. Même dans les soirées de reprises, j'arrive à glisser quelques compositions. Surtout ces chansons.

 

Pourquoi ce choix de deux versions de "Bleu du ciel" ?

On a fait 4-5 versions et on a gardé la première plus "ballade" et l'autre plus pop rock. Et puis on s'est dit que ça faisait une dynamique dans l'album, comme un bis ou un rappel. 

J'aimerai que tu nous expliques comment tu écris ? Est ce que tu as toujours un petit calepin pour ecrire des notes ici et là ? Comment tu trouves ton inspiration ?

Non je ne note rien ou presque. Je ne suis pas un bon élève avec des cahiers et des calepins. Et je me dis que parmi toutes les idées ou phrases celles qui restent dans mon cerveau doivent être meilleures. Ou tout du moins plus importantes pour moi.

Peux tu nous citer les musiciens qui t'accompagnent et nous dire si ceux sont les mêmes sur scène ?

Pour l'instant j'ai le projet de réunir le groupe qui a enregistré l'album, mais je sais que ça va être difficile.

Yasmine travaille beaucoup dans les voix chantés pour la pub et les jeux ; Francois Delfin connu comme guitariste et qui travaille beaucoup à joué la basse. Laurent Pradeau guitariste travaille sur des albums pour enfants. Lambert Boudier qui a aussi réalisé l'album ne joue plus de batterie et est dans le management. Christian Vittoz batteur vit à Grenoble. De toutes façons je suis très heureux avec le Duo car justement ça me permets de Zapper

sur mes titres tout en restant avec un son cohérent. (Voir ci-dessous le petit film FUOBIG).

Aujourd'hui tu sembles loin de la masse médiatique ou plutôt du showbizz....Tu aurais pu jouer sur la vague année 80 et même si tu ne renies pas la période des Avions tu continues une carrière plutôt discrète.. Peux tu nous expliquer ce choix ?

J'ai profité récemment de "l'éclairage" des années 80 sur des émissions ou des Shows. Le grand public qui s'intéresse aux années 80 m'aide aussi en s'intéressant aux albums récents et rares de ces artistes 80

dont le mien. Je crois mieux gérer cette situation aujourd'hui. L'époque est plus ouverte.

Que sont d'ailleurs devenus les autres membres du groupe ? As tu toujours des contacts avec eux ?

Jean travaille pour ALSTHOM et voyage beaucoup pour son travail et Jérôme écrit et réalise des documentaires très variés et intéressants (http://www.picardlambert.com/). On se voit toujours régulièrement plusieurs fois par mois.

Connais tu ton public d'aujourd'hui ? Est t-il le même que celui qui écoutait les Avions ?

Il y a un peu de tout et c'est très bien, et des générations assez variés. C'est un public assez internet...

Que penses tu de la musique aujourd'hui ? Des groupes ou artistes que l'on met très rapidement en avant soit par le biais d'émissions spécialisées ou à coup de matraquage médiatique...Quel est ton regard là dessus ?

Bof je sais pas. Je sais même pas si on doit passer du temps sur ces coups très éphémères. Même si parfois ( rarement ) il y des artistes qui m'intéressent. Ce que je ne comprends pas c'est la stupidité des textes un peu partout.

Comme une auto censure qu'ils soient pop ou néo folk ou rock ou ...Ils ne font que des chansons d'amour ultra prévisibles et super clichés. Mais il y a des tas de groupe ou chanteurs qui sont géniaux aujourd'hui. Faut pas être nostalgique, à ce niveau là, et penser que tout était mieux avant.

Y'a tes albums solos comme celui là, y'a Abandcalledmyself, et tu as d'autres projets en parallèle..Pourquoi toujours ces différents projets ? D'où vient cette faim de création qui t'habite depuis tant d'années ? N'y a t'il jamais eu des phases de doutes ? L'envie de tout arréter ?

J'ai un projet depuis des années de faire un album de reprises. Car j'aime avant tout chanter, et chanter les géniales chansons des autres, c'est très plaisant et reposant. Ca me soigne. Mais le tout, c'est de proposer de bonnes versions qui apportent quelque chose tout en respectant la chanson.

Et pour finir on peut parler de tes chroniques vertes ? Ces trucs bizarres comme tu le dis sur ton site ?

J'ai arrêté les chroniques vertes et la politique locale pour des tas de raisons, dont le fait d'avoir plus d'activités musicales.

Merci Jean-Pierre,

Merci à toi...

Site Officiel Jean-Pierre Morgand : link

Myspace Jean Pierre Morgand : link

 
 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 20:11

fersennnFergessen est un duo plus que prometteur. Leur premier album sorti fin janvier 2011 reste pour moi, à ce jour, le plus bel album de l'année. En mars, alors que je les contactais pour en savoir plus sur leur parcours et autres, afin de préparer une chronique radio, Michaela et David ont été si généreux qu'il en est ressorti une vraie interview, et il m'était impossible de ne pas vous en faire part ici même.

Comment etes vous venu à la musique ?

David : L'envie d'être sur scène a été le moteur premier. J'ai joué dans plusieurs groupes de hard rock avec lesquels j'ai fait beaucoup de scène, enregistré mes premières maquettes. A l'époque je chantais en anglais, personne n'en voulait... Quand ça a commencé à tourner en rond, pour changer d'air j'ai monté un groupe de reprises. Ca a été une excellente expérience qui a duré quelques années. On jouait beaucoup, dans toutes les conditions, dans tous les états...Par la suite j'ai croisé le chemin de Yan, du groupe 'Yan et les abeilles'. Un peu par hasard je deviens guitariste du groupe. Moi qui ne savait jouer que du Nirvana, je me retrouve avec une guitare acoustique à jouer de la chanson qui dépote et en français ! Ce fût un virage important et déterminant où j'ai pris conscience de la force des mots. Ca m'a ouvert et réconcilié avec la chanson française. J'ai par la suite monté mon groupe "Lunés", rock en français. Très vite on a enregistré le premier album, produit par 2 amis. Ca se cherche et la formule passe petit à petit de 5 musiciens à plus qu'un seul... Peu de temps après, j'ai la chance, encore une fois, de croiser des personnes de talent, qui m'accueillent dans leur studio troglodyte, en plein coeur de Paris. J'ai pu y travailler le son. Pendant prêt de 3 ans je me suis enfermé sous terre et j'ai cherché. Des textures sonores, aux harmonies les plus tordues, ici on expérimente ! S'en suit un deuxième album auto-produit, encore une fois personne n'en veut. Et là surprise, je croise cette fois ci le chemin du groupe Pow wow en pleine reformation. Curieux de tenter une nouvelle expérience des plus inattendues, j'intègre le groupe à la place de Bertrand Pierre, pour 2 tournées et un album. Encore une fois je change d'air et me retrouve à chanter A cappella dans un quatuor vocale. Ici les harmonies sont logiques et pures. J'apprends beaucoup, je joue beaucoup et cette fois-ci dans de bonnes conditions. Ensuite c'est l'aventure Fergessen qui débute.

michaelaMichaela : 
David oublie de te dire que tout petit déjà, il saignait les disques de son oncle, âgé de quelques années de plus que lui. Et que l’album 'Live' de Queen l’a scotché pour la vie ! Ne cherche plus d’où lui est venu son goût prononcé pour les voix puissantes et les guitares qui arrachent.
 De mon côté, j'ai un parcours radicalement différent. Bien qu’ayant toujours pratiqué la musique, quel que soit le contexte, j’ai attendu d’avoir 27 ans avant d’oser imaginer pouvoir en faire sérieusement un métier. Une détermination tardive, due au fait d’avoir entrepris des études et appris le métier de traductrice, parallèlement.
 J’ai grandi dans une famille de mélomanes (à défaut d’être musiciens). Il y a toujours eu de la musique à la maison, énormément de musique classique du folk, de la variété et de la chanson française. Petite, j’apprends le solfège et fait un peu de violon et de piano. La guitare viendra plus tard, vers mes 15 ans et un peu plus tard, je monte mon premier répertoire de reprises avec un guitariste de Blues, Karim Albert Kook qui m’accompagne pendant une petite année, dans les pubs parisiens. Je rencontre David en 1999, alors qu’il joue des reprises dans les bars. A partir de là, nous commençons à chanter ensemble, essentiellement des standards rock. En 2004, je pars vivre à Londres, où j’obtiens un poste de traductrice dans une société de sous-titrage. C’est là-bas que tout se détermine pour moi, musicalement. Pas étonnant, Londres est une ville qui inspire et respire la créativité. J’y écris mes premiers textes en français, puis mes premières chansons, et j’y réalise, seule, mes première maquettes… Rudimentaires. Je rentre à Paris deux ans plus tard. Je continue à écrire et à enregistrer des chansons, sans savoir quoi en attendre. Mon projet n’est pas clairement défini. David m’aide à réaliser mes premières maquettes 'propres'. Nous remarquons que l’alchimie marche aussi sur bandes. Désireuse de trouver un sens à cette démarche artistique, je postule aux Rencontres d’Astaffort et suis retenue. Je m’y rends en septembre / octobre 2007, dans l’espoir de trouver quelques réponses. C’est le second tournant décisif. J’en reviens métamorphosée, encouragée, déterminée, convaincue que j’ai désormais un projet à défendre. Dès lors, je sollicite David pour que nous travaillions ensemble (écriture / composition / arrangements), comme une association de création libre, où nous ne posons pas clairement les bases d’un duo. Nous faisons juste, ensemble, des chansons. Deux mois plus tard, événement  ! Je suis désignée comme première lauréate par Francis Cabrel, du " Prix du Centre des Ecritures de la Chanson – Voix du Sud / Fondation d’Entreprise la Poste". Nous mettons un nom sur notre travail commun : FERGESSEN. David et moi montons sur scène ensemble, pour la 1re fois, dans le cadre d’un projet de compos, à l’occasion de la soirée de remise du prix Voix du Sud, en mars 2008, à Paris. Francis Cabrel y remarque notre prestation. Et 6 mois plus tard, il nous offrira de le rejoindre sur sa tournée "Des roses et des Orties", pour assurer sa 1ère partie sur 7 dates. (Zénith de Lille, d’Amiens, 2 soirs à Forest National à Bruxelles, 3 soirs au Palais des Congrès, à Paris). Un coup de pouce crucial, qui nous permet d’être vus et remarqués par d’autres professionnels. Nous commençons à fédérer des partenaires. Moins d’un an plus tard, nous signons avec le label indépendant MVS Records, et enregistrons notre album entre août et décembre 2009, au Studio Bonsaï, à Colombes, sous la houlette de Lionel Gaillardin.

arton4288Comment vous êtes-vous rencontrés ?


David : Nous nous sommes rencontrés dans un café concert parisien, où nous avons chanté ensemble pour la première fois, Il n'y a pas de hasard !

Michaela : Effectivement, je confirme. David était sur scène. Sa voix et sa présence m’ont interpellée. Je l’ai rejoint sur scène et nous avons "bœufé". Pendant une année, nous le ferons toutes les semaines.

Concernant votre travail de compositions....Qui fait quoi ?

M&D : Nous sommes tous les deux auteurs et compositeurs.
 Nos chansons sont le fruit d'un travail commun.
 D’une manière générale, l’idée "embryonnaire" d’une chanson vient à l’un ou à l’autre, seul. Qu’il s’agisse d’un texte, d’une grille, d’un yaourt ou d’une mélodie.
 Ensuite, nous nous exposons l’idée, et elle prend réellement forme sous notre impulsion commune, devenant la somme de nos deux personnalités musicales.
 En bref, c’est un duo, mais nous travaillons comme un groupe.

Et ce premier album comment est t-il né ?

Notre album est né d’une urgence. Il en tire des points forts et des points faibles. Nous avions chacun des titres déjà existants et qui nous étaient chers à l’un comme à l’autre. (Les amants, Les accords tacites..). Nous avons décidé de les retravailler de les ré-arranger ensemble. C'est d'abord ainsi que nous avons cherché notre couleur commune. Puis, naturellement, nous avons composé de nouvelles chansons

Où peut t-on vous voir prochainement en concert ?

Pour l'instant nous sommes dans la promo de l'album. Nous avons entamé une tournée de show cases dans pas mal de régions. Nous passerons à Bordeaux, Amou (dans les Landes), Villeneuve-sur-Lot, Grenoble, Lyon, Chateauroux, Paris, Melun, Nancy, Strasbourg et Colmar.
 Pour les concerts, à proprement parler, ça débutera à la rentrée.
 Toutes les infos détaillées seront sur notre nouveau site, d’ici quelques jours.


Quels sont les musiciens qui vous accompagnent ?


Sur scène nous sommes à 2 : 2 guitares / 2 voix et quelques boucles rythmiques. 
Cela demande beaucoup de travail en amont, pour présenter un spectacle à la hauteur de nos ambitions. La formule duo est l’une des plus difficiles à gérer.
Cela implique partage, respect et confiance absolue. Comme deux funambules sur un fil ...



Y'a t'ils des sujets qui vous touchent plus que d'autres et comment définissez vous la musique de Fergessen ?


Au risque de te paraître un peu mégalos : les relations humaines, le partage, la quête de vérité, l’honnêteté, l’amour aussi, quelle qu’en soit la forme. Le tout dans une musique organique, originale, tribale, rock dans l’intention, acoustique dans le son. Notre son est appelé à évoluer encore. A s’affiner ici, à se corser, là. Nous continuons aussi à travailler le son de nos deux voix. C’est l’une de nos singularités principales. Certains le critiquent, (nous sommes en France, le pays du culte de "L’interprète") et certains se refusent à admettre que l’on puisse interpréter et porter une chanson, en la chantant à deux. Ne leur en déplaise, nous, nous brandissons ça.
 On peut vibrer, et faire vibrer à deux.

Bref, le cheminement est long. Car nous cherchons à cristalliser ce qui est le fruit pur de notre alchimie, à digérer et à croiser nos influences. A inventer un son qui nous soit propre. Non pas par principe, mais parce que c’est ce qui nous fait "triper". Et rien ne nous agace plus que de réentendre ce que nous connaissons déjà. Les imitations, les pastiches. Quoi que…En cherchant bien, si. Il y des choses qui nous agacent plus encore, mais là n’est pas le propos. ;-)

Comment est né votre style d'ailleurs ?


C’est le fruit de nos deux personnages, de nos deux personnalités artistiques, de nos aspirations. De nos expériences passées et présentes, pour ce qui est de la plume. Nous sommes très attachés au « son » d’un texte. Et le fait de les interpréter à deux pose un cadre à l’écriture. Donc Fergessen, c’est spécial et conceptuel, dans la forme et dans le son.

Avez-vous des projets et quelles sont vos ambitions ?


L’une de nos ambitions est sans doute d’affirmer notre style musical, dans l’optique qu’il devienne, pourquoi pas, un genre à part à entière ? 
Nous voulons avant tout défendre ce premier album. Aller le jouer sur scène. Partir à la rencontre des gens. La préparation du second est déjà en cours. Une bonne moitié de l’album est écrite.
Ce sera un grand album ! Nous voulons nous faire plaisir, prendre des risques, soigner l’écriture et la composition. Et nous attacherons une importance toute particulière à la réalisation, qui n’est pas encore à la hauteur de nos ambitions sur le premier album. Nous avons également des projets parallèles avec d’autres amis artistes, dans lesquels nous exploitons d'autres facettes de nos personnalités.et nous appartenons à un collectif d’écriture "Les Astapotes"ferege.jpg, issu des Rencontres d’Astaffort, au sein duquel nous écrivons des chansons pour les

uns et pour les autres… Et enfin, si la musique peut nous permettre de voyager, alors nous serons comblés.

MYSPACE FERGESSEN : link

FERGESSEN "In excelsis"


 

 

 


 

 

 
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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 19:53

P1040074.JPGRencontre du 30 mars 2011 avec le groupe Zone Libre, avant leur concert au Nouveau Casino (Paris).

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 16:47

watermark.jpgSouvenir d'une rencontre avec Audrey et Heber, la chanteuse et le guitariste du groupe Audrey Jungle, en fin d'année 2010 à la Bastille (Paris).

INTERVIEWAUDREYJUNGLE

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  • : CONTRE CULTURE INFO
  • CONTRE CULTURE INFO
  • : Directeur d'antenne adjoint sur NOIZY RADIO et animateur de l'émission CONTRE CULTURE diffusée chaque semaine sur : NOIZY, ZERADIO, ROCKONE, ROCK EN FOLIE, Equinoxe Namur, R2M, Clin d'Oeil FM. Des coups de coeur sont partagés dans l'émission INDIE SESSION sous forme de chronique diffusée en FM sur BERGERAC 95.
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